«En diplomatie, seul celui qui espère véritablement cherche et soutient toujours le dialogue entre les parties, en faisant confiance à la compréhension réciproque, même face aux difficultés et aux tensions» , a expliqué Léon XIV, le 13 décembre 2025, devant les membres des services diplomatiques de l’État italien, dans le cadre de leur rassemblement jubilaire.
Lors de cette nouvelle intervention sur une éthique de l’action publique, après celle de la veille aux agents et responsables des services de renseignement italiens, le pape a mis en valeur l’importance de l’honnêteté dans les relations internationales, au-delà de la préservation des intérêts des parties. «Il est significatif que pactes et traités soient scellés par un accord: cette proximité du cœur – ad cor – exprime la sincérité de gestes tels qu’une signature ou une poignée de main, autrement réduits à de simples formalités procédurales», a-t-il expliqué.
Il a ainsi invité les diplomates à tourner leur regard «vers l’exemple de Jésus, dont le témoignage de réconciliation et de paix brille comme une espérance pour tous les peuples». En expliquant que le chrétien est toujours un homme de la Parole, il a souligné l’importance de la parole donnée. «Ce n’est que lorsqu’une personne est honnête que nous disons qu’elle est ‘de parole’, parce qu’elle la tient comme un signe de constance et de fidélité, sans volte-face», a–t-il expliqué.
Ode à l'honnêteté
«Être des chrétiens authentiques comme être des citoyens honnêtes signifie partager un vocabulaire capable de dire les choses telles qu’elles sont, sans duplicité, en cultivant la concorde entre les personnes», a-t-il expliqué. «C’est pourquoi il nous revient, et il vous revient tout particulièrement comme ambassadeurs, de favoriser toujours le dialogue et de le retisser lorsqu’il vient à se rompre», a-t-il insisté.
Le pape a repris à son compte le célèbre appel de Paul VI depuis la tribune des Nations Unies, le 4 octobre 1965: «Plus jamais la guerre, plus jamais la guerre! La paix, la paix doit guider le destin des peuples et de toute l’humanité!»
«La paix est l’intention qui, depuis la nuit de Noël, accompagne toute la vie du Christ jusqu’à sa Pâque de mort et de résurrection. La paix est le bien définitif et éternel que nous espérons pour tous», a insisté Léon XIV. «Afin de garder et de promouvoir la paix véritable, soyez donc des hommes et des femmes de dialogue, capables de lire avec sagesse les signes des temps selon ce code de l’humanisme chrétien qui est au fondement de la culture italienne et européenne», leur a demandé le pontife.
L’homélie du cardinal Parolin, de retour du Mozambique
Quelques minutes avant l’arrivée du pontife, le cardinal secrétaire d’État Pietro Parolin avait célébré la messe en ce même lieu. Dans son homélie, il a mentionné la situation dramatique en Ukraine et en Terre sainte, évoquant aussi de nombreuses autres régions du monde où persistent des «conflits oubliés» et des «crises humanitaires chroniques» qui ne font pas la une de l’actualité, mais marquent la vie de peuples entiers.
À ce propos, le cardinal a évoqué la province de Cabo Delgado, au Mozambique, où il s’est lui-même rendu ces derniers jours pour célébrer le 30ᵉ anniversaire des relations diplomatiques entre le pays africain et le Saint-Siège. Une «réalité tragique», faite de morts brutales, «souvent par décapitation», de destruction de biens et de déplacements massifs de populations, qui a «une racine fondamentalement religieuse» et qui est «presque totalement ignorée au niveau international». Il a souligné que de nombreuses autres réalités africaines souffrent également, comme la République démocratique du Congo, le Soudan ou les pays du Sahel.
Le secrétaire d’État a expliqué que les diplomates étaient appelés à dire la vérité «sans agressivité», en préservant la dignité de chaque peuple et en maintenant «ouverts les canaux du dialogue, même lorsque semblent prévaloir uniquement les langages de la confrontation». (cath.ch/imedia/cv/lb)