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    Metropolite-Getcha

    Job Getcha: "La clarté théologique de Léon XIV plaît beaucoup aux orthodoxes"

    Le 28 novembre 2025, à l’invitation du patriarcat œcuménique de Constantinople, le pape Léon XIV participera à la commémoration du Concile de Nicée, devant le lac d’Iznik (Turquie), en présence de plusieurs représentants d’Églises chrétiennes. L’archevêque Job Getcha, métropolite de Pisidie, dont le siège se trouve à Antalya, en Turquie, revient pour l'agence I.MEDIA sur les enjeux de cet événement œcuménique majeur.

    L’évêque orthodoxe, qui a participé au Synode sur la synodalité organisé à Rome en 2023 et 2024, voit dans les premiers pas du pape Léon XIV une continuité de fond avec son prédécesseur François, mais avec un style plus mesuré.

    Quels sont les enjeux de ce voyage d’un point de vue œcuménique?
    Job Getcha
    : Cette commémoration commune des 1700 ans du Concile de Nicée était prévue depuis longtemps. Le patriarche œcuménique Bartholomée en avait fait part au pape François qui, nous le savons, aurait beaucoup aimé se rendre à Nicée. Cet événement est d’une très grande signification car il s’agit de faire mémoire du premier concile œcuménique. Nicée a défini les fondements de la foi chrétienne. C’est le premier concile que les orthodoxes et les catholiques partagent. Il est aussi reconnu par les Églises issues de la Réforme. Aujourd’hui, pour adhérer au Conseil œcuménique des Églises, il faut être en accord avec la doctrine du Credo de Nicée. Commémorer Nicée est donc fondamental: c’est l’occasion de réaffirmer ensemble notre foi commune et de signifier que nous pouvons progresser sur le chemin de l’unité des chrétiens.

    "Nicée a défini les fondements de la foi chrétienne. C’est le premier concile que les orthodoxes et les catholiques partagent."

    Comment va se dérouler cette commémoration à Iznik?
    À Iznik, sur le site de Nicée, les représentants des Églises chrétiennes se rassembleront en face du lac, là où ont été retrouvées les fondations d’une ancienne basilique chrétienne. Selon Eusèbe de Césarée, le premier concile œcuménique s’est tenu dans le palais impérial, qui est aussi sous l’eau aujourd’hui. Il est probable que la basilique antique ait été construite quelques années après le concile, à proximité du palais ou bien sur le lieu même du concile. Devant le lac, le point central de la prière commune sera la récitation par tous du symbole de Nicée. Le lendemain, à Istanbul, il y aura une rencontre fraternelle à huis clos entre les différents représentants des Églises chrétiennes.

    Des représentants du patriarcat de Moscou seront-ils présents?
    Pas à ma connaissance. Le patriarcat de Moscou a rompu la communion avec le patriarcat œcuménique et avec celui d’Alexandrie. Cette situation fait que Moscou refuse de prendre part à des initiatives portées par le patriarcat œcuménique.

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    Les délégations interreligieuses et œcuméniques ayant participé à la messe d'inauguration du pontificat ont rencontré Léon XIV le 19 mai 2025 | photo: avec le patriarche orthodoxe Bartholomée | © Vatican Media

    Durant le voyage de Léon XIV, une déclaration commune avec Bartholomée sera publiée. Que peut-on attendre de cette nouvelle relation?
    Le patriarche œcuménique a déjà rencontré le pape Léon XIV à Rome. Mais c’est la première visite officielle du pape à Constantinople. C’est une source de grande fierté que de l’accueillir dès la première année de son pontificat. Léon XIV s’inscrit dans les pas de ses prédécesseurs. Depuis Paul VI, tous les papes se sont rendus au Phanar, le siège du patriarcat œcuménique. Et tous ont signé une déclaration commune. Cette fois-ci, j’imagine qu’il y aura une invitation à annoncer le Christ ensemble au monde, une référence à la paix, à la protection de l’environnement et de la personne humaine.

