En dotant la Fondation Jean Paul II pour le Sahel de nouveaux statuts le 5 février 2026, le pape Léon XIV donne un nouvel élan à cette organisation investie dans la lutte contre la désertification et ses effets en Afrique de l’Ouest. Les nouvelles normes permettent notamment à la fondation d’élargir son champ d’action en intégrant potentiellement de nouveaux pays.
Lors d’une audience accordée au cardinal secrétaire d’État Pietro Parolin le 29 janvier, le pape Léon XIV a approuvé la publication de nouveaux statuts pour la fondation Jean-Paul II pour le Sahel rendus publics le 5 février. L’objectif principal était de le « régulariser » son statut canonique afin de l’aligner sur le cadre normatif en vigueur sur les personnes juridiques et le patrimoine – qui a connu une importante évolution ces dernières années, notamment depuis la publication de la nouvelle Constitution apostolique Praedicate evangelium en 2022.
Créé par Jean-Paul II en 1984 après son premier voyage en Afrique lors duquel il avait été marqué par les effets désastreux de la désertification dans l’Afrique de l’Ouest, la fondation, en coopération avec l’Église locale et avec le soutien de conférences épiscopales européennes (Italie, France, Allemagne) et de donateurs privés, centralise les ressources pour mettre en œuvre des projets de développement. Son action concerne les domaines de l’agriculture, de l’eau, de la santé mais aussi de l’écologie et des énergies renouvelables, précisent les nouveaux statuts.
La Fondation Jean-Paul II pour le Sahel compte neuf membres : le Burkina Faso – où se trouve son secrétariat opérationnel – le Cap-Vert, la Gambie, la Guinée-Bissau, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal et le Tchad. En tant que personnalité juridique, ses nouveaux statuts la rattache officiellement au dicastère pour la Promotion du service du développement humain intégral. Elle était auparavant liée au conseil pontifical Cor Unum, qui a été intégré au dicastère en 2017.
Freiner la désertification et promouvoir la paix
Les nouveaux statuts permettent désormais aux membres d’élargir la liste des pays bénéficiaires à d’autres pays du Sahel, sur proposition d’au moins deux-tiers d’entre eux et avec la validation du dicastère. Lors d’une réunion organisée à Rome en 2023 par les ambassades près le Saint-Siège du Sénégal et du Burkina Faso, plusieurs pays concernés par la question de la désertification avaient manifesté leur souhait de rejoindre les membres, notamment la Côte d’Ivoire et le Cameroun.
La publication de nouveaux statuts vise aussi à donner un nouvel élan à la Fondation, comme l’avait demandé le pape François en 2024 dans une lettre envoyée aux participants d’un congrès organisé au Vatican sur le thème “Désertification et sécheresse, faire face aux menaces mondiales croissantes”, à l’occasion des 40 ans de la création de l’organisation. Le pontife argentin avait fait le lien entre développement et pacification dans la région, marquée par les tensions entre communautés, le terrorisme et la précarité économique. « Ce contexte rend la tâche de la Fondation de plus en plus difficile mais de plus en plus indispensable », avait-il insisté.
Avec ces normes, « la Fondation se rapproche encore davantage de l’Église locale, en accompagnant avec souplesse les processus vers un progrès plus rapide et durable, et en répondant de manière ciblée aux nombreux défis auxquels le territoire est confronté », a annoncé le dicastère pour la Promotion du service du développement humain intégral dans une note relayée par Vatican News. Les finances de la fondation seront désormais soumises au contrôle des entités dédiées au Vatican, notamment le secrétariat pour l’Économie.
La fondation, par l’intermédiaire des organisations catholiques locales, travaillent souvent avec l’ONU, dans le cadre de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CLD) qui œuvre dans la région à la mise en place de la « Grande Muraille Verte », un gigantesque programme de reboisement qui vise à repousser l’avancée du désert. Selon une source diplomatique consultée par I.MEDIA en 2023, la Fondation aurait permis, depuis sa création, de recueillir pas moins de 4 milliards d’euros, investis localement dans une multitude de projets. (cath.ch/imedia/cd/mp)