«Votre Institut contribue à l’intelligence du magistère pontifical et à la mise à jour constante du dialogue entre vie familiale, monde du travail et justice sociale», a expliqué Léon XIV, le 24 octobre 2025. II recevait en audience au palais apostolique les enseignants et étudiants de l’Institut théologique pontifical Jean Paul II pour les sciences du mariage et de la famille.
Les participants étaient conduits par le cardinal Baldassare Reina, grand-chancelier de l’institut Jean Paul II - lié à l’Université pontificale du Latran - et par son président, Mgr Philippe Bordeyne, prêtre français du diocèse de Nanterre.
«Soutenir, défendre et promouvoir la famille» demeure la mission centrale de cet institut «né de la vision prophétique de saint Jean Paul II à la suite du Synode de 1980 sur la famille», a rappelé Léon XIV. Il a expliqué que «dans les divers contextes sociaux, économiques et culturels, les défis qui se présentent sont différents».
Rester au plus près des couples et des familles
Le pape a ainsi fait écho aux transformations induites par François depuis 2019, lorsque la modification des statuts de l’Institut a conduit à une plus grande ouverture aux sciences humaines. Certaines voix critiques y avaient vu une façon de solder l’héritage de Jean Paul II en prenant de la distance par rapport à la «théologie du corps» qui y était jusqu’alors traditionnellement enseignée.
Léon XIV a confirmé cette évolution en expliquant que la vocation de l’Institut Jean Paul II est de «constituer un corps académique unique réparti sur les différents continents afin de répondre aux besoins de formation en restant au plus près des couples et des familles». Il doit ainsi développer des propositions «adaptées aux réalités locales, inspirées par la tradition vivante de l’Église et sa doctrine sociale».
Parmi les questions d’actualité entrant dans son champ de recherche, le pape a évoqué «la paix, le soin de la vie et de la santé, le développement humain intégral, l’emploi des jeunes, la durabilité économique et l’égalité des sexes». II a vu dans ces différents phénomènes «des facteurs qui influencent le choix de se marier et d’avoir des enfants».
Poursuite du dialogue avec les sciences humaines
Dans les programmes de l’institut, la théologie est ainsi appelée à «dialoguer avec les différentes disciplines qui étudient le mariage et la famille, en tenant compte des défis sociaux», a expliqué le pape. «Dans une société qui souvent exalte la productivité et la rapidité au détriment des relations, il devient urgent de redonner temps et espace à l’amour qui s’apprend en famille, où se tissent les premières expériences de confiance, de don et de pardon, qui constituent le tissu de la vie sociale.»
Dans la lignée du pape François, il a exhorté à apporter un soutien aux femmes enceintes, particulièrement les «nombreuses mères qui vivent leur grossesse dans la solitude ou la marginalité». Léon XIV a appelé à mobiliser l’Église et la société afin de toujours montrer que «la vie humaine est un don et doit toujours être accueillie avec respect, soin et gratitude».
Le pape a donc demandé à la communauté académique de l’Institut Jean Paul II de contribuer à l’étude du lien entre famille et doctrine sociale de l’Église, en suggérant deux axes: «intégrer l’étude de la famille comme chapitre incontournable du patrimoine de sagesse que l’Église propose sur la vie sociale” et aussi «enrichir ce patrimoine par les expériences et dynamiques familiales, afin de mieux comprendre les principes mêmes de l’enseignement social de l’Église».
Faire confiance «à l’action de la grâce de Dieu»
«Nous ne pouvons ignorer les tendances, dans de nombreuses régions du monde, à ne pas apprécier, voire à refuser le mariage», a par ailleurs reconnu Léon XIV. Il a demandé d’être attentifs «à l’action de la grâce de Dieu dans le cœur de chaque homme et de chaque femme».
Semblant inviter à ne pas exclure a priori de la préparation au mariage les couples vivant en concubinage, le pape a expliqué que «même lorsque les jeunes font des choix qui ne correspondent pas aux voies proposées par l’Église selon l’enseignement de Jésus, le Seigneur continue à frapper à la porte de leur cœur, les préparant à recevoir un nouvel appel intérieur».
«Notre époque est marquée non seulement par des tensions et idéologies qui troublent les cœurs, mais aussi par une recherche croissante de spiritualité, de vérité et de justice, surtout parmi les jeunes», a ajouté Léon XIV, semblant ainsi faire écho au puissant développement du catéchuménat en France, qui est parfois lié à la préparation au mariage. «Accueillir et prendre soin de ce désir est l’un de nos devoirs les plus beaux et urgents», a insisté l’évêque de Rome. (cath.ch/imedia/cv/rz)