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    Bartolo Longo, le saint du Rosaire de Pompéi

    Le 19 octobre 2025, le pape Léon XIV présidera la messe de canonisation de sept nouveaux saints au Vatican.

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    Bartolo Longo, le saint du Rosaire de Pompéi

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    Bartolo Longo, le saint du Rosaire de Pompéi

    Le 19 octobre 2025, le pape Léon XIV présidera la messe de canonisation de sept nouveaux saints au Vatican. Parmi eux figure l’Italien Bartolo Longo (1841-1926), fondateur du sanctuaire pontifical Notre-Dame-du-Rosaire de Pompéi, un haut lieu de spiritualité mariale très prisé par les papes.

    Originaire des Pouilles, Bartolo Longo a été élevé dans un environnement religieux, mais s’en détourne violemment lorsqu’il rejoint Naples pour y mener des études de droit. Lecteur d’Ernest Renan, il adhère alors au courant positiviste qui rejette avec force toute réalité surnaturelle. Durant cette période, il fréquente des cercles occultistes et va même jusqu’à officier lors de messes sataniques.

    Très éprouvé par ces pratiques spirites et en proie à la dépression, Bartolo Longo est pris en main par un ami de sa famille qui lui présente un prêtre dominicain. Il fait aussi la connaissance de Caterina Volpicelli (canonisée en 2009), aristocrate napolitaine très pieuse et fervente adepte de la prière du Rosaire, qui commence à prier pour lui avec ses proches. Ce nouvel entourage transforme radicalement Bartolo Longo, qui se convertit.

    Toujours tourmenté, le jeune homme abandonne alors ses ambitions professionnelles, renonce au mariage et prend un poste dans une propriété agricole de Pompéi gérée par la comtesse Mariana Farnararo. Il intègre aussi le tiers-ordre dominicain, prenant le nom de frère Rosario – « frère Rosaire ». Ce choix est précurseur : lors d’une excursion dans la campagne de Pompéi, il entend une voix lui dire : « Si tu cherches le salut, répands le rosaire. C’est la promesse de Marie. Celui qui propage le rosaire est sauvé. »

    Un sanctuaire marial soutenu par Léon XIII

    Après cet épisode fondateur, Bartolo Longo se consacre entièrement à la propagation de cette dévotion, d’abord dans la société locale, puis dans toute l’Italie. Il crée un journal et un petit sanctuaire dédié à Notre-Dame-du-Rosaire à Pompéi. On y expose une peinture de la Vierge qu’il parvient à faire bénir par Léon XIII, qui lui apporte son soutien. Le succès est tel qu’en 1876, il lance la construction d’un nouveau sanctuaire. Les dons affluent et l’église est inaugurée en 1887.

    Bartolo Longo s’engage ensuite auprès des plus pauvres : il fonde un orphelinat, un ordre de religieuses — les sœurs dominicaines du Rosaire de Pompéi — et une institution pour les enfants de détenus. Sur le plan spirituel, il lance en 1883 la dévotion de la « Supplique » à la Vierge Marie, une prière qu’il compose et qui connaît un succès mondial. Elle est récitée à la mi-journée chaque 8 mai et chaque premier dimanche d’octobre dans le monde entier.

    En 1885, Bartolo Longo épouse la comtesse Mariana Farnararo, son hôte de longue date, à la demande de Léon XIII. Les deux époux obtiennent toutefois une dispense papale leur permettant de vivre dans la chasteté. Bartolo Longo offre plus tard au pape la propriété du sanctuaire, qui devient officiellement « pontifical » en 1890. Le laïc se retire alors de toute responsabilité sur les lieux pour se consacrer intégralement aux pauvres et à la prière jusqu’à sa mort en 1926, en odeur de sainteté.

    Un procès en canonisation exceptionnel

    Son procès en béatification est ouvert en 1934. Ses vertus héroïques sont reconnues en 1975 par Paul VI, lui donnant le statut de vénérable. Un premier miracle attribué à son intercession en 1945 — la guérison d’une mère de famille italienne — est rapidement reconnu, ouvrant la voie à sa béatification par Jean-Paul II en 1979.

