Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Lun. 30 mars | Saint du jour | Parole de Dieu
Advertisement
  • Flash Info

    Jubilé 2025 Année Sainte à Rome: pèlerinages et événements ouverts
    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
    ✝️ En direct

    Vatican en direct

    Suivez en direct les célébrations et événements liturgiques depuis la Cité du Vatican.

    no_image
    Maloyan

    Mgr Ignace Maloyan, le saint martyr du génocide arménien

    Le 19 octobre 2025, le pape Léon XIV présidera la messe de canonisation de sept nouveaux saints au Vatican. Parmi eux figure l’archevêque catholique arménien de Mardin, Mgr Ignace Maloyan, martyr du génocide arménien en 1915. Sa canonisation est sensible car elle a lieu à quelques semaines d’un voyage du pape Léon XIV en Turquie, pays qui ne reconnaît pas le génocide arménien.

    Dans quelques jours, le portrait de Mgr Ignace Maloyan sera accroché sur la façade de la basilique Saint-Pierre. 110 ans après son assassinat par les officiers turcs de l’Empire ottoman, l’archevêque catholique arménien de Mardin sera reconnu saint.

    Choukrallah Maloyan est né en 1869 à Mardin, ville située au sud-est de la Turquie actuelle, à la frontière avec la Syrie. Il part ensuite faire ses études à Bzommar, un village de la montagne libanaise qui est un des chefs-lieux du patriarcat arménien-catholique. Il est ordonné prêtre sous le nom d’Ignace, en souvenir du grand saint martyr d’Antioche.

    Le jeune prêtre est envoyé en mission à Alexandrie et au Caire, où ses qualités le font remarquer du patriarche Boghos Bedros XII Sabbaghian, qui en fait son secrétaire privé. Il revient ensuite dans son diocèse de Mardin pour épauler l’évêque du lieu, très âgé. En 1911, il est élu archevêque de son diocèse natal. La biographie sur le site du Vatican rapporte qu’il y supervisa la formation spirituelle et pastorale de ses prêtres, consacra du temps à la visite des fidèles, rouvrit des écoles et restaura des églises. Elle précise aussi qu’il «entretenait de bonnes relations avec les hauts dignitaires du pays», le sultan allant même jusqu’à lui remettre une distinction.

    « Nous n’avons jamais été infidèles à l’État »

    Mais en 1915, les Arméniens vivant en Turquie commencent à être persécutés et l’archevêché de Mardin devient une cible. Le 30 avril, des soldats l’encerclent, sous prétexte d’y trouver des armes. Début mai, se sachant menacé, Mgr Maloyan réunit ses prêtres et leur lit son dernier testament dans lequel il prêche le martyre. Le 3 juin 1915, les Turcs l’arrêtent avec 27 membres de sa communauté.

    Tabassé, torturé, Mgr Maloyan est condamné à mort. Le responsable de la gendarmerie lui laisse une alternative : la conversion à l’islam ou bien l’exécution. L’archevêque répond au nom de ses pairs : « nous n’avons jamais été infidèles à l’État… mais si vous voulez nous demander d’être infidèles à notre religion, cela jamais, au grand jamais ». « Cela jamais », répètent ses fidèles.

    L’archevêque de 46 ans est abattu d’un coup de revolver. « La balle lui traversa la nuque. Il tomba par terre et, avant de rendre l’âme, il s’exclama: ‘Seigneur, prends pitié de moi, entre tes mains je remets mon esprit’», peut-on lire sur le site du Vatican.

    Le déplacement sensible du pape Léon XIV en Turquie

    L’archevêque de Mardin fait partie des premières victimes du génocide arménien, un massacre de près d’1,5 million personnes perpétré entre 1915 et 1923, reconnu aujourd’hui par une trentaine de pays dont la France. La République de Turquie continue cependant de rejetter totalement cette reconnaissance.

    Aujourd’hui, sur le site du dicastère pour les Causes des saints comme dans l’homélie prononcée par Jean-Paul II lors de sa béatification en 2001, le terme de « génocide » n’apparaît pas.

    Le pape François a été le premier pape à utiliser ouvertement le terme de génocide. C’était en 2016, lors d’un discours au Palais présidentiel à Erevan. « Cette tragédie, ce génocide, a inauguré malheureusement la triste liste des effroyables catastrophes du siècle dernier », avait-il prononcé, suscitant l’ire d’Ankara. Le vice-premier ministre turc de l’époque avait jugé « regrettable » l’usage de cette qualification. « Il est malheureusement possible de voir tous les reflets et les traces de la mentalité des croisés dans les actions de la papauté et du pape », avait-t-il ajouté.

    La canonisation de Mgr Ignace Maloyan intervient dans un contexte particulièrement sensible puisque le pape Léon XIV doit se rendre en Turquie du 27 au 30 novembre à l’occasion des célébrations du 1700e anniversaire du concile de Nicée. Pour son premier voyage à l’étranger, le nouveau pape devrait être reçu par le président turc Recep Tayyip Erdogan.  (cath.ch/imedia/mp)

    Actualités liées

    Actualités les plus lues