En rencontrant les employés de la secrétairerie d’État le 5 juin 2025, Léon XIV a vivement remercié ses collaborateurs travaillant au cœur de l’administration de l’Église catholique. Il a invité cet organe central du Vatican à partager la responsabilité de son ministère, tout en se situant dans le processus de réforme entamé par François.
Introduisant la rencontre après de longs applaudissements, le cardinal Pietro Parolin, responsable de la secrétairerie d’État, a présenté au nouveau pontife les 246 employés travaillant dans les trois sections de cette institution – 181 dans la section pour les affaires générales, 59 dans la section pour les relations avec les États et les organisations internationales et 6 dans la section pour le personnel diplomatique. Dans son discours, Léon XIV s’est félicité que «près de la moitié» d’entre eux soient des laïcs et que plus de 50 soient des femmes.
Le nouveau pape, qui fêtera un mois de pontificat le 8 juin, a exprimé à plusieurs reprises sa «vive gratitude» à la secrétairerie d’État pour sa collaboration dans ses «premiers pas». «Je suis réconforté de savoir que je ne suis pas seul et que je peux partager avec vous la responsabilité de mon ministère universel», a-t-il confié. Et de sortir de ses notes pour assurer: «Le pape ne peut pas avancer tout seul.»
Des tâches qui peuvent être «mal comprises»
Évoquant l’histoire de cette institution qui s’est «considérablement développée» depuis sa naissance à la fin du XVe siècle, Léon XIV a reconnu que ses tâches étaient «très exigeantes» et pouvaient «parfois être mal comprises». Sous le pontificat de François, la réforme de la Curie a diminué le pouvoir de la très puissante secrétairerie d’État. Le mode de gouvernement du pontife argentin, qui n’hésitait pas à contourner cet organe, et ses discours critiquant la lourdeur de l’appareil administratif, ont aussi pu faire grincer des dents.
Élu dans ce contexte délicat, Léon XIV – qui travaillait lui-même depuis deux ans au sein de la Curie – a exprimé à ses collaborateurs sa «proximité» et a salué leur travail «presque toujours caché». Le 25 mai dernier, lors d’une messe à la cathédrale Saint-Jean-de-Latran, le nouveau pape avait tenu également un discours conciliateur devant les fidèles du diocèse de Rome, éprouvés eux aussi par une réforme. La veille, il avait aussi rendu hommage aux employés de la Curie romaine, sur un ton qui contrastait avec les critiques de François.
Dans le sillage de la réforme
Devant la Secrétairerie d’État, Léon XIV n’a pas pour autant éludé le travail de réforme en cours, faisant remonter ce chantier à Paul VI. Il a défendu la ligne de la Constitution apostolique Praedicate Evangelium publiée en 2022 par François. Insistant sur le rôle de la secrétairerie d’État de «coordination des autres dicastères et institutions du Siège Apostolique», il lui a demandé de «tisser la communion entre l’Église de Rome et les Églises locales, ainsi que les relations d’amitié au sein de la Communauté internationale».
Citant toujours Paul VI, le pontife a souhaité «que ce lieu ne soit pas pollué par des ambitions ou des antagonismes». Il les a invités à être des «frères et fils du pape», et les a remerciés de prier pour lui au quotidien, avant de glisser: «Cela je l’espère.» (cath.ch/imedia/ak/rz)