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    Eliswa-Bienheureuse-Vierge-Marie

    Rome reconnaît un miracle, un martyr et trois nouveaux vénérables

    Le pape François a reçu le 14 avril 2025 le cardinal Marcello Semeraro, préfet du dicastère pour les Causes des saints. Le pontife a autorisé ce dicastère à publier plusieurs décrets concernant une religieuse indienne, trois prêtres italiens, et un prêtre belge.

    Un miracle attribué à l’intercession d’une religieuse indienne

    L’un des décrets approuvés par le pape reconnaît un miracle attribué à l’intercession de la religieuse indienne Eliswa de la Bienheureuse Vierge Marie (Eliswa Vakayil), née en 1831 et décédée en 1913. Elle est la fondatrice de la Congrégation du Tiers-Ordre des Carmélites déchaussées, maintenant appelées les Sœurs carmélites thérésiennes.

    Cette femme, mariée, forma quelques années après son veuvage une communauté religieuse avec sa fille et sa sœur, constituant ainsi le noyau initial d’une nouvelle congrégation au sein de l’Église syro-malabare. «Avec son activité, elle a contribué à la promotion humaine et intellectuelle des femmes dans le contexte social et religieux complexe de l’Inde à cheval entre les XIXe et XXe siècles», précise le dicastère pour les Causes des saints.

    Rome reconnaît qu’elle a intercédé pour la guérison miraculeuse d’un fœtus souffrant d’une fente labiale. La malformation au visage avait été détectée à la 34e semaine de grossesse, en mai 2005, dans un hôpital d’Ernakulam, capitale économique du Kerala. Après une rencontre avec une religieuse des Sœurs Carmélites qui était responsable des infirmières en gynécologie, la mère de l’enfant et ses proches ont invoqué Eliswa Vakayil durant un mois pour une guérison.

    «Le 29 juin 2005, Mary a donné naissance par césarienne à une petite fille en parfaite santé, Litza, qui ne présentait aucune malformation au niveau de la lèvre supérieure, du palais ou de l’arcade dentaire», rapporte le dicastère pour les Causes des saints. Grâce à ce miracle reconnu, la religieuse indienne sera bientôt déclarée «bienheureuse».

    Un prêtre martyr au Brésil

    Rome reconnaît également le martyre du prêtre italien Nazareno Lanciotti, mort en «haine de la foi» en 2001 à Sao Paulo, au Brésil. Né en 1940 à Rome, il a été ordonné en 1966 et a commencé son ministère dans le diocèse de la capitale italienne pendant cinq ans. En 1971, il est parti pour le Brésil, dans le village de Jauru, à l’extrême nord-ouest du pays, à la frontière avec la Bolivie. Il a mené là-bas 30 ans d’apostolat auprès de la population.

    Participant à la création d’une paroisse et fondant 57 communautés ecclésiales rurales, il a aussi créé un dispensaire, une maison de retraite, une école et un petit séminaire. En 1987, il a rejoint le Mouvement Sacerdotal Marial, dont il est devenu directeur national pour le Brésil.

    Le prêtre s’est consacré au service des plus pauvres et à la lutte contre la prostitution et la drogue. Le dicastère explique que durant ces années de mission, de «fortes tensions surgirent de la part des membres d’une loge maçonnique, opposés à l’œuvre de Don Nazareno». Le 11 février 2001, deux personnes cagoulées l’ont mortellement blessé. Il fut transféré dans un hôpital de São Paulo, où il décéda le 22 février 2001, à l’âge de 61 ans. Rome rapporte que dans les 11 jours de son agonie, le prêtre a exprimé son pardon à ses meurtriers.

    Un prêtre belge devient «vénérable»

    Sont également reconnues les vertus héroïques de trois prêtres, qui pourront être béatifiés si un miracle lié à leur intercession est identifié.

    Pierre-Joseph-Triest
    Pierre-Joseph-Triest
    Pierre-Joseph Triest est né à Bruxelles en 1760 | Domaine public

    Le prêtre belge Pierre-Joseph Triest, né à Bruxelles en 1760 et mort à Gand en 1836, fut le fondateur de plusieurs congrégations dédiées aux plus pauvres. Ordonné prêtre en 1786 pour le diocèse de Malines-Bruxelles, il fut contraint à la clandestinité durant les soubresauts de la Révolution française, avant de reprendre son apostolat public sous l’ère napoléonienne.

    En 1800, il fonda un orphelinat pour porter assistance aux enfants pauvres et abandonnés, et fut progressivement chargé par les autorités civiles de prendre la direction d’un hôpital et de superviser l’administration financière des institutions de bienfaisance dans la ville de Gand.

    Inspiré par la spiritualité de saint Vincent de Paul, il fonda successivement différentes congrégations afin de lutter contre la misère galopante en ces temps de révolution industrielle: les Frères de la Charité pour les enfants abandonnés et pauvres, les Frères de Saint-Jean-de-Dieu pour l’assistance des malades à domicile, ainsi que les Soeurs de la Charité de Jésus et les Sœurs de l’Enfance de Jésus pour venir en aide aux orphelins. Il fut aussi un pionnier dans l’éducation des enfants sourds-muets.

    Vertus héroïques de deux prêtres italiens

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    Angelo Bughetti fut le créateur de nombreuses institutions dédiées aux jeunes et aux enfants | DR

    Le prêtre italien Angelo Bughetti, né à Imola en 1877 et mort à Bologne en 1935, fut le créateur de nombreuses institutions dédiées aux jeunes et aux enfants, parmi lesquelles l’Institut Sainte-Catherine, un organisme fondé en 1915, au moment de l’entrée de l’Italie dans la Première guerre mondiale, afin de prêter assistance aux enfants ayant perdu leur père au combat.

    Très actif dans les patronages, il fut aussi l’aumônier de mouvements liés au régime fasciste, notamment l’Œuvre nationale Balilla, une organisation inspirée du scoutisme mais proche de Mussolini. «Cependant, il s’est toujours opposé aux idéologies libérales et socialistes, ainsi qu’aux idéologies fascistes, mais toujours avec objectivité, avec une prudence délicate et jamais contre les personnes, en maintenant les relations qui étaient également nécessaires pour pouvoir continuer son travail d’éducation des jeunes», précise le dicastère pour les Causes des saints.

    Enfin, don Agostino Cozzolini (1928-1988) fut un simple prêtre du diocèse de Naples, pour lequel il fut ordonné en 1952. En tant que vice-recteur du séminaire puis curé de plusieurs paroisses, il contribua à faire connaître la dévotion au Sacré-Coeur et les exercices spirituels de saint Ignace de Loyola.

    Son rayonnement et sa réputation de sainteté ont poussé son diocèse à lancer rapidement la procédure de béatification de ce prêtre décédé à 60 ans d’un cancer du pancréas. (cath.ch/imedia/cv/bh)

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