« Nous devons désarmer les mots, afin de désarmer les esprits et désarmer la Terre », exhorte le pape François dans une lettre adressée au directeur du quotidien italien Corriere della Sera le 18 mars 2025.
Le pontife encourage aussi les organisations internationales et la diplomatie à se renouveler par souci de « crédibilité » dans ce courrier signé le 14 mars à la polyclinique Gemelli, où le pape est hospitalisé depuis plus d’un mois pour soigner une infection respiratoire.
Le pape de 88 ans répond à une lettre envoyée par Luciano Fontana, directeur du journal italien, qui lui exprimait ses vœux de prompt rétablissement et lui demandait s’il voulait faire passer un appel en cette période « si grave et délicate ». Dans sa lettre, le pontife lui répond que, depuis sa chambre d’hôpital, la guerre lui apparaît « encore plus absurde », reprenant une formule déjà employée dans l’Angélus du 2 mars dernier.
Le pontife explique sa réflexion : « la fragilité humaine, de fait, a le pouvoir de nous rendre plus lucides sur ce qui dure et ce qui passe, sur ce qui fait vivre et sur ce qui tue ». Il met dès lors en garde contre la « tendance à nier les limites et à fuir les personnes fragiles et blessées », insistant sur le pouvoir qu’elles ont de « remettre en question la direction que nous avons choisie ».
«Désarmer les mots, afin de désarmer les esprits et désarmer la Terre»
Dans sa lettre, le pape encourage les journalistes et tous ceux qui travaillent dans les médias à ressentir «l’importance des mots». « Ce ne sont jamais seulement des mots : ce sont des faits qui construisent des environnements humains », insiste-t-il, soulignant combien ils « peuvent lier et diviser, servir la vérité ou s’en servir ».
Déplorant les ravages que font les guerres en cours, le pontife estime qu’il y a aujourd’hui un « grand besoin de réflexion, de calme, de sens de la complexité ». Il encourage dès lors à « désarmer les mots, afin de désarmer les esprits et désarmer la Terre ».
Le pape assure que les religions ont aussi leur rôle à jouer, en s’appuyant sur « la spiritualité des peuples pour raviver le désir de fraternité et de justice, l’espoir de paix ». Quant à la diplomatie et aux organisations internationales, elles « ont besoin d’une nouvelle force vitale et de crédibilité », estime-t-il. (cath.ch/imedia/cd/mp)