Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Mar. 31 mars | Saint du jour | Parole de Dieu
Advertisement
  • Flash Info

    Jubilé 2025 Année Sainte à Rome: pèlerinages et événements ouverts
    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
    ✝️ En direct

    Vatican en direct

    Suivez en direct les célébrations et événements liturgiques depuis la Cité du Vatican.

    no_image
    Benoit-XVI-Vatican-Media

    Les scores et les rapports de force des précédents conclaves

    L’agence I.MEDIA revient sur quelques données des conclaves les plus récents, de l’élection de Jean XXIII en 1958 à celle du pape François en 2013.

    Si chaque participant au conclave est tenu au secret absolu sur la teneur des échanges et le résultat des votes, quelques fuites, souvent dues à des cardinaux imprudents ou bavards, ont permis à des journalistes et à des historiens de reconstituer les résultats des votes. Une marge d’erreur est à prendre en considération, ces données n’ayant aucun caractère officiel.

    L’agence I.MEDIA revient sur quelques unes de ces données, avec l’aide d’une synthèse élaborée par Olivier Mathonat, directeur adjoint des études à l’Ircom d’Angers, qui prépare une thèse sur la façon dont les médias influencent les conclaves.

    1958: le patriarche de Venise élu au 11e tour

    Le conclave de 1958, convoqué après la mort de Pie XII, voit émerger deux figures centrales: le cardinal Angelo Roncalli, patriarche de Venise, et le cardinal Grégoire-Pierre XV Agagianian, catholicos-patriarche de Cilicie, c’est-à-dire chef de l’Église catholique-arménienne. Il s’agit d’un cas unique de patriarche oriental classé parmi les 'papabili’ dans l’histoire des conclaves. Au premier tour, le cardinal Roncallli aurait obtenu 20 voix et le cardinal Agagianian 15 voix, sur 51 cardinaux électeurs au total.

    Quelques autres voix auraient été dirigées vers le cardinal français Eugène Tisserant, ainsi que vers les cardinaux italiens Ernesto Ruffini et Valerio Valeri. D’une façon très étonnante, deux voix se seraient aussi dirigées vers l’archevêque de Milan, Mgr Giovanni Battista Montini, le futur Paul VI, qui n’était pas encore cardinal et ne participait donc pas au conclave.

    jean23
    jean23
    Le pape Jean XXIII | Wikimedia Commons

    Il semble que dans le contexte de la Guerre froide, la révélation de contacts entre la sœur du cardinal Agagianian et l’ambassade soviétique à Rome ait fragilisé la réputation du cardinal arménien, l’Arménie faisant alors partie de l’URSS. Le cardinal Roncalli a vu ses scores évoluer d’une façon irrégulière, baissant puis augmentant, pour finalement atteindre 38 ou 36 voix au 11e et dernier tour, contre 10 pour le cardinal Agagianian.

    Devenu pape sous le nom de Jean XXIII, Angelo Roncalli vivra un pontificat court de moins de cinq ans mais bouleversera l’histoire de l’Église par son style jovial, en rupture avec l’austérité de Pie XII. Le cardinal Agagianian, pour sa part, jouera un rôle central lors du Concile Vatican II en tant que préfet de la congrégation pour la Propagation de la foi (Propaganda Fide), chargé des terres de mission.

    1963: consensus autour de la poursuite du Concile Vatican II

    En 1963, alors que l’enjeu central du conclave convoqué après la mort de Jean XXIII est la poursuite du Concile Vatican II qui a débuté à l’automne 1962, l’élection se porte assez naturellement vers le cardinal Montini, archevêque de Milan, considéré comme le garant de la continuité et comme un fin stratège politique. Il aurait obtenu entre 24 et 40 voix au premier tour, contre respectivement 24 et 22 pour ses compatriotes italiens Antoniutti et Lercaro.

    Le bienheureux pape Paul VI (Photo: vatican.va)
    Le bienheureux pape Paul VI (Photo: vatican.va)
    Le bienheureux pape Paul VI | © Vatican Media

    Montini connaîtra une progression constante, atteignant le seuil des 50 voix au quatrième tour et remportant l’élection au 6e tour avec un score compris entre 57 et 65 voix sur 80 cardinaux électeurs. L’élection de Paul VI fut considérée comme prévisible et rassurante pour la majorité des participants au Concile.

    Août 1978: nouvelle élection d’un patriarche de Venise

    Lors du premier conclave de 1978, le Sacré-Collège s’était beaucoup internationalisé en raison du souhait de Paul VI de donner des cardinaux aux jeunes États issus de la décolonisation. Le principe d’élire un pape italien comme évêque de Rome était toutefois encore un sujet de relatif consensus.

