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    Le pape ouvre la voie à trois canonisations

    Le 28 mars 2025, le pape François a donné son feu vert aux causes de futurs saints de l’Église catholique, a annoncé le Saint-Siège ce 31 mars. Dans cette nouvelle liste, se profilent les canonisations de la première femme sainte du Venezuela, du premier saint de Papouasie-Nouvelle-Guinée et d’un archevêque arménien victime du génocide de 1915.

    Alors que le pontife est en convalescence à sa résidence, le Vatican a confirmé la tenue prochaine d’un consistoire pour valider ces canonisations, sans encore donner de date.

    Le pape, actuellement au repos après cinq semaines d’hospitalisation, a autorisé le 29 mars le dicastère pour les Causes des saints à publier de nouveaux décrets, ouvrant notamment la voie à trois canonisations. Deux dossiers parmi eux ont bénéficié d’une procédure spéciale de dispense de miracle. Deux décrets concernant un futur bienheureux italien et un ‘vénérable’ brésilien ont également été approuvés.

    La première sainte vénézuélienne, née sans bras gauche

    Un premier décret reconnaît un «miracle» attribué à l’intercession d’une religieuse vénézuélienne, Maria del Monte Carmelo, de son nom de naissance Carmen Elena Rendiles Martinez. Née sans bras gauche, cette figure qui a dédié sa vie aux pauvres, aux malades et aux prêtres, sera la première femme sainte du Venezuela.

    Née à Caracas le 11 août 1903 au sein d’une famille nombreuse très fervente, Carmen vit une enfance marquée d’épreuves: outre son handicap physique, qui lui vaudra quelques difficultés à être intégrée dans une congrégation religieuse, elle perd un frère et son père.

    Ayant ressenti très tôt l’appel à se consacrer à Dieu, celle qui sera appelée “Mère Carmen” renonce à sa passion pour l’art – en particulier le dessin – pour rejoindre les Sœurs Servantes de Jésus du Saint-Sacrement.

    Devenue responsable des provinces du Venezuela et de Colombie, elle demande en 1965 la séparation de la branche française, pour fonder sa propre congrégation: les Sœurs servantes de Jésus de Caracas. Les biographes de Mère Carmen rapportent sa bonté, sa générosité et sa douceur – y compris envers «ceux qui la faisaient souffrir» – mais aussi sa dévotion pour l’eucharistie. Elle a été béatifiée le 16 juin 2018.

    La guérison miraculeuse attribuée à son intercession – nécessaire pour sa canonisation – est celle d’une femme diagnostiquée en 2015 d’une hydrocéphalie triventriculaire idiopathique, une pathologie neurologique cérébrale. Malgré des interventions chirurgicales, son état s’aggrave jusqu’à atteindre un stade végétatif en 2018. Une tante de la malade prie alors pour elle sur la tombe de Mère Carmen, et une image de la religieuse lui est apportée sur son lit. En quelques semaines, la patiente recommence à marcher, à communiquer et à s’alimenter, et sa guérison inexplicable est aujourd’hui déclarée «complète, stable et durable».

    Le premier saint de Papouasie-Nouvelle-Guinée, opposé à la polygamie

    Le pape a approuvé également un vote du dicastère en faveur de la canonisation du laïc Peter To Rot. Né en Nouvelle-Guinée en 1912 (à l’époque colonie allemande sous le nom de Nouvelle-Poméranie), celui-ci grandit dans une famille récemment convertie au catholicisme. Son père refuse qu’il devienne prêtre mais l’envoie se former comme catéchiste auprès de Missionnaires du Sacré-Cœur. De retour dans son village de Rakunai, Peter To Rot devient enseignant aimé des siens, et épouse Paula, avec laquelle il a trois enfants.

    En 1942, les Japonais chassent les forces australiennes qui occupaient la Nouvelle-Guinée et décident de restreindre considérablement les droits des chrétiens, interdisant notamment les messes. En 1943, Peter To Rot, qui continue à œuvrer clandestinement, s’oppose à un policier corrompu qui souhaitait voler la femme d’un autre afin d’en faire sa seconde femme, comme l’autorisait la loi japonaise.