    Le pape polonais se rend sur la tombe du laïc dans le sanctuaire en 1979 et en 2003. En 2008, Benoît XVI offre à la basilique une Rose d’or, haute distinction donnée à un sanctuaire marial par l’Église catholique. En 2015, François visite à son tour le sanctuaire.

    Cependant, aucun second miracle attribué à l’intercession n’est recensé, fermant donc la porte à une canonisation du bienheureux. En 2024, le pape François autorise le dicastère pour les Causes des saints à ouvrir une procédure exceptionnelle pour la canonisation de Bartolo Longo sans que soit nécessaire la reconnaissance d’un miracle. Le dicastère reconnaît le caractère exemplaire de la vie du bienheureux et de la vigueur exceptionnelle du culte qui lui est rendu et valide cette nouvelle positio. Une décision approuvée, le 24 février 2025, par le pape François, alors hospitalisé au Gemelli.

    Un lien original avec Léon XIV

    La mort du pontife argentin, le 21 avril suivant, retarde la canonisation de Bartolo Longo, mais coïncide avec un événement à forte portée symbolique : Léon XIV, qui a choisi son nom en hommage à Léon XIII — grand soutien du saint de Pompéi —, est élu le 8 mai, soit le jour de la fête de la Supplique à Notre-Dame-du-Rosaire de Pompéi.

    Sensible à cette référence, le nouveau pape l’a soulignée dans son premier discours. Le 6 octobre dernier, il a également célébré la « Supplique » à la Madone si chère à Bartolo Longo dans une chapelle romaine consacrée à Notre-Dame-du-Rosaire de Pompéi. (cath.ch/imedia/cd/mp)

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    Maloyan

    Mgr Ignace Maloyan, le saint martyr du génocide arménien

    Le 19 octobre 2025, le pape Léon XIV présidera la messe de canonisation de sept nouveaux saints au Vatican. Parmi eux figure l’archevêque catholique arménien de Mardin, Mgr Ignace Maloyan, martyr du génocide arménien en 1915. Sa canonisation est sensible car elle a lieu à quelques semaines d’un voyage du pape Léon XIV en Turquie, pays qui ne reconnaît pas le génocide arménien.

    Dans quelques jours, le portrait de Mgr Ignace Maloyan sera accroché sur la façade de la basilique Saint-Pierre. 110 ans après son assassinat par les officiers turcs de l’Empire ottoman, l’archevêque catholique arménien de Mardin sera reconnu saint.

    Choukrallah Maloyan est né en 1869 à Mardin, ville située au sud-est de la Turquie actuelle, à la frontière avec la Syrie. Il part ensuite faire ses études à Bzommar, un village de la montagne libanaise qui est un des chefs-lieux du patriarcat arménien-catholique. Il est ordonné prêtre sous le nom d’Ignace, en souvenir du grand saint martyr d’Antioche.

    Le jeune prêtre est envoyé en mission à Alexandrie et au Caire, où ses qualités le font remarquer du patriarche Boghos Bedros XII Sabbaghian, qui en fait son secrétaire privé. Il revient ensuite dans son diocèse de Mardin pour épauler l’évêque du lieu, très âgé. En 1911, il est élu archevêque de son diocèse natal. La biographie sur le site du Vatican rapporte qu’il y supervisa la formation spirituelle et pastorale de ses prêtres, consacra du temps à la visite des fidèles, rouvrit des écoles et restaura des églises. Elle précise aussi qu’il «entretenait de bonnes relations avec les hauts dignitaires du pays», le sultan allant même jusqu’à lui remettre une distinction.

    « Nous n’avons jamais été infidèles à l’État »

    Mais en 1915, les Arméniens vivant en Turquie commencent à être persécutés et l’archevêché de Mardin devient une cible. Le 30 avril, des soldats l’encerclent, sous prétexte d’y trouver des armes. Début mai, se sachant menacé, Mgr Maloyan réunit ses prêtres et leur lit son dernier testament dans lequel il prêche le martyre. Le 3 juin 1915, les Turcs l’arrêtent avec 27 membres de sa communauté.

