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    Mgr Angelo Becciu, ex-préfet du dicastère pour la cause des saints © Youtube/CTV

    Le cardinal Becciu continue à se dire "présumé innocent"

    Condamné en première instance par la justice vaticane à cinq ans et demi de prison, le cardinal Angelo Becciu, continue à se dire «présumé innocent». Dans une lettre publiée intégralement par les médias du Vatican le 11 novembre 2024, l’ancien substitut de la secrétairerie d’État met en cause l’impartialité de la communication vaticane.

    Après la publication, le 30 octobre dernier, des explications du verdict du grand procès de l’immeuble de Londres, l’ancien substitut de la secrétairerie d’État réfute toute culpabilité dans les affaires le concernant et met en cause l’impartialité de la communication du Vatican.

    Le 16 décembre 2023, le Tribunal de l’État de la Cité du Vatican a condamné le cardinal Becciu à cinq ans et demi de prison et à une lourde amende. En cause : une utilisation illicite de sommes très importantes provenant de la secrétairerie d’État, et ce pendant sept ans, de 2012 à 2019.

    Le cardinal est condamné dans le cadre de trois affaires distinctes: tout d’abord, sa responsabilité dans le détournement de plus de 200 millions d’euros pour un investissement financier non conforme aux règles du Vatican; ensuite, le paiement non justifié de près de 600’000 euros à une soi-disant experte en diplomatie, Cecilia Marogna; enfin le versement illicite de 125’000 euros à une coopérative gérée par des membres de sa famille.

    La défense du cardinal Becciu, qui affirme vouloir «crier son innocence au monde entier», a annoncé depuis plusieurs mois sa volonté de se pourvoir en appel. Pour l’heure, elle n’a pas réagi à la publication des motivations.

    Attaque contre Andrea Tornielli

    Dans sa lettre, tout en reconnaissant "l’équilibre et la précision" de Vatican News depuis le début de l’affaire, le cardinal met en cause un article du 30 octobre du directeur éditorial du dicastère pour la Communication, Andrea Tornielli, commentant les motivations du procès. Récusant "le ton vaguement moralisateur" de ce dernier, il voit dans sa position un "procès d’intention" qui le considère "définitivement condamné". "Il n’est jamais écrit que le procès est en première instance, que tous les accusés ont le droit de faire appel et que, par conséquent, nous sommes tous, et pas seulement moi, présumés innocents", ajoute-t-il.

    L’ancien substitut de la secrétairerie d’État – entre 2011 et 2018 – se décrit comme un "présumé innocent" condamné pour détournement de fonds – dans l’investissement en Sardaigne et à Londres – "alors qu’il n’a bénéficié d’aucun avantage financier", ni lui, ni ses proches.

    Des motivations précises

    Dans les motivations du tribunal, la question des gains personnels du cardinal n’entre pas en ligne de compte. Sur le versement à une coopérative gérée par des membres de sa famille, la justice vaticane se base sur le droit canonique qui interdit expressément la cession d’un bien ecclésiastique "jusqu’au quatrième degré de consanguinité ou d’affinité". Dans l’affaire de l’immeuble de Londres, le tribunal explique que le délit est confirmé à partir du moment où la personne responsable a conscience que son comportement illicite bénéficie à un tiers – notamment l’homme d’affaires Raffaele Mincione.

    Le prélat sarde estime avoir "tout perdu non pas au nom des faits, mais d’une perception idéologique des faits". Selon lui, la présomption d’innocence "n’a jamais existé" dans ce procès. "Depuis ma première conversation avec le pape sur le sujet, j’ai été considéré comme coupable et montré du doigt dans les journaux comme corrompu et même insulté. Il semble que la volonté politique soit uniquement de clore le récit du procès tout en essayant de ne pas nuire au Saint-Siège ou au pape", poursuit le cardinal. "Dommage, cependant, que sur cet autel la vérité doive être sacrifiée", glisse-t-il.

    Une sentence qui omet "totalement" les preuves en sa faveur

    Pour sa défense, il affirme avoir "toujours agi conformément à (ses) prérogatives, sans jamais outrepasser (ses) pouvoirs et toujours avec une totale fidélité au Saint-Siège". Le préfet émérite de la congrégation pour les Causes des saints estime que la sentence omet "totalement" les preuves en sa faveur.

    Il "rejette fermement" les allégations selon lesquelles il aurait trompé le pape en obtenant de lui l’autorisation d’utiliser six cent mille euros sous le prétexte de la libération d’une religieuse enlevée au Mali, alors que cette somme aurait été destinée à la femme d’affaires Cecilia Marogna. "Cette douloureuse initiative a été menée par moi uniquement et exclusivement pour réaliser l’opération humanitaire convenue avec le pape, sans aucun autre but", se justifie-t-il.

    Quant à l’investissement financier de Londres, le cardinal redit que l’utilisation de cette somme avait reçu "l’approbation du supérieur de l’époque", et que "des investissements similaires ont existé" dans l’histoire des finances du Saint-Siège.  (cath.ch/imedia/ak/ic/mp)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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