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    Mgr Rolandas Makrickas sera le gardien des lieux dans lesquels le pape François a été inhumé © Vatican Media

    Mgr Rolandas Makrickas, gardien du tombeau du pape François

    Issu de la filière diplomatique, Mgr Rolandas Makrickas fait partie des personnalités de la Curie romaine qui ont connu une ascension discrète mais décisive sous le pontificat de François. Homme de confiance, notamment dans le domaine économique, il s’est en outre vu confier la direction de la basilique Sainte-Marie-Majeure à Rome, un lieu très cher au cœur du pape argentin qui souhaite s’y faire enterrer.

    Ce Lituanien provient d’un milieu très éloigné des questions vaticanes: il est né en 1972 dans un pays alors sous domination soviétique. Le presbytère dans lequel il voit le jour a été nationalisé et transformé en maternité. Ses parents, bien que catholiques, vivent leur foi dans une grande discrétion pour éviter les persécutions. Et c’est plutôt l’exemple de courageux prêtres qui va le marquer dans sa jeunesse.

    Le jeune homme commence à vivre véritablement sa foi à partir de la libération de son pays en 1991, quand il participe à des camps pour la jeunesse organisés par l’Église catholique. Cette période, marquée par un élan de liberté et d’expérimentation, le touchera tout particulièrement. Mais à l’époque, il est étudiant et passionné par l’aviation, au point de piloter des planeurs et d’envisager une carrière dans l’aéronautique.

    Vocation sacerdotale

    Mais c’est le séminaire qu’il finit par choisir, après avoir discerné avec un cousin un peu plus âgé, lui-même devenu prêtre. Le reste de sa famille est très surpris, mais accepte facilement – selon lui parce que ses grands frères sont déjà mariés. Il rejoint alors le séminaire de Kaunas, seconde ville du pays, et commence sa formation.

    Le séminaire, à l’époque, attire beaucoup de vocations. Avec le soutien financier de la Conférence épiscopale américaine, il est envoyé dans un groupe d’étudiants à Rome en 1991. La situation de la Lituanie est tendue en ces premiers mois de liberté, avec notamment une tentative de coup d’État, et la sortie du pays est particulièrement difficile pour le jeune séminariste, qui la vit comme un abandon. Mais arrivé à Venise, il apprend que le coup d’État a échoué et rejoint Rome plus serein.

    Premières expériences diplomatiques

    C’est dans la capitale italienne qu’il reçoit son passeport lituanien, lui qui est né citoyen de l’URSS. Et à chaque retour dans son pays, il s’émerveille de voir la Lituanie sortir de cette sombre période. Il est ordonné pour le diocèse de Panevėžys avant de servir pendant cinq ans dans une paroisse. Durant cette période, il est aussi en charge de l’organisation nationale du Jubilé de l’an 2000. Il poursuit ses études, obtenant un doctorat en histoire de l’Église en 2004.

    Entre temps, il est rappelé à Rome pour rejoindre l’Académie ecclésiastique, l’école des nonces, où il étudie de 2003 à 2006. Il est ensuite envoyé dans les représentations diplomatiques papales en Bolivie, puis en Géorgie où il est témoin de la guerre russo-géorgienne, et enfin en Suède. De 2013 à 2017, il sert au sein de la nonciature américaine, et accueille à ce titre le pape François. En 2017, il est nommé chargé d’affaires à la nonciature du Gabon et du Congo.

    La confiance du pape

    Deux ans plus tard, en 2019, il est rappelé à Rome où le pape François lui confie une tâche particulièrement délicate: la direction du Bureau administratif de la secrétairerie d’État. Cet organisme, en charge des affaires économiques au sein de la Première section, s’est retrouvé au cœur d’un important scandale financier dans lequel son prédécesseur, Mgr Alberto Perlasca, a été particulièrement impliqué, au point d’être un temps la cible principale de l’enquête de la justice vaticane. L’Italien deviendra ensuite un témoin clé du procès de l’immeuble de Londres, qui a aboutit en 2023 à la condamnation de neuf personnes, dont le cardinal Angelo Becciu.

    Signe fort de la confiance du pape, Mgr Makrickas, qui collabore directement avec son supérieur direct, le substitut Mgr Peña Parra, est le premier non Italien à occuper ce poste particulièrement important. Sous son mandat, le pontife supprime la plupart des pouvoirs économiques de la secrétairerie d’État, et Mgr Makrickas participe activement à la restructuration de son bureau.

    Mission délicate

    En 2021, le pontife nomme le Lituanien commissaire extraordinaire de la basilique Sainte-Marie-Majeure selon la formule latine “donec aliter provideatur”, qui signifie “jusqu’à ce que le pape en décide autrement”. Il s’agit d’une nouvelle mission délicate sur le plan financier. La basilique a été fragilisée par un scandale dans la gestion de son important patrimoine, même s’il remonte à plusieurs années. Mgr Makrickas obtient les pleins pouvoirs, bien que le cardinal Stanisław Ryłko reste l’archiprêtre.

    En effet, en 2015, un ancien administrateur du chapître de Sainte-Marie-Majeure avait été condamné à quatre ans d’emprisonnement pour fraude et détournement de fonds par le tribunal du Vatican, pour des faits remontant à 2008. Il avait dû aussi payer 250’000 euros au Chapitre.

    Futur archiprêtre coadjuteur de Sainte-Marie-Majeure

    Mgr Makrickas a donc pour mission de porter la réforme économique, administrative et pastorale de cette basilique chère au cœur du pape François. Le 23 août 2023, le pape ordonne à toutes les entités du Saint-Siège de confier leur patrimoine financier à l’Institut pour les œuvres de religion – une façon de centraliser leurs ressources.

    Mais sa tâche n’est pas seulement importante d’un point de vue administratif. Il a pour mission de préparer la basilique en vue du jour où le pape décédera. François, qui est particulièrement attaché à la basilique, où il se rend très régulièrement pour prier devant l’icone de la vierge Salus Populi Romani, a en effet annoncé qu’il souhaitait y être enterré.

    Des travaux ont été menés dans la basilique, notamment pour aménager le lieu de la tombe, mais aussi pour rénover des appartements. Lors de travaux sur la façade de la basilique en 2024, le nouvel archiprêtre s’est attiré les foudres de plusieurs médias romains après l’installation d’une affiche publicitaire pour une célèbre marque de glaces sur les échaffaudages.

    Le 20 mars 2024, le pape François nomme Mgr Makrickas archiprêtre coadjuteur de Sainte-Marie-Majeure. Cela signifie qu’il prendra la place du cardinal Stanisław Ryłko quand ce dernier prendra sa retraite (il a 79 ans et a donc largement dépassé l’âge). (cath.ch/imedia/cd/rz)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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