    Tabassé, torturé, Mgr Maloyan est condamné à mort. Le responsable de la gendarmerie lui laisse une alternative : la conversion à l’islam ou bien l’exécution. L’archevêque répond au nom de ses pairs : « nous n’avons jamais été infidèles à l’État… mais si vous voulez nous demander d’être infidèles à notre religion, cela jamais, au grand jamais ». « Cela jamais », répètent ses fidèles.

    L’archevêque de 46 ans est abattu d’un coup de revolver. « La balle lui traversa la nuque. Il tomba par terre et, avant de rendre l’âme, il s’exclama: ‘Seigneur, prends pitié de moi, entre tes mains je remets mon esprit’», peut-on lire sur le site du Vatican.

    Le déplacement sensible du pape Léon XIV en Turquie

    L’archevêque de Mardin fait partie des premières victimes du génocide arménien, un massacre de près d’1,5 million personnes perpétré entre 1915 et 1923, reconnu aujourd’hui par une trentaine de pays dont la France. La République de Turquie continue cependant de rejetter totalement cette reconnaissance.

    Aujourd’hui, sur le site du dicastère pour les Causes des saints comme dans l’homélie prononcée par Jean-Paul II lors de sa béatification en 2001, le terme de « génocide » n’apparaît pas.

    Le pape François a été le premier pape à utiliser ouvertement le terme de génocide. C’était en 2016, lors d’un discours au Palais présidentiel à Erevan. « Cette tragédie, ce génocide, a inauguré malheureusement la triste liste des effroyables catastrophes du siècle dernier », avait-il prononcé, suscitant l’ire d’Ankara. Le vice-premier ministre turc de l’époque avait jugé « regrettable » l’usage de cette qualification. « Il est malheureusement possible de voir tous les reflets et les traces de la mentalité des croisés dans les actions de la papauté et du pape », avait-t-il ajouté.

    La canonisation de Mgr Ignace Maloyan intervient dans un contexte particulièrement sensible puisque le pape Léon XIV doit se rendre en Turquie du 27 au 30 novembre à l’occasion des célébrations du 1700e anniversaire du concile de Nicée. Pour son premier voyage à l’étranger, le nouveau pape devrait être reçu par le président turc Recep Tayyip Erdogan.  (cath.ch/imedia/mp)

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    PeterToRot

    Peter To Rot, premier saint papou

    Le 19 octobre 2025, le pape Léon présidera la messe de canonisation de sept nouveaux saints au Vatican. Parmi ces derniers se trouve le premier saint originaire de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, le laïc Peter To Rot, victime des persécutions des occupants japonais en 1943.

    Peter To Rot est né en 1912 en Nouvelle-Poméranie, nom donné à la Nouvelle-Bretagne (une des îles de la Papouasie-Nouvelle-Guinée) à l’époque où elle était une colonie allemande (jusqu’en 1914). Il grandit dans une famille récemment convertie au catholicisme. Son père refuse qu’il devienne prêtre mais l’envoie se former comme catéchiste auprès de Missionnaires du Sacré-Cœur. De retour dans son village de Rakunai, Peter To Rot devient un enseignant aimé des siens, et épouse Paula, avec laquelle il a trois enfants.

    En 1942, les forces japonaises chassent les forces australiennes qui ont pris possession de la Papouasie-Nouvelle-Guinée et décident de restreindre considérablement les droits des chrétiens, interdisant notamment les messes. En 1943, Peter To Rot, qui continue à œuvrer clandestinement en tant que catéchiste, s’oppose à un policier corrompu qui souhaitait voler la femme d’un autre afin d’en faire sa seconde femme, comme l’autorisait la loi japonaise.

    Dénoncé, Peter To Rot est arrêté et les Japonais découvrent son activité religieuse. Refusant d’abandonner son ministère et continuant de s’opposer à la polygamie, il est finalement mis à mort par les Japonais, qui décident de lui faire une injection. Le poison prenant beaucoup de temps à faire son effet, le catéchiste est achevé par des coups de bâton sur la nuque.

