Mgr Giorgio Lingua, jusqu’à présent nonce apostolique en Croatie, devient le nouveau nonce apostolique en Israël et délégué apostolique pour Jérusalem et la Palestine, a annoncé le Bureau de presse du Saint-Siège le 22 janvier 2026.
Le pape Léon XIV a choisi un archevêque italien expérimenté, qui fut notamment nonce apostolique en Jordanie et en Irak et à Cuba, pour succéder à Mgr Adolfo Tito Yllana, archevêque philippin qui a dépassé la limite des 75 ans depuis le 6 février 2023 et dont la renonciation est acceptée ce jour.
Né en 1960, Giorgio Lingua a été ordonné prêtre en 1984 pour le diocèse de Fossano, dans le Piémont, au nord-est de l’Italie. Formé à partir de 1988 au sein de l’Académie pontificale ecclésiastique, il est entré au service de la diplomatie pontificale en 1992. Il a notamment travaillé pour les nonciatures en Côte d’Ivoire, aux États-Unis, en Italie et en Serbie.
En septembre 2010, Benoît XVI l’a promu à l’épiscopat, lui confiant la charge particulièrement sensible de nonce apostolique en Irak et en Jordanie. Ses cinq années de service ont notamment été marquées par l’offensive de Daech sur Mossoul et la plaine de Ninive, en 2014, qui a poussé des milliers de chrétiens sur les routes de l’exode.
En mars 2015, le pape François l’a nommé nonce apostolique à Cuba. Mgr Lingua fut à ce titre l’une des chevilles ouvrières du voyage du pontife argentin sur l’île en septembre 2015, qui avait précédé sa visite aux États-Unis. Avec l’appui du Saint-Siège, le régime alors conduit par Raul Castro assumait un rapprochement inédit avec les États-Unis, ses relations diplomatiques ayant été rétablies avec l’administration de Barack Obama après plusieurs décennies de rupture entre Washington et La Havane.
Mgr Giorgio Lingua est ensuite devenu nonce apostolique en Croatie en 2019. Ce pays d’ex-Yougoslavie, marqué par une forte identité catholique, fait l’objet d’une attention particulière du Saint-Siège depuis son indépendance obtenue dans le contexte de la guerre des années 1990.
Avec sa mutation en Terre sainte, l’archevêque italien de 66 ans devra œuvrer au lien entre le Saint-Siège et la terre natale du Christ, dans un contexte toujours marqué par la guerre de Gaza et les exactions des colons israéliens en Cisjordanie.
Tout comme la France, le Saint-Siège soutient le principe d’une solution à deux États, mais il garde pour le moment un représentant unique accrédité à la fois en Israël et en Palestine. Un projet de célébration œcuménique du Jubilé 2033 à Jérusalem a été annoncé par Léon XIV en marge de la commémoration du Concile de Nicée, en novembre dernier. Cet horizon à long terme pourrait constituer un chantier important du nouveau représentant du Saint-Siège, qui serait alors amené à organiser une visite du pontife sur place. (cath.ch/imedia/cv/mp)