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    Léon XIV a ouvert le consistoire extraordinaire des cardinaux

    Le pape Léon XIV a ouvert, dans l’après-midi du 7 janvier 2026, le premier consistoire extraordinaire de son pontificat. Réunis pendant deux jours à huis-clos, le cardinaux vont échanger sur des thèmes choisis par le pontife – la liturgie, les relations entre la Curie romaine et les diocèses, la synodalité, et le rôle missionnaire de l’Église

    Dans la convocation du consistoire le Saint-Siège avait annoncé que l’objectif de cette rencontre était "de renforcer la communion entre l’évêque de Rome et les cardinaux", en favorisant un discernement commun. En cela, Léon XIV se distingue du mode de gouvernement de son prédécesseur, qui avait rarement eu recours aux consistoires "extraordinaires" durant son pontificat.

    Juste avant de gagner la salle du Synode à proximité de la basilique Saint-Pierre, le cardinal luxembourgeois Jean-Claude Hollerich a expliqué ne pas s’attendre à ce que le pape annonce de grandes réformes. "Le grand chantier, c’est la mission", a-t-il assuré. "Chaque cardinal venant de chaque partie du monde arrive avec ses propres attentes", a pour sa part souligné le cardinal Virgilio Carmo Da Silva, archevêque de Dili, à peine arrivé du Timor oriental.

    Parmi les thèmes prévus pour cette rencontre figurent la liturgie, les relations entre la Curie romaine et les diocèses, la synodalité, ainsi que le rôle missionnaire de l’Église à la lumière de l’exhortation apostolique Evangelii gaudium (2013) du pape François.

    Le cardinal Jean-Paul Vesco, archevêque d’Alger, a assuré ne pas savoir la façon dont seraient traités ces thèmes, mais s’est dit enthousiaste. Il a souligné l’importance "de découvrir comment la collégialité peut s’articuler avec la synodalité". Cette dimension, qui vise à rendre tous les fidèles "coresponsables" de la mission d’évangélisation de l’Église, a été particulièrement mise en avant durant le pontificat de François, notamment lors du synode lancé en 2021 et toujours en cours.

    Se connaître et dialoguer

    Le consistoire a commencé par un temps de prière, suivi d’une allocution du doyen du collège des cardinaux, le cardinal Giovanni Battista Re. Après une méditation, le pape Léon XIV a prononcé un discours introductif. Huit mois après son élection, il a averti que cette rencontre d’une journée et demie serait "une préfiguration de notre chemin futur" – sans pour autant indiquer de fréquence pour ce type de session. Il ne s’agit pas d’aboutir à un texte, a-t-il expliqué, mais d’entamer une conversation "qui m’aide dans mon service pour la mission de toute l’Église". Et d’inviter les quelque 170 cardinaux présents à se "connaître et dialoguer afin de pouvoir travailler ensemble", et de faire "naître quelque chose de nouveau, qui met en jeu le présent et l’avenir".

    "Je suis ici pour écouter", a aussi déclaré le pape, se prévalant de la dynamique synodale, selon laquelle chacun apprend à écouter et accueillir les propos les uns des autres, y compris dans leurs divergences. Léon XIV a laissé aux membres du collège cardinalice une question-guide pour réfléchir aux thèmes du consistoire : "En regardant le chemin des deux prochaines années, quelles attentions et priorités pourraient orienter l’action du Saint-Père et de la Curie sur cette question ?".

    L’attraction de l’unité

    Pour donner le ton des travaux, le pape est reparti de la Constitution sur l’Église du Concile Vatican II Lumen gentium, présentant l’évangélisation comme la mission d’"illuminer tous les hommes par la lumière du Christ qui resplendit sur le visage de l’Église". Il a souligné que les pontificats de ses prédécesseurs Paul VI et Jean-Paul II, deux papes de l’immédiat après-concile, pouvaient être interprétés dans cette perspective.

    Les deux pontificats suivants, ceux de Benoît XVI et François, ont interprété cette vision par le mot "attraction", a poursuivi le pontife américano-péruvien. Il a cité les paroles du pape allemand affirmant que "l’Église ne fait pas de prosélytisme. Elle se développe plutôt par attraction". Léon XIV a repris cette orientation, soulignant que la "force" qui préside à ce mouvement était "l’amour de Dieu". "Seul l’amour est crédible, seul l’amour est digne de foi […] L’unité attire, la division disperse", a-t-il averti en encourageant les cardinaux à vivre la "fraternité et sincère amitié" et à devenir "un modèle de collégialité".

