Le majestueux édifice de la Cathédrale de Banmaw, dans l'Etat de Kachin, au nord de la Birmanie, incendiée le 16 mars par l'armée birmane, a au moins en partie résisté aux flammes.
La cathédrale «est toujours là, miraculeusement en place» a déclaré à l'Agence vaticane Fides l'évêque de Banmaw, Mgr Raymond Sumlut Gam. Il n'est actuellement pas possible de se rendre dans cette zone pour faire une visite, mais sur une image de drône envoyée à Fides par l'évêque, on peut voir la cathédrale qui, bien que portant des signes évidents de l'incendie qui a dévasté son intérieur, est encore en place sur ses murs d'enceinte et couverte par son toit. Elle n'est donc pas réduite en ruines, comme on le craignait, a expliqué le prélat.
Une zone de guerre
Il s'agit d'une zone de guerre, où les combats font toujours rage entre l'armée régulière du Myanmar et l'Armée pour l'indépendance kachin (KIA). ”Dès le début du mois de décembre de l'année dernière, la zone du complexe catholique de Banmaw (la cathédrale, deux maisons du clergé, le centre pastoral, la maison d'accueil résidentielle) a été au centre des affrontements entre l'armée et les rebelles de la KIA. Avec tout le personnel, religieux, prêtres et laïcs, nous avons dû fuir. Fin février, la bataille s'est malheureusement déroulée à l'intérieur même de nos structures. La cathédrale a été incendiée le 16 mars», note l'évêque. Les règles de la guerre prévoient la protection des édifices de culte, des structures religieuses, des zones qui comprennent un patrimoine historique et culturel. « Mais de toute évidence, dans notre conflit, les règles sont bafouées et des actes de vandalisme sont commis sans scrupules », indique un prêtre birman.
Construite en 1958-1959
La cathédrale Saint-Patrick de Banmaw a été construite par les missionnaires de la Société de Saint-Colomban en 1958-1959 et consacrée en 1960. Les missionnaires de Saint-Colomban arrivèrent à Banmaw au début des années 1930, après que cette région eut été évangélisée un siècle plus tôt par les prêtres des Missions étrangères de Paris (MEP) qui y restèrent de 1856 à 1939. (cath.ch/fides/mp)