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    Deux nouveaux martyrs du nazisme et quatre nouveaux vénérables

    Assassinés par les nazis en 1944, les prêtres italiens Ubaldo Marchioni (1918-1944) et Martino Capelli (1912-1944) ont été reconnus martyrs par l’Église catholique, le 21 novembre 2025. Le pape Léon XIV, Rome a en outre reconnu les vertus héroïques de quatre baptisés, désormais "vénérables". Un évêque et d’un prêtre italiens, d’une religieuse australienne devenue médecin en Inde et d’une laïque brésilienne.

    Le premier décret concerne le martyre du père Ublado Marchioni, prêtre italien assassiné par les nazis le 29 septembre 1944. Né en 1918 dans un hameau d’Émilie-Romagne, il entre au petit séminaire à l’âge 10 ans puis au séminaire de Bologne avant d’être ordonné prêtre en 1942. Il devient vicaire adjoint de la paroisse de Monzuno. C’est là qu’il se trouve à l’été 1943, alors que le fascisme s’effondre en Italie. Le dicastère pour les Causes des saints explique que, durant cette période délicate, « le rôle des curés fut crucial, notamment pour défendre la population contre l’arrogance des nazis, mais aussi souvent des partisans ».

    Dans leur lutte contre les résistants antifascistes, les soldats allemands commettent des exactions contre la population civile. Le 29 septembre, le Père Marchioni s’arrête dans une église de Casaglia pour protéger des hosties consacrées et conforter des habitants. « Il exhorta les hommes à se réfugier dans les bois, ne gardant dans l’église que les femmes et les enfants », rapporte le dicastère. Mais toutes les personnes furent emmenées au cimetière et assassinées sur place. Le père Marchioni fut ramené à l’église où il reçut une balle dans la tête. Don Ubaldo ne s’est jamais impliqué directement dans les questions politiques liées à la résistance, précise le Vatican, qui ajoute que le prêtre comptait des partisans parmi ses paroissiens.

    Le second décret concerne le Père Nicola Capelli, lui aussi victime de la barbarie nazie. Né en 1912 à Nembro, dans le diocèse de Bergame, il entre à 12 ans au séminaire des prêtres du Sacré-Cœur, dits déhoniens. En 1930, il prononce ses premiers vœux de religieux, prenant le nom de frère Martin de Marie des Douleurs. Ordonné prêtre le 26 juin 1938, il rêve de mission en Chine, mais poursuit ses études à Rome avant d’être appelé en 1943 à Bologne pour enseigner l’Écriture sainte.

    En juillet 1944, sa communauté s’installe à Burzanella, un village reculé entre Bologne et Florence. Il se retrouve alors au cœur de représailles et de rafles et ressent le besoin «impérieux et irrésistible de s’exposer pour administrer les derniers sacrements aux exécutés ». Ne faisant pas de distinction entre les personnes secourues, certains le perçoivent comme un espion. Ses supérieurs veulent le muter mais lui leur désobéit pour prodiguer encore une assistance spirituelle à la population.

    Il est arrêté le 29 septembre 1944 et meurt deux jours plus tard sous les balles des mitrailleuses SS, avec 44 autres prisonniers. Avant de mourir, raconte le Vatican, le prêtre a accompli « avec force et ferveur » le geste sacerdotal de la bénédiction finale aux mourants. Il n’avait que 32 ans.

    Avec la reconnaissance de ces martyres, l’Église catholique considère ces deux prêtres bienheureux. Il faudra que l’Église reconnaisse qu’ils ont intercédé pour un miracle pour pouvoir être déclarés saints.

    Quatre nouveaux vénérables

    Quatre décrets attestent par ailleurs des vertus héroïques de quatre serviteurs de Dieu. Après cette étape importante qui fait d’eux des vénérables, il faudra la reconnaissance d’un miracle dû à leur intercession pour leur béatification.

    Le premier de la liste est l’Italien Enrico Bartoletti, archevêque de Lucques (1916–1976). Originaire de la province de Florence, il entre au séminaire l’âge de quinze ans et se distingue très tôt par sa profondeur spirituelle et ses capacités intellectuelles – à tel point que ses supérieurs l’envoient étudier à Rome. Ordonné prêtre le 23 juillet 1939, il devient rapidement enseignant et formateur au séminaire – établissement qui pendant la Deuxième Guerre mondiale sera transformé en structure d’accueil pour les juifs destinés à la déportation vers les camps d’extermination, puis en hôpital des Alliés.