    "Je pense que Léon XIV marchera sur les traces de François et qu’il sera ouvert au dialogue théologique"

    La relation entre François et Bartholomée était très forte. Qu’a-t-elle changé dans les relations entre Rome et Constantinople?
    Il y avait effectivement une amitié entre François et Bartholomée. Ils ont ensemble porté des projets et des messages pour le monde. Dans la fameuse encyclique Laudato si’, le pape François remerciait explicitement le patriarche œcuménique pour son action sur les questions d’écologie et le péché contre la création. Il y avait une fraternité spontanée entre eux qui se manifestait à chacune de leur rencontre. Cela a permis de mener à bien de grands projets, sur l’écologie, la paix, la dignité de la personne humaine. Je pense que Léon XIV marchera sur les traces de François et qu’il sera ouvert au dialogue théologique, afin que nos Églises progressent dans une compréhension mutuelle.

    En 2023, le pape argentin avait provoqué des remous dans le monde chrétien avec la déclaration Fiducia supplicans autorisant certaines bénédictions pour les couples de même sexe. Les Églises orthodoxes attendent-elles de son successeur une forme d’apaisement?
    Juste après l’élection de Léon XIV, nous avons entendu ses premières paroles consacrées à la paix. Je crois qu’il n’y a pas de rupture entre lui et François. Mais dans le style, le nouveau pape a une formation de canoniste. Toutes ses déclarations, ses homélies et ses messages sont mesurés et sans équivoque. Il a une clarté théologique qui plaît beaucoup aux orthodoxes.

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    Le pape François, patriarche d'Occident et le patriarche oecuménique Bartholomée, ici en 2014, discutent dans la perspective des 1700 ans du Concile de Nicée, en 2025 | © Wikimedia Commons

    Est-ce que ce voyage peut provoquer des avancées dans le dialogue entre les Églises chrétiennes, notamment sur la question de la date commune de Pâques?
    On ne doit pas s’attendre à une décision concernant la date de Pâques. Ce n’est pas l’objet de cette commémoration et les organes synodaux des Églises qui pourraient avancer sur cette problématique ne sont pas réunis. Mais peut-être que ce thème sera discuté et que cette commémoration encouragera au dialogue.

    "On ne doit pas s’attendre à une décision concernant la date de Pâques.Ce n’est pas l’objet de cette commémoration."

    Ce voyage est-il aussi important pour soutenir la présence chrétienne en Turquie?
    Certainement. Depuis la rencontre entre Paul VI et le patriarche Athénagoras, les chrétiens du patriarcat ont le véritable sentiment d’être frères en Christ avec ceux de l’Église catholique. Au-delà des communautés chrétiennes, je crois que ce voyage rend fiers tous les Turcs. Dans les médias, on parle de la commémoration de Nicée et de la venue du pape depuis plusieurs mois. C’est un grand événement pour la société turque.

    Quelles relations le patriarcat œcuménique entretient-il avec les autorités turques?
    Les relations sont chaleureuses et cordiales. Le patriarche œcuménique est régulièrement invité à des événements civils à Ankara. Le patriarche Bartholomée et le président Erdogan ont souvent l’occasion d’échanger. Le climat est bon.

    Vous avez été invité à participer en 2023 et en 2024 au Synode sur la synodalité à Rome. Qu’en retenez-vous?
    Je garde un excellent souvenir du Synode et des échanges que j’ai eus avec les évêques présents, les théologiens, les délégués catholiques du monde entier. Ce fut une occasion extraordinaire d’échanger avec eux sur les sujets qui touchent l’Église. Je garde également un très bon souvenir des rencontres avec les autres Églises invitées. Ce fut un moment très fort d’œcuménisme.

    Je crois que ce fut une expérience intéressante pour l’Église catholique. On comprend qu’elle souhaite faire évoluer son style de gouvernance et d’administration pour être plus missionnaire. On note aussi qu’elle s’ouvre aux problèmes rencontrés par les sociétés actuelles tout en essayant de renouer avec une tradition plus ancienne de gouvernance. Cet événement est un modèle pour toutes les Églises chrétiennes, quand bien même les formes de synodalités sont multiples dans le monde orthodoxe. (cath.ch/imedia/hl/bh)

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