    Pas de miracles reconnus

    En 1995, le pape Jean-Paul II a célébré la messe de béatification de Peter To Rot lors d’un voyage en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Le pape François, qui s’est lui aussi rendu dans l’archipel océanien en septembre 2024, a rendu un hommage appuyé au bienheureux Peter To Rot lors d’une rencontre avec plusieurs milliers de catholiques dans le stade John Guise de Port Moresby, le décrivant comme un « exemple extraordinaire » pour eux. Il a salué la fécondité de son courage, soulignant combien son martyre était à l’origine de « tant de nouveaux croyants ».

    L’exemple de Peter To Rot est aussi particulièrement important pour la société papouasienne au sein de laquelle les agressions sexuelles sont très nombreuses. Une enquête des Nations unies publiée en 2022 montre que 60% des femmes affirment avoir été victimes de violences sexuelles.

    Le pape argentin a ouvert la porte à cette canonisation sans reconnaissance de miracle, comme cela est d’ordinaire le cas. Les évêques de Papouasie-Nouvelle-Guinée ont en effet demandé une dispense, explique le site du dicastère. Ceux-ci ont fait valoir la difficulté de documenter un miracle en raison de la rareté des hôpitaux capables de fournir des expertises scientifiques et de la culture locale, qui est essentiellement orale et où l’anglais est peu pratiqué. (cath.ch/imedia/cd/mp)

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    Jose Hernandez Cisneros et Maria del Monte Carmelo, deux saints du Venezuela

    Parmi les sept nouveaux saints canonisés ce 19 octobre 2025 par le pape Léon XIV figurent deux Vénézuéliens. Le laïc José Gregorio Hernández Cisneros (1864-1919) fut un médecin renommé et demeure une personnalité très populaire en Amérique latine en raison de son engagement au service des pauvres. La religieuse Maria del Monte Carmelo (1903-1977), atteinte par un handicap, fut pour sa part la dynamique fondatrice et supérieure générale de la congrégation des Servantes de Jésus.

    Né le 18 octobre 1864 dans une famille de sept enfants, José Gregorio Hernández Cisneros fait des études de médecine à l’université de Caracas, dans un environnement marqué par le matérialisme.

    Remarqué pour ses compétences exceptionnelles dès le début de sa carrière, le docteur Hernández est envoyé par le président du Venezuela à Paris en 1889 pour suivre des cours de perfectionnement en microbiologie, bactériologie, histologie normale et physiologie expérimentale, des disciplines alors inexistantes à l’université de Caracas. Ses professeurs remarquent son application dans les études, alors que certains camarades tentent, sans succès, de l’embarquer dans les divertissements de la Belle époque.

    De retour au Venezuela, il commence une carrière universitaire en fondant les chaires d’histologie normale et pathologique, de physiologie expérimentale et de bactériologie. Dans l’exercice de sa profession, il accorde une importance particulière au soin des pauvres, ne leur demandant aucun paiement et même, parfois, leur donnant de l’argent pour qu’ils puissent s’acheter les médicaments nécessaires.

    Cet homme célibataire, qui se rend à la messe chaque jour, est remarqué par sa foi profonde : il fait le signe de croix avant chaque enseignement, et s’inscrit au Tiers-ordre franciscain. En 1908, à 44 ans, il décide de quitter sa profession pour entrer dans la vie religieuse.

    Une vocation contrariée

    Sa quête d’une vocation religieuse ou sacerdotale sera contrariée : durant l’été 1908, avec l’accord de l’archevêque de Caracas, il entre à la Chartreuse de Farneta, près de Lucques, en Italie. Il reçoit l’habit religieux et prend le nom de Frère Marcello. Cependant, après seulement neuf mois, à cause de problèmes de santé, il doit retourner au Venezuela, tout en espérant être admis à nouveau dans la Chartreuse une fois rétabli.

