Ce 25 septembre 2025, la Cour d’appel du Vatican a rejeté l’appel du promoteur de justice du Vatican – procureur -, dans le cadre de «l’affaire de l’immeuble de Londres». Les accusés, dont le cardinal Angelo Becciu, ont salué une décision qui fragilise Alessandro Diddi.
«C’est un bon signe, mais il reste encore un chemin à parcourir», a réagi le cardinal Angelo Becciu au troisième jour du procès en appel de «l’immeuble de Londres», une affaire tentaculaire qui aurait fait perdre au Saint-Siège entre 139 et 189 millions d’euros.
Condamné en première instance à cinq ans et demi de prison pour détournement de fonds publics, l’ancien numéro 3 du Vatican et d’autres condamnés avaient demandé en début de semaine « l’irrecevabilité » de l’appel du promoteur de justice. Selon eux, Alessandro Diddi a commis des erreurs dans la procédure pour interjeter appel.
Pour mémoire, même si neuf des dix accusés de l’affaire de l’immeuble de Londres ont été condamnés en décembre 2023 par la justice vaticane, le promoteur de justice avait fait appel, estimant que certains chefs d’accusation avaient été écartés à tort par le juge Giuseppe Pignatone.
La «désinvolture» du procureur ?
Mais dès l’ouverture du procès en appel, la défense a attaqué Alessandro Diddi, estimant qu’il n’avait pas respecté le cahier des charges du recours en se contentant de déposer au juge son réquisitoire de 913 pages. «Il y a eu de la désinvolture de la part du procureur général envers cette Cour», a déploré l’avocat du financier Raffaele Mincione, condamné à cinq ans et demi de prison en première instance.
Après près de deux heures de délibération, le juge Mgr Alejandro Arellano Cedillo a accepté les objections de la défense, déclarant irrecevable l’appel du procureur Diddi. Il a alors rendu un arrêt déclarant définitifs certains acquittements prononcés en première instance.
La Cour n’a toutefois pas étendu sa décision à l’ensemble des décisions de justice auxquelles Alessandro Diddi avait interjeté appel. Aucune explication n’a été donnée par le juge. Selon nos informations, d’autres parties civiles ont pu déposer un recours pour faire appel sur les mêmes décisions de justice.
La décision de Mgr Alejandro Arellano Cedillo fragilise le procureur Diddi, aussi accusé par la défense de ne pas avoir été impartial dans la phase d’instruction de l’enquête et durant le procès. Il aurait selon les avocats des accusés contribué à influencer Mgr Alberto Perlasca, un employé de la secrétairerie d’État, devenu le témoin clé de ce procès historique.
Contrairement à ce qui était prévu, il n’y aura pas d’audience ce vendredi 26 septembre. La Cour d’appel a indiqué que la quatrième audience du procès en appel se tiendrait le 6 octobre. (cath.ch/imedia/cd/mp)