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    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
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    Le dominicain britannique Timothy Radcliffe est l'un des 21 nouveaux cardinaux nommés par le pape © Grégory Roth

    Le cardinal Radcliffe, le conférencier charismatique et «star» du Synode 

    Créé cardinal le 7 décembre 2024, Timothy Radcliffe est entré il y a près de 60 ans au sein de l’Ordre des prêcheurs. Le britannique de 79 ans incarne la vocation de sa congrégation religieuse. Avec une dizaine de livres publiés en 24 langues, et des conférences aux quatre coins du globe, sa renommée d’orateur n’est plus à faire.

    Au Vatican, la voix de Timothy Radcliffe a porté ces dernières années l’esprit du Synode sur la synodalité, chantier du pape François voulu pour rendre l’Église moins cléricale, plus participative et plus inclusive.

    L’ancien supérieur des dominicains, qui exceptionnellement reste prêtre, ne sera pas ordonné évêque comme le sont d’ordinaire les cardinaux. Il continuera à porter la bure blanche et non pas la pourpre cardinalice.

    Le chaos des années 1960

    Le dominicain britannique a révélé avoir ressenti «un choc total» en apprenant la nouvelle de sa promotion. Il ne restera électeur en cas de conclave que quelques mois, jusqu’à son 80e anniversaire en août prochain. Quoiqu’il en soit, il pourrait peser dans le choix du prochain pape, étant une figure reconnue et appréciée pour son sens du compromis.

    Né le 22 août 1945, Timothy Radcliffe est entré au sein de l’Ordre des prêcheurs à l’âge de 20 ans, en 1965. Il s’est formé en théologie à Paris, auprès d’Yves Congar, et à Oxford. Il a été ordonné prêtre le 2 octobre 1971. «J’ai vécu les années 1960, très troublées, et tout le monde quittait l’ordre […]. C’était une période de chaos », confiera-t-il par la suite, assurant qu’il s’est «accroché» à sa voie religieuse parce qu’il a reçu «de grands et beaux enseignements».

    Humour britannique

    Au début de son ministère, il a notamment enseigné l’Écriture sainte à Oxford – ville où il réside encore aujourd’hui, au Blackfriars Hall Oxford, une institution de l’université. Timothy Radcliffe a été par la suite prieur du couvent d’Oxford de 1982 à 1988, puis provincial d’Angleterre de 1988 à 1992.

    Au fil des ans, sa popularité a acquis une dimension internationale, ses livres de vulgarisation de la foi rencontrant un grand succès. En bon dominicain, il rejette le terme «spiritualité» par lequel la critique a souvent caractérisé ses écrits, préférant s’en référer à une pensée théologique. Sa popularité lui valut même d’être présenté comme un “papabile” par certains médias lors du conclave de 2005, bien qu’il ne fût pas cardinal.

    Dans son style de prédication, il puise abondamment dans les auteurs profanes, la poésie, la littérature, surprenant son auditoire en prenant des lieux communs à contrepied. Surtout, il parsème ses propos de traits d’humours qu’il décoche avec son flegme britannique imperturbable. «Je ne suis que trop conscient, lorsque je m’adresse à un auditoire, que si je ne reste pas en contact avec lui et ne partage pas une blague ou une larme toutes les deux ou trois minutes, il s’endormira», explique-t-il.

    Supérieur de l’ordre des dominicains

    Élu maître général des dominicains en 1992, le Père Timothy Radcliffe est devenu le 84e successeur de saint Dominique. À ce poste jusqu’en 2001, il a voyagé sur tous les continents (sauf l’Antarctique, note le site de sa congrégation) pour visiter les diverses communautés, donner des conférences et animer des retraites. Il a fondé le réseau de bénévoles laïcs envoyés en mission Dominican Volunteers International et a contribué à l’établissement du bureau de représentation des franciscains et des dominicains auprès des Nations unies.

    Timothy Radcliffe a été par ailleurs directeur de l’Institut Las Casas de Blackfriars Hall, qui promeut la justice sociale et les droits de l’homme, de 2014 à 2016. Au sein de la Curie romaine, il a été nommé en 2015 consulteur du Conseil pontifical pour la justice et la paix – aujourd’hui englobé au sein du dicastère pour le Service du développement humain intégral. Et il siège au Conseil sur les approches chrétiennes de la défense et du désarmement.

    Au-delà des clivages

    Le conférencier a reçu de nombreuses reconnaissances. Il a été lauréat du prix Michael Ramsey pour son livre What Is the Point of Being a Christian (Pourquoi donc être chrétien?) en 2007, et il a reçu des doctorats honorifiques de 13 universités, dont Oxford, Fribourg et l’Angelicum à Rome. Il est également «Freeman» de la ville de Londres, une association qui promeut des activités notamment caritatives dans la capitale du Royaume Uni.

    Le célèbre prédicateur britannique, qui s’est récemment remis d’un grave cancer de la mâchoire qui a momentanément perturbé son élocution, a été nommé par le pape François assistant spirituel des deux assemblées mondiales du Synode sur la synodalité, où ses méditations ont été appréciées et remarquées. Au fil de ses interventions, le Père Timothy n’a eu de cesse d’appeler à dépasser les clivages «progressistes / conservateurs».

    Proche des malades du sida

    S’il est apprécié au-delà des étiquettes, certains médias défendant une ligne conservatrice considèrent que Timothy Radcliffe est une personnalité «controversée». Son assistance aux malades du sida dans les années 1980 – il a été l’un des premiers prêtres britanniques à leur consacrer une attention pastorale – lui a valu une réputation de «pro-LGBT».

    Si le dominicain n’hésite pas à défendre le bien qui existe dans les relations entre deux personnes de même sexe, il se dit toutefois partisan de la doctrine de l’Église qui réserve le mariage entre un homme et une femme. Au moment de la parution du document Fiducia supplicans (décembre 2023) autorisant les bénédictions de couples homosexuels, il a montré une nouvelle fois sa liberté de parole, critiquant tout autant les esprits rétifs que le manque de concertation qui a caractérisé ce texte de la Doctrine de la foi.

    L’art du paradoxe

    «Les gens pensent que la doctrine est doctrinaire, qu’elle ne permet pas de penser par soi-même. Je dirais que c’est tout à fait faux», a pour habitude d’affirmer Timothy Radcliffe. Il voit dans l’étude de la doctrine «un voyage d’exploration sans fin, un voyage libérateur». «Je pense que le plus grand plaisir est de découvrir que l’on s’est trompé toute sa vie sur un sujet. C’est très libérateur», n’hésite-t-il pas à glisser avec son art du paradoxe.

    Timothy Radcliffe sera pour quelques mois, jusqu’à son 80e anniversaire, l’un des trois cardinaux électeurs britanniques avec Vincent Nichols et Arthur Roche. Il est aussi l’un des deux nouveaux cardinaux dominicains avec l’archevêque d’Alger Jean-Paul Vesco. (cath.ch/imedia/ak/rz)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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