    Le cardinal Albino Luciani, patriarche de Venise, serait passé largement en tête dès le premier tour avec 23 voix, les autres voix se dispersant entre plusieurs figures parmi lesquelles plusieurs non-Italiens: le Brésilien Aloisio Lorscheider, l’Argentin Eduardo Pironio et l’Autrichien Franz König. À noter que le Polonais Karol Wojtyla, le futur Jean Paul II, aurait obtenu 4 voix au deuxième tour.

    Pope_John_Paul_I_from_window
    Pope_John_Paul_I_from_window
    Le pape Jean Paul Ier lors de l'angelus | Wikimedia commons CC BY-SA 2.0

    Sans réelle opposition, le cardinal Luciani progresse rapidement jusqu’à obtenir entre 96 et 101 voix au 4e tour, un score proche de l’unanimité puisque 111 cardinaux participaient au vote. Mais le pontificat de Jean Paul Ier ne durera qu’un peu plus d’un mois.

    Octobre 1978: l’archevêque de Cracovie comme solution de recours

    Le conclave de l’automne 1978 se tient dans un climat tendu, après le choc provoqué par la mort inopinée de Jean Paul Ier. Le cardinal polonais Karol Wojtyla n’aurait obtenu que 5 voix lors du premier tour, loin derrière les cardinaux italiens Giuseppe Siri (entre 23 et 36) et Giovanni Bennelli (22). Ce n’est qu’à partir du quatrième tour que l’archevêque de Cracovie apparaît comme un candidat de recours face au blocage provoqué par l’opposition entre ces deux cardinaux incarnant le clivage entre conservateurs et progressistes.

    La progression du futur pape Jean Paul II se poursuit jusqu’à sa large élection au huitième tour, avec entre 97 et 99 voix sur 111. S’il semble que le cardinal Siri ait demandé à ses soutiens de se rallier au futur Jean Paul II, le cardinal Giovanni Bennelli, archevêque de Florence et tenant de l’aile progressiste, aurait pour sa part vu son score monter jusqu’à 70 voix au 5e tour contre 40 pour le cardinal polonais, avant de chuter jusqu’à atteindre 14 voix au dernier tour. La tension dramatique autour de ce vote est fidèlement restituée dans la série télévisée Karol, l’homme qui devint pape, diffusée en 2006.

    2005: le cardinal Joseph Ratzinger, héritier de Jean Paul II

    Le conclave d’avril 2005, tenu après le très long pontificat de Jean Paul II, voit émerger la figure du cardinal allemand Joseph Ratzinger comme point de référence central pour ceux qui veulent s’assurer d’une pleine continuité théologique avec le pontife polonais. Au premier tour, l’Allemand obtient 47 voix contre 10 pour l’Argentin Jorge Mario Bergoglio, d’autres voix se dispersant entre les Italiens Carlo Maria Martini (9 voix), Camillo Ruini (6 voix) en encore Angelo Sodano (4 voix).

    Au troisième tour, Ratzinger obtient 65 voix contre 35 pour Bergoglio. La progression des deux cardinaux se poursuit au 3e tour avec 72 voix pour Ratzinger contre 40 pour Bergoglio. Dans un souci d’éviter le risque d’une division de l’Église, l’archevêque de Buenos Aires aurait alors demandé à ses soutiens de se rallier au cardinal Ratzinger. Au quatrième et dernier tour, le futur Benoît XVI aurait obtenu 84 voix contre 26 au futur pape François, sur 113 électeurs.

    2013: la surprise Bergoglio

    Alors relativement oublié dans la majorité des listes de 'papabili’, le cardinal Bergoglio, 76 ans, s’impose par surprise lors du conclave de 2013. Ce n’est cependant pas lui mais le cardinal Scola, archevêque de Milan, qui arrive en tête du premier tour avec 28 voix contre 26 pour Bergoglio, 22 pour le Canadien Marc Ouellet et 10 pour l’Américain Sean O’Malley, sur 115 électeurs au total.

    Pape-Francois-Elu-2013
    Pape-Francois-Elu-2013
    Le pape François a marqué un nouveau style de pontificat dès le soir de son élection, le 13 mars 2013 | © Vatican Media

    L’archevêque de Buenos Aires passe en tête au deuxième tour avec 45 voix contre 38 pour le cardinal Scola. Sa progression sera constante jusqu’au cinquième tour, que Bergoglio remporte avec 85 voix contre 20 pour le cardinal Scola et 8 pour le cardinal Ouellet. Les relations entre le pape François et le cardinal Scola seront notoirement distantes durant son pontificat, mais, par un concours de circonstances étonnant, l’un des derniers textes du pape François, publié à titre posthume en avril 2025, sera la préface d’un livre du cardinal Scola sur la vieillesse et la mort. (cath.ch/imedia/cv/rz)

    Actualités liées

    Actualités les plus lues