    En 1958, il est nommé archevêque auxiliaire de Lucques, où il se fait apprécier peu à peu dans un diocèse qui lui est de prime abord très inhospitalier. Il participe au concile Vatican II et s’intéresse en particulier aux thèmes de la liturgie, de la pénurie de prêtres, et de l’apostolat des laïcs. Contre son gré, il est appelé par Paul VI en 1972 comme secrétaire général de la Conférence épiscopale italienne (CEI), pour mettre en œuvre la réforme conciliaire en Italie. Il meurt le 5 mars 1976 d’un infarctus à l’hôpital Gemelli et Paul VI lui exprime son estime personnelle en allant rendre visite à sa chambre funéraire.

    Le Père Gaspare Goggi, religieux de la Congrégation de la divine providence (1877–1908), est également reconnu vénérable. Né dans le Piémont au sein d’une famille bourgeoise, le petit Gaspare Goggi souffrit très tôt d’anémie pernicieuse, accompagnée de troubles mentaux récurrents. Pendant ses études à Gênes, il rencontre don Luigi Orione – prêtre populaire en Italie – dont il devient un disciple. En 1903, il est le premier à faire ses vœux religieux au sein de la congrégation naissante de l’œuvre de la Divine Providence. Il joue un rôle dans la rédaction des Règles puis est envoyé à Rome, à la paroisse Sant’Anna au Vatican où il devient le premier recteur en 1904. Il se dévoue à sa charge, notamment au confessionnal.

    Mais sa santé se détériore en 1908. Il est envoyé à Alessandria dans un hôpital psychiatrique, où les médecins mentionnent « de graves problèmes de nutrition et une anémie » ainsi qu’« un état de dépression anxieuse alimenté par des pensées persistantes de damnation ». Il meurt le soir du 4 août, quelques jours après son arrivée, pleuré par don Orione.

    La troisième vénérable citée est l’Austalienne Mary of the Sacred Heart (1887 –1957) religieuse de la Compagnie de Jésus, Marie et Joseph, médecin dévouée auprès des plus miséreux en Inde. Originaire d’une famille catholique australienne, Mary Glowrey ­– de son nom civil – choisit bravement de devenir médecin malgré les préjugés sociaux qui excluent les femmes de cette profession. Elle se spécialise en chirurgie et en ophtalmologie auprès de divers hôpitaux à Melbourne. En 1915, lisant la vie d’Agnes McLaren (1837-1913), une médecin écossaise convertie au catholicisme à l’âge de 61 ans et partie en Inde à 72 ans pour y ouvrir un hôpital pour femmes, Mary Glowrey ressent un appel similaire.

    Elle embarque le 21 janvier 1920 pour Guntur, dans le diocèse de Madras, où elle travaille dans un dispensaire des religieuses de la Compagnie de Jésus, Marie et Joseph – où elle fait ses vœux religieux – et apprend la langue locale, le télougou. Seule médecin sur place, Mary of the Sacred Heart rencontre un grand succès, avec 40.000 patients par an dans la structure qui est transformée en hôpital. Elle meurt en 1957 d’un douloureux cancer des os, avant d’avoir vu son souhait de fonder une faculté de médecine catholique se réaliser.

    Enfin, Rome reconnaît les vertus héroïques de la laïque brésilienne Maria de Lourdes Guarda (1926–1996), femme alitée pendant des décennies dans une chambre d’hôpital, et figure de la lutte pour l’inclusion des personnes handicapées. Après une enfance très pieuse, la jeune institutrice se rapproche des Sœurs de Saint-Joseph pour suivre son appel à la vie religieuse. Mais le certificat médical qu’on lui demande signe un basculement tragique : on lui découvre une affection de la colonne vertébrale, qui lui vaudra un demi-siècle de souffrances, entre infections, réductions de sa mobilité, erreurs chirurgicales… « Que la volonté de Dieu soit faite ! », ne cesse de répéter Maria de Lourdes Guarda, qui voit au fil des ans sa jambe droite amputée et sa jambe gauche s’atrophier. Depuis son lit, elle vit malgré tout un véritable apostolat, aidant les malades, recevant sans relâche des visites de personnes marginalisées, prostituées, mères célibataires, ou homosexuels, qui demandent une aide.

    À partir de 1974, pendant plus de 20 ans, elle s’engage jusqu’au dernier souffle dans des mouvements de soutien aux personnes touchées par le handicap. Elle sera notamment la coordinatrice nationale de la Fraternité chrétienne des handicapés, pour laquelle elle fit de nombreux voyages au Brésil et à l’étranger, en voiture et en avion. Elle coordonne aussi la célébration de l’Année internationale des personnes handicapées en 1980. Le 30 juillet 1980, elle assiste à une messe en plein air célébrée par Jean Paul II à Campinas, lors de sa première visite au Brésil. Elle meurt le 5 mai 1996, au terme d’un long combat, souffrant de la douleur et de la solitude, mais toujours sereine et confiante envers Dieu. (cath.ch/imedia/hl/mp)

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