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    Léon XIV reçoit des Conservateurs et réformistes européens

    Léon XIV a reçu en audience, le 10 décembre 2025, des membres du groupe des Conservateurs et réformistes européens (ECR) du Parlement européen. Il les a exhortés à promouvoir «le bien commun» sans «jamais perdre de vue» ceux qui se trouvent aux marges. Il a aussi rappelé le lien entre «l’identité européenne» et les «racines judéo-chrétiennes» du Vieux continent.

    Une délégation d’élus européens a été reçue ce matin dans la Salle Clémentine du palais apostolique du Vatican. À Strasbourg et Bruxelles, le groupe ECR représente 79 députés provenant de 18 pays et prônant la souveraineté nationale et un conservatisme sociétal. Quatre députés français en font partie, dont Marion Maréchal et Nicolas Bay, l’ancien porte-parole de Marine Le Pen et «numéro 2» du Rassemblement national.

    A la suite de Jean Paul II et de Benoît XVI

    Comme l’avaient martelé avant lui Jean Paul II et Benoît XVI, le pape américain a souligné que «l’identité européenne ne peut être comprise ni promue qu’en référence à ses racines judéo-chrétiennes». Dans un discours prononcé en anglais, il a cité les «trésors culturels» de la «civilisation occidentale», comme ses «cathédrales, son art et sa musique sublime», mais aussi les «progrès scientifiques» et la «diffusion des universités» permis par les communautés chrétiennes. «Ces réalisations créent un lien intrinsèque entre le christianisme et l’histoire européenne, une histoire qui doit être chérie et célébrée», a-t-il assuré devant ces parlementaires qui assurent défendre les valeurs chrétiennes de l’Europe.

    Au début des années 2000, le pape Jean Paul II avait ardemment souhaité que la nouvelle Constitution européenne intègre une référence aux «racines chrétiennes de l’Europe». Le Saint-Siège avait fait part de ses «regrets» après l’adoption en 2004 d’un texte qui ne contenait pas ces termes. Une semaine après son élection survenue le 19 avril 2005, Benoît XVI avait pris soin de citer dans sa première audience générale place Saint-Pierre les «incontournables racines chrétiennes» de l’Europe.

    Le patrimoine intellectuel de l'Europe

    Dans son discours prononcé ce matin, Léon XIV a aussi insisté sur «la richesse des principes éthiques et des modes de pensée» qui constituent «le patrimoine intellectuel de l’Europe chrétienne». Ces principes sont «indispensables pour sauvegarder les droits conférés par Dieu à toute personne humaine et sa valeur intrinsèque, de la conception jusqu’à la mort naturelle». Plus largement, a-t-il ajouté, ils sont «fondamentaux pour répondre aux défis posés par la pauvreté, l’exclusion sociale, la précarité économique, ainsi que par la crise climatique persistante, la violence et la guerre».

    Le pape a expliqué à son auditoire que faire entendre la voix de l’Église ne signifie pas «restaurer une époque révolue», mais «garantir que les ressources essentielles à la coopération et à l’intégration futures ne soient pas perdues».

    Savoir respecter les divergences

    Dans les premières lignes de son discours, Léon XIV a souligné la responsabilité des élus à «promouvoir le bien commun». «Je vous encourage tout particulièrement à ne jamais perdre de vue les oubliés, ceux qui se trouvent aux marges, ceux que Jésus-Christ a appelés ‘les plus petits’ parmi nous», a-t-il confié d’emblée à ces parlementaires qui avaient salué son élection en mai dernier.

    Le pape Léon XIV a aussi pris le soin de souligner «ce qui caractérise toute société civilisée», alors que les discours politiques en Europe ont tendance à se radicaliser. Pour le pape, «la courtoisie» et le «respect» doivent permettre l’expression des divergences. La capacité à «entrer en dialogue avec ceux que nous pouvons considérer comme des adversaires témoigne de notre respect pour la dignité donnée par Dieu à tout homme et à toute femme», a-t-il ajouté.

    Les députés ECR réunis à Rome

    Les eurodéputés du groupe ECR, réunis à Rome du 9 au 12 décembre, réfléchissent notamment sur «les fondements conservateurs et chrétiens de l’Europe». Après leur rencontre avec le pape, ils participeront à une séance de travail consacrée au modèle italien et ses «approches novatrices pour lutter contre l’immigration clandestine», puis ils discuteront de la politique agricole et de la souveraineté alimentaire. La première table ronde à laquelle ils ont assisté la veille avait pour titre: Les conservateurs et les racines chrétiennes de l’Europe – défendre notre civilisation et notre identité. (cath.ch/imedia/hl/lb)

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