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    Proces-immeuble-Londres

    Immeuble de Londres: la défense veut invalider des décrets du pape François

    Dans le procès en appel de l’immeuble de Londres, la défense a tenté une dernière fois le 5 février 2026 de faire invalider des décrets du pape François. Elle voudrait obtenir par ce moyen l’annulation du premier procès.

    « On vous a demandé de passer outre saint Thomas d’Aquin et le christianisme », a assuré un avocat de la défense aux juges lors de l’audience animée du procès en appel de l’affaire dite ‘de l’immeuble de Londres’ qui s’est tenue au Vatican le 5 février 2026. La phase procédurale s’est conclue, et le tribunal va décider prochainement de la poursuite du procès ou, comme le réclament les défenses, d’une éventuelle nullité du procès en première instance, qui avait abouti en 2023 à la condamnation de neuf personnes, dont le cardinal Angelo Becciu, ancien substitut.

    Longue de près de cinq heures, cette septième audience du procès en appel, à laquelle a assisté I.MEDIA, était la dernière opportunité pour les parties de débattre du cadre procédural, après d’âpres échanges les deux jours précédents. Comme lors des séances précédentes, les discussions se sont concentrées sur le statut de quatre rescrits signés à partir de 2019 par le pape François, qui avaient élargi le champ d’action du promoteur de justice (procureur) afin de lui permettre d’enquêter après des signalements concernant les finances de la secrétairerie d’État.

    Le cardinal Becciu condamné en première instance

    L’investigation de la justice vaticane, portant notamment sur un immeuble acquis à Londres en 2014, qui a par la suite donné son nom à l’affaire, avait abouti à l’ouverture d’un procès en juillet 2021. Ce dernier s’était conclu en décembre 2023 par la condamnation de neuf personnes, dont le cardinal Becciu, l’un des plus proches collaborateurs du pape qui avait écopé de cinq ans et demi de prison. Tous les condamnés se sont pourvus en appel, et leur défense a tenté, ce jeudi, de démontrer une nouvelle fois que le procès n’aurait jamais dû avoir lieu en raison de l’invalidité des rescrits signés par François.

    « Ces rescrits avaient un sens à l’époque, mais ils n’en ont plus aujourd’hui, et nous avons subi des conséquences graves qui ont porté atteinte à nos droits », a insisté Me Cataldo Intrieri, avocat de l’ancien employé du Vatican Fabrizio Tirabassi, soulignant le caractère « fondateur » des décrets secrets du pape argentin. Son confrère Mario Zanchetti, défenseur du banquier italien Enrico Crasso, a estimé qu’ils avaient entraîné un « bouleversement complet du code de procédure pénale » du Vatican. « Je ne pense pas [que le pape François] disposait d’informations suffisantes pour comprendre les effets qui en auraient découlé », a-t-il assuré, reconnaissant néanmoins n’avoir « aucun élément permettant d’affirmer que le pape a été trompé par quelqu’un ».

    Thomas d’Aquin en renfort

    Visiblement inspiré par un saint Thomas d’Aquin représenté sur les fresques de la salle du tribunal, un autre avocat d’Enrico Crasso, Me Luigi Panella, l’a décrit comme un «personnage extraordinaire», citant son argumentation, dans la Somme théologique, sur la nécessaire publication d’une loi. « On vous a demandé de passer outre saint Thomas d’Aquin et le christianisme », a-t-il déclaré aux juges, critiquant vivement les arguments présentés par les parties civiles la veille, qui avaient assuré que c’était la signature et non la publication qui donnait force de loi aux rescrits du pape.

    «Il n’est pas nécessaire d’être saint Thomas ou Moïse pour comprendre les raisons pour lesquelles le rescrit n’a pas été publié», a estimé Me Massimo Basso, second avocat de Fabrizio Tirabassi, désignant du doigt le ‘docteur angélique’, puis saint Bonaventure, saint Augustin et saint Ambroise, eux aussi présents au-dessus des têtes de l’assemblée. Selon lui, l’erreur viendrait « d’un fonctionnaire qui tente maintenant d’en attribuer la responsabilité à d’autres ».

    « Personne ne veut sous-estimer l’enseignement de saint Thomas », a assuré Elise Scaroina, avocate de la secrétairerie d’État (partie civile). Notant que le théologien du XIIIe siècle avait aussi affirmé que « la loi est raisonnable », elle a rappelé le contexte délicat et inédit dans lequel le pape avait été amené à signer ces décrets. Mais, a-t-elle insisté, « nous sommes dans le domaine de l’exercice du pouvoir souverain, il n’est donc pas opportun de discuter des raisons de la décision, sans doute difficile, du Saint-Père ».

    Les juges doivent maintenant décider de la poursuite ou non du procès

    L’avocat du cardinal Becciu, Me Fabio Viglione, a pour sa part préféré insister sur la non-accessibilité supposée de certaines pièces du dossier lors du premier procès, mettant directement en cause un membre de la gendarmerie vaticane. Il a aussi invité à ne pas nier la « centralité » dans cette procédure du témoignage de Mgr Alberto Perlasca, ancien responsable des finances de la secrétairerie d’État. Son témoignage, mis en cause par la défense, est en outre suspecté d’avoir été influencé par un tiers à l’insu du Bureau du promoteur de justice Alessandro Diddi. Ce dernier, mis sous pression, a récemment décidé de ne pas prendre part au procès en appel.

    L’avocat de l’Institut pour les œuvres de religion (partie civile), Me Roberto Lipari, a tenu à rappeler que, dans le jugement de première instance, les témoignages de Mgr Perlasca avaient été décrits comme « peu fiables et contradictoires et donc inutilisables aux fins de la décision ».

    Au terme de l’audience, le président du tribunal, Mgr Alejandro Arellano Cedillo, a annoncé que la phase procédurale était terminée, que l’audience prévue vendredi était donc annulée et qu’une nouvelle audience serait annoncée plus tard. La cour d’appel devrait probablement publier une ordonnance pour répondre aux demandes de nullité émises par la défense. Sauf si ces dernières venaient à être accueillies favorablement, auquel cas le procès prendrait fin, de nouvelles audiences devraient alors être annoncées pour permettre aux parties de débattre du verdict prononcé en première instance. (cath.ch/imedia/cd/mp)

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