    Dénoncé, Peter To Rot est arrêté et les Japonais découvrent son activité de catéchisme. Refusant d’abandonner son ministère et continuant de s’opposer à la polygamie, il est finalement mis à mort par les Japonais, qui décident de lui faire une injection. Le poison prenant beaucoup de temps à faire son effet, le catéchiste est achevé par des coups de bâton sur la nuque.

    En 1995, le pape Jean Paul II a célébré la messe de béatification de Peter To Rot lors d’un voyage en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Le pape François, qui s’est lui aussi rendu dans l’archipel océanien en septembre 2024, a rendu un hommage appuyé au bienheureux Peter To Rot lors d’une rencontre avec plusieurs milliers de catholiques dans le stade John Guise de Port Moresby. Il l’a décrit comme un «exemple extraordinaire» pour eux. Il a salué la fécondité de son courage, soulignant combien son martyre était à l’origine de «tant de nouveaux croyants».

    En approuvant ce vote des membres du dicastère, le pontife argentin a ouvert la voie à la canonisation de cette figure sans reconnaissance de miracle, comme cela est d’ordinaire le cas. Les évêques de Papouasie-Nouvelle-Guinée ont en effet demandé une dispense, explique le site du dicastère. Ceux-ci ont fait valoir la difficulté de documenter un miracle en raison de la rareté des hôpitaux capables de fournir des expertises scientifiques et en raison de la culture locale, qui est essentiellement orale et où l’anglais est peu pratiqué.

    Un futur saint arménien mort martyr en Turquie

    Le troisième futur saint, l’archevêque arménien Ignatius Choukrallah Maloyan, a lui aussi bénéficié d’une procédure spéciale de dispense de miracle. Mort martyr à 46 ans, il avait été béatifié le 7 octobre 2001 par Jean Paul II, qui avait salué en lui un modèle de chrétien n’ayant «jamais accepté aucun compromis».

    Né à Mardin en Turquie le 19 avril 1869, il entre à l’âge de 14 ans au couvent de Bzommar, au Liban et est ordonné prêtre en 1896 sous le nom d’Ignace. L’année suivante, il est envoyé en mission en Égypte, où ses qualités le font remarquer du patriarche Boghos Bedros XII Sabbaghian, qui en fait son secrétaire privé en 1904.

    En 1911, il est élu archevêque de Mardin en Turquie. Mais à l’aube de la Première guerre mondiale, en 1915, les Arméniens résidant en Turquie (Empire ottoman à l’époque) commencent à être persécutés et l’archevêché de Mardin devient la cible de perquisitions. Se sachant menacé, Mgr Maloyan réunit ses prêtres et leur lit son dernier testament où il prêche le martyre.

    Le 3 juin 1915, des officiers turcs l’arrêtent avec 27 membres de la communauté. L’archevêque est torturé, et condamné à mort pour trahison avec ses ouailles. Le chef de la gendarmerie, Mamdouh Bey, leur offre d’être graciés s’ils se convertissent à l’islam. «Nous n’avons jamais été infidèles à l’État… mais si vous voulez nous demander d’être infidèles à notre religion, cela jamais, au grand jamais», répond Mgr Maloyan. «Cela jamais», répètent ses fidèles. L’archevêque est abattu d’un coup de revolver.

    Trois canonisations validées au prochain consistoire

    Pour pouvoir procéder à leur canonisation, ces trois causes doivent être validées, selon la coutume, au cours d’un consistoire – réunion de cardinaux autour du pape. En l’occurrence, elles seront incluses dans le consistoire déjà convoqué par le pape François – sans date – alors qu’il était à l’hôpital Gemelli de Rome, le 25 février dernier.

    Au total, cinq causes devraient donc être traitées lors de ce consistoire. Les trois nouveaux dossiers s’ajoutent en effet aux deux futurs saints déjà annoncés: le bienheureux laïc vénézuélien José Gregorio Hernández Cisneros (1869-1919), et le bienheureux laïc italien Bartolo Longo (1841-1926).