    Il rejoint ensuite le séminaire diocésain de Caracas pour devenir prêtre, mais il en sort peu après pour reprendre l’enseignement et l’exercice de la médecine. Une troisième et dernière tentative échoue en 1913, lorsqu’il entre au Collège Pontifical latino-américain de Rome. Il n’y restera que huit mois, frappé de nouveau par une pleurésie sèche et les premiers signes de tuberculose.

    « Acceptant la volonté de Dieu, il retourna au Venezuela et se consacra pleinement à sa mission de professeur et de médecin, avec un esprit de service et d’union avec Dieu », indique le dicastère pour les Causes des saints, relatant la vie de cet homme profondément religieux mais qui ne put jamais vivre la consécration à laquelle il aspirait.

    Le 29 juin 1919, il meurt tragiquement, renversé par une automobile alors qu’il porte un médicament à un malade. Il sera béatifié en 2021 à Caracas après l’authentification d’un miracle – la survie d’une jeune fille victime d’une fusillade – mais sa canonisation a été décidée en vertu de sa réputation de sainteté, sans qu’aucun miracle supplémentaire ne soit formellement authentifié.

    Le 26 février dernier, durant son hospitalisation au Gemelli, le pape François a en effet formellement autorisé la publication du décret du dicastère pour les Causes des saints ouvrant la voie à sa canonisation. Cette canonisation, bien que formellement célébrée par Léon XIV, constitue donc l’un des derniers actes du pontificat de François.

    La religieuse Maria del Monte Carmelo, apôtre de l’adoration eucharistique

    L’autre figure vénézuélienne canonisée est la religieuse Maria del Monte Carmelo (1903-1977). Carmen Elena Rendiles Martínez de son nom civil, née à Caracas, fut attirée par la vie consacrée dès sa petite enfance vécue dans une famille très pieuse.

    Née sans bras gauche, une malformation qui posa quelques difficultés à son entrée dans une congrégation religieuse, elle ne renonça pas pour autant à sa passion pour l’art et le dessin, qu’elle abandonna seulement pour répondre à sa vocation la plus profonde. Le miracle reconnu pour sa béatification fut justement la guérison du bras malade d’une médecin, blessée par une décharge électrique trop puissante lors d’une intervention.

    En 1927, elle rejoint la congrégation des servantes de l’eucharistie, ce qui l’amène à vivre deux années de formation en France, pays d’origine de cette congrégation. Après son retour au Venezuela, elle agit notamment pour la fondation d’une nouvelle maison à Caracas. Son leadership efficace la conduit à fonder en 1965 une nouvelle congrégation, les Servantes de Jésus de Caracas, qui rayonnent sur le Venezuela et la Colombie en promouvant l’adoration eucharistique. Elle en deviendra la supérieure générale de 1969 à sa mort huit ans plus tard.  (cath.ch/imedia/cv/mp)

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    Maria Troncatti et Vincenza Maria Poloni, deux religieuses italiennes saintes

    Parmi les sept nouveaux saints canonisés ce 19 octobre 2025 par le pape Léon XIV, figurent deux religieuses italiennes. Maria Troncatti (1883-1969) fut missionnaire durant plus de 40 ans en Équateur. Vincenza Maria Poloni (1802-1855) a fondé quant à elle une communauté dédiée aux plus pauvres dans la ville de Vérone.

    Originaire de la région de Brescia, Maria Troncatti a prononcé ses vœux au sein des Filles de Marie Auxiliatrice – ou salésiennes de Don Bosco. Ses premières années de vie religieuse sont marquées par une santé fragile. Durant la Première Guerre mondiale, elle suit un cours spécial d’infirmière et se consacre à l’assistance matérielle et spirituelle des soldats blessés revenant du front autrichien.

    En 1915, lors d’une violente inondation à Varazze, elle échappe miraculeusement à la mort, expérience qui affermit son désir de devenir missionnaire. Après quelques années à Gênes dans un institut pour orphelins de guerre, elle part le 9 novembre 1922 en mission en Équateur au sein de la population shuar (parfois appelés Jivaros), qui vit dans la forêt amazonienne.

