La diplomatie vaticane n’est «pas tactique, mais charité», écrit Léon XIV dans un message adressés aux futurs ambassadeurs du Saint-Siège, réunis au Vatican le 17 janvier 2026, pour le 325e anniversaire de l’Académie pontificale ecclésiastique, qui forme les représentants pontificaux. Le cardinal Parolin, pour sa part, leur a demandé de libérer la diplomatie «des sentiments nationalistes et de la protection d’intérêts particuliers».
Avec IMEDIA et Vatican News
Les étudiants de l’Académie ecclésiastique, de nationalités du monde entier, se préparent à une carrière diplomatique qui les conduira très souvent à devenir nonces apostoliques, chargés de représenter le Saint-Siège auprès des 184 États avec lesquels il entretient des relations diplomatiques. Dans le message qu'il leur a adressé, rapporte l'agence IMEDIA, Léon XIV a salué la «longue et féconde histoire» et la mission «très méritoire» de l’institution née en 1701 sous Clément XI et aujourd’hui située à deux pas du Panthéon, dans le centre historique de Rome.
Le chef de l’Église catholique a invité les étudiants à garder à l’esprit que le service diplomatique du Saint-Siège «n’est pas une profession, mais une vocation pastorale». «C’est l’art évangélique de la rencontre, qui cherche des voies de réconciliation là où les hommes élèvent des murs et des méfiances.»
La diplomatie vaticane «n’est pas tactique, mais charité réfléchie»
La diplomatie vaticane «n’est pas tactique, mais charité réfléchie; elle ne cherche ni vainqueurs ni vaincus, elle ne construit pas de barrières, mais recompose des liens authentiques», a martelé le pontife, qui a recommandé aux futurs ambassadeurs d’être à l’écoute «de Dieu et des petits, de ceux dont la voix n’est souvent pas entendue»: «Chaque parole prononcée doit être précédée de l’écoute.»
Les diplomates du pape sont appelés à être «des ponts», en particulier «lorsque les événements semblent difficiles à maîtriser» et «lorsque le bien vacille», peut-on lire encore dans ce message. Léon XIV encourage les étudiants à imiter le saint patron de l’Académie ecclésiastique, Antoine le Grand, moine du IIIe-IVe siècle, en devenant «des prêtres de profonde spiritualité».
Qualités humaines et compétences scientifiques
Léon XIV a évoqué par ailleurs les mesures de son prédécesseur François concernant cette École, qui dépend de la section de la secrétairerie d’État pour le personnel diplomatique du Saint-Siège. Un mois avant sa mort, le 25 mars 2025, le pontife argentin avait signé un chirographe faisant de cet institut un centre de haute formation académique et de recherche en sciences diplomatiques, en mesure de délivrer des diplômes universitaires de niveau master et doctorat.
Pour Léon XIV, ces récentes réformes permettent de proposer un cursus de formation reposant «sur une solide base scientifique» et intégrant «des compétences juridiques, historiques, politiques, économiques et linguistiques». Celles-ci doivent être associées «aux qualités humaines et sacerdotales des jeunes prêtres», a-t-il glissé. (cathz.ch/imedia/ak/lb)
La vision du cardinal Parolin: les États doivent rechercher le bien commun
Dans sa lectio magistralis centrée sur La paix et la justice dans l'action diplomatique du Saint-Siège face aux nouveaux défis, prononcé devant les futurs nonces, le cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d'État du Saint-Siège, a dénoncé le recours à la force pour résoudre les conflits, et insisté sur la nécessité de solutions qui soient des propositions éducatives, de formation et de recherche. Son discours a été résumé par Vatican News.
La diplomatie est un moyen de construire le bien commun et, pour ceux qui travaillent au Saint-Siège, l'engagement à partager les souffrances des personnes et à les guérir avec l'espérance évangélique. «La fragilité des équilibres mondiaux, l'intensification des tensions même dans des situations qui semblaient apaisées, l'augmentation des différents types de crimes internationaux, l'élargissement du fossé entre les niveaux de développement des peuples et des pays» sont la conséquence de la force qui prend le pas sur la justice et de la guerre qui remplace la paix.
La sécurité, a souligné le cardinal, nécessite une approche plus large, allant de l'alimentation, l'éducation et la santé à la religion, «qui doit être garantie face à la violence» de ceux qui relèguent le transcendant à une dimension privée. Avec la remise en question de principes «tels que l'autodétermination des peuples, la souveraineté territoriale, les règles qui régissent la guerre elle-même. On assiste en fait à la relativisation de tout l'appareil construit par le droit international dans des domaines tels que le désarmement, la coopération au développement, le respect des droits fondamentaux, la propriété intellectuelle, les échanges et les transits commerciaux».
«Le moment est venu, a lancé le cardinal Parolin, de contribuer à l'élaboration d'une doctrine adaptée à la situation actuelle, qui soit à la fois une proposition éducative, de formation et de recherche». «Le droit des États à garantir leur propre sécurité ne les autorise pas à mener des actions ou des attaques préventives qui s'éloignent de plus en plus de la légalité internationale.» Selon le cardinal, «un mépris de la paix et de la justice» se répand sous des formes de plus en plus violentes, et on ne peut ignorer «les positions adoptées par certains acteurs de la vie internationale qui contredisent l'idée et l'objectif du bien commun». Seule une action multilatérale, poursuit le Secrétaire d'État, «peut prévenir, résoudre ou gérer» les injustices qui donnent naissance aux conflits. Il faut lutter contre la mentalité selon laquelle la guerre résout les problèmes, alors qu'elle est «inhumaine et déshumanisante»; il faut favoriser le renouveau des institutions intergouvernementales en les rendant fonctionnelles. (cath.ch/vn/lb)