    Le Saint-Siège ne donne toujours pas de date pour ce consistoire dont l’annonce avait fait couler de l’encre. C’est en effet au cours d’une telle réunion de cardinaux que Benoît XVI avait annoncé sa renonciation le 11 février 2013.

    Un futur bienheureux italien «héros du confessionnal»

    L’Église reconnaît par ailleurs un miracle attribué à l’intercession d’un prêtre italien ‘vénérable’, Carmelo De Palma, qui pourra donc prochainement être béatifié.

    Né le 27 janvier 1876 à Bari dans les Pouilles, Carmelo De Palma est orphelin très jeune. Il entre à 10 ans au séminaire et est ordonné prêtre à 22 ans à Naples. Pendant 50 ans, celui qui souffrira toute sa vie d’une santé fragile occupe diverses charges à la basilique Saint-Nicolas de Bari. Il dédie une grande part de son ministère aux confessions, à tel point qu’il est surnommé “le héros du confessionnal”.

    Proche de la spiritualité bénédictine, il devient directeur spirituel au couvent des religieuses bénédictines de Bari dans les dernières années de sa vie. Progressivement atteint de cécité, et gagné par l’infirmité, il célèbre sa dernière messe en public en février 1961 et meurt le 24 août 1961.

    La guérison miraculeuse qui ouvre la voie à sa béatification est celle d’une religieuse bénédictine du monastère de Sainte-Scholastique de Bari, qui à la suite d’une fièvre en 2001 connut l’affaiblissement progressif de ses membres supérieurs et inférieurs. Après plusieurs diagnostics et traitements, les médecins constatent une compression de la moelle épinière, avec des conséquences invalidantes. Lui est proposée une intervention neurochirurgicale comportant des risques très élevés, que la patiente refuse.

    En 2003, alors que la dépouille de Carmelo De Palma est transférée à son monastère pour y être enterrée, la mère abbesse invite les moniales à demander l’intercession du prêtre pour la guérison de l’infirme. Le 1er juin 2003, la religieuse connaît une amélioration soudaine pendant la nuit, retrouvant sa motricité. Les examens répétés effectués par la suite jusqu’en 2010 confirment le prodige: la pression sur la moelle persiste mais n’a plus d’effet pathologique.

    Un nouveau 'vénérable’ brésilien qui a lutté contre l’esclavage

    Enfin, le pape François autorise la reconnaissance des vertus héroïques du prêtre brésilien José Antonio Maria Ibiapina. Né le 5 août 1806 à Sobral au nord-est du Brésil, au sein d’une famille chrétienne de 8 enfants, il voit sa vocation précoce contrariée par les événements. Entre 1923 et 1928, il sort une première fois du séminaire pour le décès de sa mère, une seconde fois après l’arrestation de son père et de son frère, considérés comme des confédérés durant la lutte pour l’indépendance contre le Portugal, et une troisième fois pour poursuivre des études de droit et faire vivre sa famille comme magistrat.

    Élu au Parlement national en 1834, il présente un projet de loi visant à interdire le débarquement d’esclaves d’Afrique sur le territoire brésilien. Mais ses tentatives restant infructueuses, il démissionne de son poste de juge et s’installe à Recife comme avocat des plus pauvres.

    En 1850, il se retire dans la solitude pour se consacrer à la prière, et est ordonné prêtre tardivement en 1853 pour le diocèse de Paraiba. Enseignant, accompagnateur spirituel, fondateur de nombreuses maisons d’accueil et de soins, le père José Antonio Maria Ibiapina acquiert une grande renommée pour son dévouement aux malades pendant l’épidémie de choléra qui frappe la région. Il mourra le 19 février 1883, après plusieurs années de douloureuse maladie paralysante.

    La reconnaissance de ses vertus est la première étape de sa cause de canonisation. En vue de sa béatification, il faudra la reconnaissance d’un miracle dû à son intercession. (cath.ch/imedia/ak/cd/rz)

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