    Sur place, ouvrant un dispensaire, elle se met au service de la population locale, frappée par de nombreuses maladies et épidémies (variole noire, rougeole…), et défend les femmes et les enfants victimes de traditions ancestrales violentes. Malgré les réticences des colons sur place – les religieuses sont même ciblées par un incendie criminel –, elle contribue à la première évangélisation de cette population, au sein de laquelle elle est particulièrement appréciée. Elle meurt à 86 ans dans un accident d’avion en 1969.

    Maria Troncatti a été béatifiée en 2012. Le deuxième miracle qui a été attribué à son intercession et qui permet sa canonisation concerne une femme équatorienne. En 2002, plongée dans le coma après une grave maladie, elle est renvoyée chez elle à la demande de ses parents afin de pouvoir y mourir. Un prêtre salésien demande alors à ses proches de prier la religieuse : quelques jours plus tard, la femme sort de son coma et voit les symptômes qui l’ont affligée disparaître peu à peu.

    Une religieuse inspirée par saint Vincent de Paul

    La bienheureuse Vincenza Maria Poloni est cofondatrice de l’Institut des Sœurs de la Miséricorde avec le prêtre allemand Charles Steeb. Cette religieuse qui a vécu l’essentiel de sa vie dans le dynamique environnement catholique de la ville de Vérone, alors sous domination austro-hongroise, a créé en 1848 cette congrégation dédiée à l’assistance aux pauvres, proche de la spiritualité de saint Vincent de Paul.

    C’est en soignant les malades de l’épidémie de choléra de 1836 que Luigia – de son nom de naissance – confirma sa vocation à une vie de service. En 1840, elle fonde avec trois compagnes ce qui deviendra plus tard l’Institut des Sœurs de la Miséricorde. Comme saint Vincent de Paul, son inspirateur, Vincenza Maria appelle les pauvres « nos maîtres » et se consacre aussi à l’éducation des jeunes. (cath.ch/imedia/ak/mp)

    Sous sa direction, son institut connut un essor rapide, devenant une référence de charité chrétienne à Vérone, peut-on lire dans sa biographie sur le site du dicastère pour les Causes des saints. Sa congrégation existe encore aujourd’hui et compte 570 religieuses réparties dans 63 communautés en Europe, en Amérique latine et en Afrique.

    Vincenza Maria vécut les dernières années de sa vie éprouvée par de graves problèmes de santé, acceptant la souffrance avec patience et dans la prière. Décédée à 53 ans en 1855, Vincenza Maria Poloni a fait l’objet d’un procès en béatification à partir de 1990 et a été béatifiée en 2008 à Vérone.

    Le miracle qui a ouvert la voie à sa canonisation concerne la guérison miraculeuse d’une femme chilienne, victime d’une grave lésion de l’aorte qui lui valut une lourde opération en 2013. Alors que son pronostic vital était engagé, elle s’est remise après que son neveu eut invoqué l’intercession de la religieuse italienne pour sa guérison, une maison de sa congrégation étant présente dans la ville chilienne de Quilleco.

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    Des hommes et des femmes authentiques: Léon XIV canonise sept nouveaux saints

    Les sept saints canonisés ce 19 octobre 2025 « ne sont pas des héros ou des chantres d’un idéal quelconque, mais des hommes et des femmes authentiques », a affirmé le pape Léon XIV lors de leur messe de canonisation.

    Les Italiens Bartolo Longo, Vincenza Maria Poloni et Maria Troncatti, le Papou-Néo-Guinéen Peter To Rot, les Vénézuéliens José Gregorio Hernández Cisneros et Carmen Rendiles Martínez (sœur María del Monte Carmelo) et l’évêque arménien Mgr Ignace Choukrallah Maloyan ont été proclamés saints.

    Une foule dense et fervente – 55.000 personnes, selon les autorités italiennes – s’est rassemblée sur la place Saint-Pierre en ce beau dimanche automnal pour assister à cette septuple canonisation, la deuxième messe de canonisation du pontificat de Léon XIV, après celle de Carlo Acutis et Pier Giorgio Frassati, célébrée le 7 septembre dernier. L’événement a réuni plusieurs délégations officielles étrangères, ainsi qu’une forte affluence de fidèles, notamment en provenance du Venezuela, d’Italie et d’Équateur, pays d’origine de certains des nouveaux saints.

