La double canonisation de Pier Giorgio Frassati (1901-1925) et de Carlo Acutis (1991-2006), ce dimanche 7 septembre 2025, témoigne de la volonté actuelle de l’Église catholique de promouvoir des figures récentes et jeunes. Néanmoins, leur béatification et leur canonisation ont suivi les procédures canoniques habituelles, avec notamment les authentifications précises d’un miracle attribué à leur intercession pour leur béatification et d’un autre pour leur canonisation.
Bien que de nombreux miracles puissent potentiellement être attribués à l’intercession de Pier Giorgio Frassati, l’Église a officiellement retenu pour sa béatification en 1990 la guérison d’un Italien du Frioul survenue longtemps auparavant, en 1933.
À l’époque, Domenico Sellan avait 40 ans et souffrait d’une maladie tuberculeuse de la colonne vertébrale: il était paralysé et proche de la mort. Un prêtre, don Pietro Martin, lui rendit visite le 28 décembre 1933 dans son village de San Quirino et lui apporta une petite image de prière de Pier Giorgio. Domenico fut miraculeusement guéri et vécut encore 35 ans.
Après plusieurs périodes de mise en pause du dossier, notamment en raison de la réserve de Pie XII quant à la figure de Pier Giorgio Frassati, ce n’est qu’en 1989 que la documentation relative à ce miracle reçut l’approbation définitive. La congrégation pour les causes des saints diffusa une déclaration mettant en avant la «guérison rapide, instantanée et permanente de Domenico Sellan, né en 1892, atteint de la maladie de Pott au niveau des première et deuxième vertèbres lombaires, avec paraplégie, le 28 décembre 1933 à San Quirino». Pier Giorgio Frassati fut déclaré bienheureux par Jean Paul II l’année suivante, le 20 mai 1990.
Guérison d’un séminariste en 2017
Pour la canonisation de Pier Giorgio Frassati, le miracle retenu concerne un jeune prêtre d’origine mexicaine ordonné en juin 2023 pour l’archidiocèse de Los Angeles, et qui a été guéri d’une grave blessure au tendon d’Achille survenue durant un match de basket alors qu’il était séminariste.
Né en 1986 au Mexique, Juan Manuel Gutierrez a vécu le divorce de ses parents à deux ans puis a émigré aux États-Unis à 19 ans pour y retrouver son père, à Omaha. Il renoue avec la foi catholique de son enfance et ressent un appel au sacerdoce. Mais quelques jours après son entrée au séminaire, le 25 septembre 2017, il se blesse gravement en faisant du sport. Après plus d’un mois de mauvais conseils médicaux, il finit par recevoir, lors d’une IRM, le diagnostic d’une rupture du tendon d’Achille.
«Seigneur, par l’intercession du bienheureux Pier Giorgio Frassati, aide-moi pour ma blessure», demande alors le séminariste en débutant une neuvaine dans la chapelle du séminaire, après avoir découvert la figure de ce bienheureux sportif grâce à un documentaire visionné sur YouTube. Il ajoute spontanément: «Je promets que je signalerai toute chose inhabituelle à ceux qui le jugeront nécessaire.»
Pendant la neuvaine, en priant seul dans la chapelle, il ressent une vive chaleur à la cheville, et pleure devant le tabernacle, bouleversé spirituellement. Et cette impression s’accompagne d’une guérison physique: quelques jours plus tard, il retire le plâtre et marche normalement.
«Tu dois avoir quelqu’un là-haut qui prend soin de toi», lui lance le médecin, stupéfait. Le caractère miraculeux de la guérison a été reconnu par l’enquête, puis validé par les commissions médicales, théologiques et épiscopales du Dicastère pour les causes des saints, conduisant à sa reconnaissance formelle par le pape François le 25 novembre 2024.
Les miracles de Carlo Acutis
Bien que l’Italien Carlo Acutis soit décédé il y a moins de 20 ans, la dévotion l’entourant a conduit à faire remonter de nombreux témoignages dans le cadre de l’enquête canonique. Le miracle ouvrant la voie à sa béatification a été officiellement reconnu le 21 février 2020: il s’agissait de la guérison scientifiquement inexplicable, survenue en 2013, d’un enfant brésilien, Matheus, qui présentait une malformation grave et potentiellement fatale du pancréas.
La famille de l’enfant avait invoqué Carlo Acutis en déposant sur ce jeune Matheus un pyjama taché de sang que le jeune Italien avait porté peu avant de mourir. L’amélioration de son état de santé fut immédiate, assurèrent les témoins de la scène survenue publiquement, dans une église. La béatification de Carlo Acutis a ainsi pu être célébrée à Assise le 10 octobre 2020, avec une participation des fidèles réduite en raison de la pandémie de Covid-19.
Jeune Costaricienne guérie inexplicablement
Le second miracle nécessaire pour sa canonisation se rapporte à un accident de vélo subi le 2 juillet 2022 à Florence, par une jeune étudiante en mode, Valeria. Native du Costa Rica, elle vivait en Italie pour ses études depuis 2019. Hospitalisée dans un état critique et opérée pour un traumatisme crânien, la jeune femme a bénéficié des prières de sa mère, Liliana, qui s’est rendue sur la tombe de Carlo Acutis pour demander son intercession.
De retour à l’hôpital, Liliana a pu constater de rapides améliorations de l’état de santé de sa fille, qui a été libérée des soins intensifs dix jours plus tard et pu mener une thérapie de rééducation beaucoup plus rapide que ce que ses médecins avaient prévu, et sans aucune séquelle de son traumatisme initial. La jeune femme, qui a pu se rendre en prière avec sa mère sur la tombe de Carlo Acutis, mène actuellement une vie normale et termine ses études.
Le pape François a donné son approbation en mai 2024 pour que ce miracle attribué à l’intercession du bienheureux Carlo Acutis soit formellement authentifié, ouvrant donc la voie à sa canonisation. (cath.ch/imedia/cv/rz)