«La Mare Nostrum peut et doit être un lieu de rencontre, un carrefour de fraternité, un berceau de vie et non un tombeau pour les morts», a déclaré le pape Léon XIV en recevant le Conseil des jeunes de la Méditerranée, le 5 septembre 2025.
Dans le sillage du pape François, Léon XIV a exhorté les jeunes chrétiens du pourtour méditerranéen à ne pas se résigner face à un monde où la violence semble prévaloir. «N’ayez pas peur», a lancé le pape Léon XIV aux 34 délégués du Conseil des jeunes de la Méditerranée, une organisation inspirée par l’Église italienne après les grandes rencontres sur la Méditerranée de Bari (2020) et de Florence (2022). Venus de 20 pays proches de la Mare Nostrum – Espagne, Algérie, Syrie, Irak, Liban, Slovénie, France, etc.- , ces jeunes catholiques ont travaillé toute la semaine sur le thème de la paix, de l’environnement et de la fraternité.
« Vous démontrez que le dialogue est possible, que les différences sont une source d’enrichissement et non un motif de conflit, que l’autre est toujours un frère et une sœur, jamais un étranger ou, pire, un ennemi », a salué Léon XIV. Le pape n’a pas caché la difficulté de la tâche en cette « époque déchirée par les conflits et la violence, où la course aux armements et la logique d’oppression l’emportent sur le droit international et le bien commun ». Mais il a insisté : « Pour les croyants, l’avenir n’est pas fait de murs et de barbelés, mais d’accueil mutuel ».
La Méditerranée, phare pour la paix dans le monde
Reprenant l’intuition de Giorgio La Pira (1904-1977), Léon XIV a rappelé que l’ancien maire de Florence était convaincu que la paix en Méditerranée « serait le début, et presque le fondement, de la paix entre toutes les nations du monde ». Le chef de l’Église catholique a alors souhaité que cette mer soit un « berceau de vie, et non un tombeau pour les morts ». Le pape François avait à de nombreuses reprises utilisé cette formule pour dénoncer l’indifférence face aux milliers de personnes noyées dans la Méditerranée en tentant de gagner les côtes européennes. De 2014 à 2020, plus de 20.000 migrants y sont décédés, selon l’ONU.
Alternant dans son discours entre l’italien et l’anglais, Léon XIV a dit toute sa confiance en la nouvelle génération pour cultiver la paix. « La paix est à l’ordre du jour des dirigeants internationaux, elle fait l’objet de discussions mondiales, mais malheureusement, elle est souvent réduite à un simple slogan », a-t-il prévenu, invitant les jeunes à être des « des tisseurs d’unité là où règnent la polarisation et l’inimitié » et « la voix des sans-voix pour exiger justice et dignité ».
«Il nous a encouragés à prendre soin de nos relations»
Romain, 24 ans, envoyé par son évêque de Montpellier pour participer au Conseil, a été « particulièrement touché » par les paroles du pape. « Il nous a encouragés à prendre soin de nos relations, de nos familles, de nos communautés », confie-t-il à I.MEDIA. Après des études de linguistique, cet artisan potier a décidé de consacrer une année de service civique à la paix en Méditerranée. Il s’est investi dans le projet Med25 et à l’odyssée du bateau le Bel Espoir. Ce trois-mâts de 29 mètres est parti en mars dernier de Barcelone avec pour mission de relier les cinq rives du Bassin avec à bord des jeunes de tout le pourtour. Romain a fait la première étape jusqu’au Maroc.
« En entendant Léon XIV ce matin, j’ai fermé les yeux. Il mettait des mots sur ce que j’avais pu vivre sur le Bel Espoir, des choses très concrètes, très simples. Oui, la paix commence par la proximité », témoigne le jeune homme qui a remercié le pape en français.
Dans son discours, Léon XIV a cité Charles de Foucauld, canonisé par le pape François en 2022. Pour encourager les jeunes à ne pas baisser les bras, le nouveau pape les a assurés que « Dieu se sert même des vents contraires pour nous conduire au port ».
À la fin du mois d’octobre, Léon XIV pourrait recevoir des nouvelles du Bel Espoir. À l’occasion des 60 ans de Nostra aetate – la déclaration de l’Église qui a renouvelé son rapport aux autres religions -, une délégation de participants au projet Med25 devrait rencontrer le pontife américain. L’aventure du Bel Espoir est notamment portée par le diocèse de Marseille et son archevêque Jean-Marc Aveline. Le cardinal français avait été missionné par le pape François pour soutenir des initiatives de paix en Méditerranée. (cath.ch/imedia/hl/mp)