    Ne pas laisser seul le successeur de Pierre

    Durant ce premier après-midi, les participants ont écouté une méditation du cardinal britannique Timothy Radcliffe, qui avait été l’une des voix des deux sessions mondiales du Synode sur la synodalité en 2023 et 2024. Le dominicain a exhorté notamment à ne pas laisser seul le successeur de Pierre "qui affronte les tempêtes du monde". "L’Église elle-même est ébranlée par ses propres tempêtes : les abus sexuels et les divisions idéologiques", a-t-il souligné au passage.

    20 groupes de travail

    Puis les cardinaux se sont réunis en 20 groupes autour de tables rondes dans la salle Paul VI, comme l’avaient fait les membres du Synode. Les membres des groupes, animés par un président et un secrétaire désignés, pouvaient s’exprimer tour à tour durant trois minutes, a informé le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège.

    Le premier temps de travail thématique a commencé à 16h15 et devait se poursuivre jusqu’à 18h, moment où les résultats des travaux ont été présentés. Les cardinaux ont choisi de réfléchir d’abord sur la synodalité et la mission, écartant les questions de la liturgie et de la Curie romaine initialement également prévues au programme. Le pape a conclu cette première session par une intervention finale et un temps de prière.

    Messe du consistoire

    "Nous ne sommes pas ici pour promouvoir des ‘agendas’ – personnels ou collectifs –, mais pour confier nos projets et nos inspirations au discernement qui nous dépasse […]  et qui ne peut venir que du Seigneur", a expliqué le pape Léon XIV lors de la messe célébrée le 8 janvier 2026 à la basilique Saint-Pierre. "Le mot Consistorium, ‘assemblée’, peut être lu à la lumière de la racine du verbe consistere, c’est-à-dire ‘s’arrêter’", a expliqué le pape devant les cardinaux. La tenue de cette réunion constitue "un geste très significatif, prophétique, en  particulier dans le contexte de la société frénétique dans laquelle nous vivons", a insisté Léon XIV. "Notre Collège, bien que riche de nombreuses compétences et talents remarquables, n’est pas appelé à être, en premier lieu, une équipe d’experts, mais une communauté de foi", a averti le pape, en demandant aux cardinaux de ne pas s’éloigner du cœur de leur mission : témoigner de l’amour de Dieu en s’en faisant "les disciples et les apôtres".

    Une rencontre "dans la prière et le silence"

    Cet "arrêt" dans leurs activités quotidiennes constitue donc pour les cardinaux "un grand acte d’amour, envers Dieu, envers l’Église, envers les hommes et les femmes du monde entier, par lequel nous nous laissons modeler par l’Esprit", a souligné Léon XIV. Il a précisé que cette démarche doit se vivre "avant tout dans la prière et le silence", mais aussi dans l’écoute réciproque en se "regardant dans les yeux" pour partager les expériences des uns et des autres, issus des "parties les plus diverses du monde".Reprenant l’image du polyèdre chère au pape François, Léon XIV a répété que cette assemblée des cardinaux témoigne du mystère de l’Église "par la diversité des origines et des âges et par l’unité de la grâce et de la foi qui nous rassemble et nous fraternise" Il a reconnu que face à la "‘grande foule’ d’une humanité affamée de bien et de paix, dans un monde où la satiété et la faim, l’abondance et la misère, la lutte pour la survie et le vide existentiel désespéré continuent de diviser et de blesser les personnes, les nations et les communautés", les cardinaux peuvent se sentir "inadéquats et dépourvus de moyens". Il a ainsi dressé un parallèle avec l’attitude des disciples dans le récit de la multiplication des pains, dans l’extrait de l’Évangile selon saint Marc qui venait d’être lu.

    Pas de solutions immédiates, mais un discernement

    "Nous ne parviendrons pas toujours à trouver des solutions immédiates aux problèmes auxquels nous sommes confrontés", a pointé Léon XIV, en demandant toutefois aux cardinaux de s’aider mutuellement et de l’aider à "trouver les ‘cinq pains et deux poissons’ que la Providence ne manque jamais de fournir là où ses enfants demandent de l’aide". En reconnaissant que la responsabilité des cardinaux partagées avec le successeur de Pierre est "grave et lourde", le pape s’en est remis à une citation des Confessions de saint Augustin pour exprimer cette demande à Dieu : "Donne ce que tu commandes et commande ce que tu veux". (cath.ch/imedia/mp)

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