Évoquant devant la presse sa rencontre dans la matinée avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, le pape Léon XIV a déploré, le 9 décembre 2025, à Castel Gandolfo, que certains souhaitent «démanteler» l’alliance historique entre les États-Unis et l’Europe. Interrogé aussi sur sa visite à la mosquée bleue d’Istanbul fin novembre, il a balayé les polémiques sur son absence de prière.
Interrogé sur sa rencontre avec le président Volodymyr Zelensky, Léon XIV a expliqué avoir principalement évoqué «la manière de trouver un accord» pour une paix «durable» et «juste», ainsi que la question des prisonniers et des enfants ukrainiens actuellement en Russie. À propos de ces derniers, il a refusé d’entrer dans les détails, assurant que le Saint-Siège œuvrait «en coulisse» pour «ramener ces enfants à la maison, auprès de leurs familles», tout en reconnaissant que ce processus «est très lent, malheureusement».
Léon XIV a également réitéré la disponibilité du Saint-Siège à servir d’espace de médiation pour les négociations. Il a exprimé le souhait de se rendre un jour en Ukraine, tout en jugeant que cela n’était «pas réaliste» pour l’instant.
Ne pas «démanteler» l’alliance Europe-États-Unis
Comme il l’avait déjà souligné dans l’avion au retour de son voyage en Turquie et au Liban, le pape a insisté sur la nécessité d’impliquer les Européens dans les négociations de paix entre l’Ukraine et la Russie, rappelant que la guerre se déroule «sur le Vieux Continent». Chercher des garanties de sécurité sans eux, a-t-il affirmé, ne serait «pas réaliste». Il a regretté que certains ne partagent pas cette vision.
Ayant lu «certaines parties» du plan de paix proposé par les États-Unis, le pontife a affirmé ne pas vouloir le commenter. Il a cependant noté que «certaines parties» de cet accord, ainsi que des interviews récents, marquaient «un changement énorme» visant à «démanteler» l’alliance historique entre les États-Unis et l’Europe. Il a au contraire estimé que cette alliance était «importante», tant pour le présent que pour l’avenir.
«C’est un programme que le président Trump et ses conseillers ont mis sur pied», a-t-il ensuite déclaré, reconnaissant que Donald Trump, en tant que président, avait «le droit de faire comme ça». Il a ajouté que si «beaucoup de personnes» aux États-Unis soutiennent ce programme, «beaucoup d’autres voient les choses différemment».
Mosquée d’Istanbul: «Je préfère prier dans une église catholique»
Interrogé sur son absence de prière lors de sa visite à la mosquée bleue d’Istanbul, le 29 novembre dernier, le pape a répondu: «Qui a dit que je n’ai pas prié?» Il a exprimé sa perplexité face à l’attention portée à cet épisode, tout en évoquant La pratique de la présence de Dieu, du carme français Laurent de la Résurrection, qu’il a récemment décrite comme l’ouvrage clé pour comprendre sa spiritualité, et a fait comprendre qu’il était possible de prier à tout moment. Mais il a aussi reconnu: «Je préfère prier dans une église catholique, en présence du Très Saint Sacrement.»
Enfin, questionné sur son installation prochaine dans les appartements pontificaux — actuellement en travaux —, Léon XIV a indiqué qu’aucune date n’était fixée et qu’il se sentait «bien» dans ses appartements actuels, au palais du Saint-Office. Il a précisé que, pour l’instant, seuls ses deux secrétaires particuliers feraient partie de la «famille pontificale» et vivraient avec lui. (cath.ch/imedia/cd/lb)