Les audiences du procès en appel de l'affaire dite de 'l'immeuble de Londres' ont repris le 3 février 2026. La matinée a été consacrée aux exceptions soulevées par les avocats de la défense concernant les rescrits du pape François ayant élargi les pouvoirs du promoteur de justice pour les enquêtes et le défaut de dépôt par l'accusation de la totalité des actes. La défense demande l'annulation du premier jugement.
Après une pause de plusieurs mois, la séquence de quatre heures du 3 février a été dédiée à l’analyse de questions préliminaires soulevées par les défenses. L’avocat du banquier Gianluigi Torzi a plaidé l’invalidation de rescrits du pape François du 2 juillet 2019, qui ont accordé au promoteur de justice – procureur – une plus grande liberté d’enquête. Le pape a permis à Alessandro Diddi – qui s’est depuis retiré du procès en appel – de ne pas rendre des comptes à la secrétairerie d’État, et de pouvoir outrepasser le secret qui protégeait certaines personnes impliquées.
Ces rescrits n’ayant été rendu publics qu’en 2021, l’avocat Mario Zanchetti a estimé que «l’arrestation de [son] client et la saisie de ses appareils ont été illégales, car elles ont été effectuées sur la base d’une mesure inconnue de la défense». Gianluigi Torzi a été détenu dix jours par la justice vaticane en juin 2020, avant d’être remis en liberté provisoire.
Glissant au passage que cette mesure de 2019 «transforme en fasciste le code de procédure pénale du Vatican», l’avocat pénaliste a laissé entendre que le pape François n’avait pas été correctement informé – avant d’être interrompu par le président de la cour d’appel, Mgr Alejandro Arellano Cedillo, lui intimant de ne pas se référer au pontife décédé entre-temps.
Nullité du premier procès de première instance?
L’avocat a argué que s’il s’agissait de rescrits normatifs, ils auraient dû être publiés comme tout texte de loi, et que s’il s’agissait d’un acte administratif, ils pouvaient être invalidés par la cour d’appel. Se sont joints à lui les autres avocats, notamment celui de l’homme d’affaires Enrico Crasso, évoquant une «carte blanche surréaliste accordée au promoteur de justice». La défense de l’ancien employé du service financier de la secrétairerie d’État, Fabrizio Tirabassi, a déduit la «nullité» du procès de première instance et a demandé à la cour de renvoyer les actes au bureau du promoteur de la justice.
L’avocat Fabio Viglione, défenseur du cardinal Angelo Becciu, qui était présent dans la salle d’audience, a insisté sur d’autres points critiques du premier degré, notamment sur des manquements de la part d’Alessandro Diddi: «Dans la première ordonnance, le tribunal imposait au promoteur de la justice de déposer au greffe tous les actes, y compris la copie judiciaire (…) ce que le tribunal avait ordonné est resté lettre morte», a-t-il déploré. (cath.ch/imedia/ak/bh)