L’Église catholique reconnaît le martyr d’un prêtre guatémaltèque et un miracle attribué à l’intercession de la fondatrice d’un ordre religieux italien, a informé le Bureau de presse du Saint-Siège ce 22 janvier 2026. Ils devraient être béatifiés prochainement. Quatre autres catholiques – un père de famille italien, une religieuse brésilienne et deux religieuses italiennes – sont reconnus « vénérables ».
Le pape Léon XIV a approuvé la publication de six décrets faisant avancer la cause de canonisation de plusieurs baptisés. Les deux premiers décrets ouvrent la porte à une prochaine béatification, avant-dernière étape avant la canonisation, qui nécessitera la reconnaissance d’un second miracle attribué à l’intercession du futur saint.
Le premier décret concerne la reconnaissance du martyre du Père Augusto Rafael Ramírez Monasterio (1937-1983), un prêtre franciscain originaire du Guatemala. Curé de la paroisse d’Antigua Guatemala, il s’est dévoué au service des plus pauvres, dénonçant les injustices sociales dans une période de guerre civile marquée par les exécutions politiques, les coups d’État et les attentats.
En 1983, le père Augusto vient en aide à un guérillero qui souhaitait se rendre pour bénéficier de l’amnistie accordée par le nouveau gouvernement. Il est arrêté et torturé pendant plusieurs jours, ses bourreaux tentant en vain de lui faire trahir le secret de confession. Tentant de s’échapper alors qu’il est transféré, il est abattu par les militaires le 7 juin. Le Saint-Siège affirme qu’il a été tué en « haine de la foi ».
Le Saint-Siège reconnaît en outre un miracle attribué à l’intercession de la vénérable italienne Maria Ignazia Isacchi (1857-1934), née Angela Caterina. Native de la région de Bergame, cette enseignante rejoint les Ursulines de Somasca, mais s’en sépare pour fonder une autre branche, la congrégation des sœurs ursulines du Sacré-Cœur d’Asola, près de Mantoue, en 1893. Animée par une intense vie de prière, cette religieuse devient la supérieure pendant de longues années durant lesquelles elle ouvre plusieurs établissements scolaires. Elle a été reconnue vénérable en 2022 par le pape François.
Le miracle attribué à son intercession reconnu par l’Église s’est déroulé en 1950 dans la maison mère de l’Institut, à Asola. Une religieuse âgée de 23 ans est alors atteinte d’une forme de tuberculose qui progresse au point que son diagnostic vital soit engagé. Sa congrégation prie alors une neuvaine en demandant l’intercession de la fondatrice et de la Vierge Marie pour la guérison de la jeune femme, qui se remet rapidement et vivra jusqu’à 92 ans.
Quatre nouveaux vénérables
Quatre autres décrets concernent les « vertus héroïques » de quatre baptisés, première étape du processus de canonisation attestant qu’ils ont vécu les vertus humaines et chrétiennes de façon exemplaire. Il faudra ensuite la reconnaissance d’un miracle pour que ces nouveaux « vénérables » soient béatifiés.
Le premier de la liste est Nerino Cobianchi (1945-1998), un laïc italien de la région de Pavie. Ce comptable, marié en 1970 et père de deux enfants, est profondément marqué par la mort de son père et décide de mettre sa vie au service de son prochain, notamment en tant que volontaire actif au sein de la Croix rouge. Chrétien engagé dans sa paroisse et dans son travail, il lance des collectes pour les toxicomanes et les missionnaires en Afrique, organise l’accueil de réfugiés et la réintégration d’anciens détenus, et milite pour la paix en Angola et en ex-Yougoslavie, avant de mourir d’un cancer très douloureux.
Le second décret concerne Maria Immacolata della Santissima Trinità (1908-1988), née Maria Giselda Villela. Cette Brésilienne originaire du Minas Gerais, est marquée dans sa jeunesse par la figure de sainte Thérèse de Lisieux et devient carmélite. Elle fonde le Carmel de la Sainte-Famille à Campos en 1986, deux ans avant de mourir d’un cancer.
Le troisième décret concerne une religieuse italienne du XVIIIe siècle, Maria Tecla Antonia Relucenti (1704-1769) originaire des Marches. Elle est la co-fondatrice des Pieuses ouvrières de l’Immaculée Conception, une congrégation consacrée à l’éducation des jeunes femmes.
Le dernier décret concerne Crocifissa Militerni (1874-1925), née Teresina Militerni, une religieuse italienne de la congrégation de Saint-Jean-Baptiste. Elle laissa une forte marque parmi ses sœurs et dans les établissements scolaires dans lesquels elle a œuvré. (cath.ch/imedia/cd/mp)