Le pape François a ouvert au Vatican, le 3 février 2025, un sommet international sur les droits des enfants, aux côtés de la reine Rania de Jordanie, qui siégeait à sa droite, et de divers leaders politiques et religieux. Le pape a plaidé notamment pour les millions d’enfants «invisibles» qui n’ont pas été déclarés à la naissance.
Une cinquantaine de personnalités se sont réunies au Vatican à l’initiative du Comité pontifical pour la Journée mondiale des enfants instituée par le pape en novembre dernier. Parmi eux: le Prix Nobel de la paix indien Kailash Satyarthi, l’ancienne présidente indonésienne Megawati Sukarnoputri, le rabbin David Rosen ou encore le président de la FIFA Gianni Infantino, venu avec un ballon de foot sous le bras.
Dans son discours introductif, le pape François, qui conclura aussi les travaux de cette journée, a évoqué les «millions d’enfants» dont les droits sont «piétinés». Outre les victimes de la pauvreté et de la guerre, il a mentionné les 150 millions d’enfants «invisibles» qui «n’ont pas d’existence légale» parce qu’ils n’ont pas été enregistrés par leurs parents à leur naissance. Il a cité à ce propos les petits Rohingyas en Birmanie ou les enfants sans papiers à la frontière avec les États-Unis, qui, sans aucune protection juridique, sont une proie facile de l’exploitation.
Le drame des enfants migrants
Le 19 janvier 2025, la veille de l’institution de Donald Trump à la présidence des États-Unis, le pape avait déjà vivement critiqué le programme de la politique migratoire de Donald Trump, le qualifiant de «honte» qui pénaliserait les «pauvres malheureux qui n’ont rien». Formulant à nouveau ce 3 février 2025 une pensée pour les enfants migrants qui meurent pendant les «voyages de l’espérance désespérée», François a jugé qu’il était «inacceptable» que «la vie d’un enfant doive se terminer ainsi».
Le pontife s’est aussi inquiété de la situation des pays les plus riches où l’on enregistre l’augmentation de «jeunes anxieux ou déprimés», d’adolescents violents ou pratiquant l’automutilation. Et de viser «l’individualisme exacerbé des pays développés» où les enfants «sont maltraités ou même tués par ceux qui devraient les protéger et les nourrir» et subissent «la souffrance sociale ou mentale et les dépendances de leurs parents».
«Rien n’a plus de valeur que la vie d’un enfant»
«De plus en plus fréquemment, ceux qui ont la vie devant eux n’arrivent pas à la regarder avec un regard confiant et positif», s’est désolé François en glissant: «C’est triste et préoccupant (...) Rien n’a plus de valeur que la vie d’un enfant», a martelé le pontife, pour qui «tuer les petits, c’est nier l’avenir».
Il s’est élevé particulièrement contre «la culture du rejet et du profit, où tout s’achète et se vend sans respect ni soin pour la vie». Dans cette logique, «la vie naissante est sacrifiée par la pratique meurtrière de l’avortement», a-t-il alors dénoncé, affirmant que l’IVG «coupe la source d’espoir de toute la société».
Il a appelé à ne pas s’habituer à tous ces drames, qui ne doivent pas devenir «une nouvelle normalité». Au fil de son texte, le chef de l’Église catholique a mis en garde contre des «dynamiques médiatiques» qui font perdre «ce qu’il y a de plus noble dans le cœur humain: la pitié, la miséricorde».
La reine Rania plaide pour les enfants-soldats
Comme le pape, qui a dénoncé l’exploitation de mineurs «forcés de combattre sous l’effet de drogues», la reine Rania de Jordanie a plaidé en particulier pour le «droit à l’enfance» dont sont privés les enfants-soldats. Son intervention a été suivie par un panel de prises de parole traitant des droits des enfants sous divers prismes, sociaux, religieux, politiques. (cath.ch/imedia/ak/lb)