La bisbille entre le maître de chapelle de la cathédrale et l’archevêché de Fribourg-en-Brisgau a pris une tournure inattendue lors de la messe de la veillée de Noël 2024. Des applaudissements ont retenti pendant plus de cinq minutes pour saluer le chef de choeur, empêchant Mgr Stefan Burger de poursuivre la célébration. Signe de reconnaissance ou esclandre délibérée, les avis divergent.
Lettres ouvertes, prises de position, ultimatums: après un incident survenu lors de la messe de Noël dans la cathédrale, un échange retentissant s'est développé entre les membres des chœurs et l'archevêché au sujet du licenciement du maître de chapelle Boris Böhmann, rapporte le journal catholique Tagespost.
Une salve d’applaudissements
Que s'est-il passé? Lors de la messe de Noël célébrée par l'archevêque Stefan Burger dans la cathédrale, les fidèles ont applaudi bruyamment le chef de chœur pendant environ cinq minutes vers la fin de l'office. Selon les médias, Mgr Burger a tenté d'interrompre les applaudissements au bout de plusieurs minutes en lançant un “Prions le Seigneur” mais sans succès.
L’incident en serait probablement resté là si la messe n’avait pas été retransmise en direct par la chaîne de télévision catholique K-TV. Le producteur a arrêté la transmission en insérant à l’écran un bandeau indiquant “qu'en raison d'une perturbation délibérée de la messe, la retransmission ne peut pas se poursuivre”. Il semble clair que cette interruption a été déclenchée par l'archevêché qui mettait le flux images à disposition.
Un hommage?
C'est cette qualification de 'perturbation délibérée' qui a fait exploser le débat autour du départ du maître de chapelle de la cathédrale annoncé il y a quelques temps. Sur le site web de la chorale de la cathédrale, les chanteurs estiment que l'esclandre a consisté en l'interruption inutile du streaming et en l'intervention de l'archevêque. Les fidèles auraient simplement voulu rendre hommage à Boris Böhmann avant son départ. Il n’y a eu ni tumulte ni agression, mais seulement des applaudissements pour ses «magnifiques prestations musicales et pédagogiques».
Une 'perturbation délibérée'?
Un appréciation qui n’est pas partagé du côté de l’archevêché qui estime qu’il s’agissait bien de quelque chose de délibéré. Avant la messe déjà, les choristes avaient distribué des flyers invitant à signer une pétition contre le licenciement de Boris Böhmann.
Les raisons du renvoi du maître de chapelle de la cathédrale, en poste depuis de nombreuses années, n'ont pas été exposées publiquement par l'archevêché, à cause de la protection des données et de la personnalité. Il ne s'agirait toutefois pas d'abus ou de comportement abusif, mais de «dissonances», avec la fabrique de la cathédrale, l’organe responsable de la musique. Ce licenciement a d’ailleurs donné lieu à une procédure judiciaire.
La fabrique de la cathédrale a souligné que «la perturbation répétée des services religieux la veille de Noël et à Noël» n'est «en aucun cas une forme appropriée» pour protester, et que les conflits ne peuvent pas être résolus de cette manière.
Même le pape François est impliqué
De fait, au-delà de l'incident de la messe de Noël, le conflit est vif. Ainsi, le 19 décembre, des membres du chœur de la cathédrale ont mis en ligne une lettre ouverte adressée aux trois successeurs de Boris Böhmann désignés par intérim, les accusant de déloyauté envers leur ancien chef.
Une attitude peu goûtée de la part de l’archevêché. Pour lui, ces personnes qui ont accepté «dans une situation extrêmement difficile d'assumer des responsabilités», me méritent ni insultes publiques, ni ultimatum, pour un conflit auquel elles ne sont pas mêlées.
Pour l'instant, les responsables annoncent qu'ils s'adresseront aux représentants des parents d'élèves et aux porte-parole du chœur au début de l'année prochaine. Mais ceux-ci ne veulent manifestement pas attendre aussi longtemps. Selon journal Bild, les représentants des parents ont même demandé le soutien du pape François en critiquant le manque de volonté de dialogue de Mgr Burger. (cath.ch/tagespost/mp)