    Avant que le pape ne proclame solennellement l’inscription des noms des sept bienheureux au « catalogue des saints », le cardinal Marcello Semeraro, préfet du dicastère pour les Causes des saints, a lu leur biographie sous les acclamations enthousiastes de la foule. Devant leurs portraits, suspendus sur la façade de la basilique Saint-Pierre, il a rappelé, la voix empreinte d’émotion, que c’est le pape François qui avait ouvert la voie à leur canonisation en signant, dans les derniers mois de son pontificat, les décrets nécessaires à leur reconnaissance.

    Des saints porteurs de la « lampe de la foi »

    Dans son homélie, le pape Léon XIV a brièvement rappelé le statut de « martyrs de la foi » de Mgr Ignace Maloyan, tué pendant le génocide arménien (le pape n’a pas mentionné explicitement cet événement), et du catéchiste Peter To Rot, assassiné par les occupants japonais pendant la Seconde Guerre mondiale. Il a ensuite rendu hommage au « cœur ardent de dévotion » de Bartolo Longo et de José Gregorio Hernández Cisneros, « bienfaiteurs de l’humanité ».

    Le pontife a également évoqué les religieuses sœur Vincenza Maria Poloni et sœur María del Monte Carmelo comme des « fondatrices charismatiques », ainsi que sœur Maria Troncatti, missionnaire pendant 40 ans en Équateur. « Que leur intercession nous soutienne dans les épreuves et que leur exemple nous inspire dans notre vocation commune à la sainteté », a-t-il exhorté.

    Ces saints, a affirmé Léon XIV, « ne sont pas des héros ou des chantres d’un idéal quelconque, mais des hommes et des femmes authentiques ». Il a souligné que pendant leur vie, ils « ont maintenu allumée la lampe de la foi », seule capable de libérer le monde du « fatalisme ». « Bien plus, ils sont devenus eux-mêmes des lampes capables de diffuser la lumière du Christ », a-t-il insisté.

    Sans foi, un monde sans Père

    S’appuyant sur l’Évangile du jour, le pape a affirmé que la foi, « c’est-à-dire le lien d’amour entre Dieu et l’homme », est « ce qu’il y a de plus précieux aux yeux du Seigneur ». Il a invité à ne pas l’opposer à la science, à l’art ou à la culture, affirmant que ces derniers ne sont pas « méprisables », mais que, sans la foi, « ils perdent leur sens ».

    « Une terre sans foi serait peuplée d’enfants vivant sans Père, c’est-à-dire de créatures sans salut », a affirmé Léon XIV. Dans un tel monde, « sans espérance et sans désir de vie », « la liberté de chacun serait vaincue par la mort », a-t-il poursuivi.

    Face à cette perspective « inquiétante », Jésus annonce le salut, « le don de la vie éternelle », a souligné le pape. « Cette foi dans l’annonce joyeuse du salut s’exprime dans la prière, et la prière authentique vit de la foi », a-t-il ajouté.

    Les deux tentations qui menacent la foi, selon Léon XIV

    Le pontife a ensuite souligné deux « tentations » qui peuvent ébranler la foi. La première, « qui tire sa force du scandale du mal », consiste à penser que Dieu « n’a pas pitié de la douleur des innocents ». « Il n’y a pas de pleurs que Dieu ne console », a-t-il assuré. Il a cependant mis en garde « ceux qui refusent la miséricorde de Dieu », affirmant qu’ils « restent incapables de miséricorde envers leur prochain ».

    La seconde tentation, a expliqué le pape, consiste à penser que Dieu « devrait agir comme nous le voulons », et « la prière cède alors la place à un ordre donné à Dieu ». « La croix révèle la justice de Dieu », a-t-il affirmé. En conclusion, il a enjoint de « rester ferme dans la foi », assurant que « la foi sur terre soutient ainsi l’espérance du ciel ». (cath.ch/imedia/cd/mp)

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