L’une des premières nominations institutionnelles du nouveau pape Léon XIV concerne l’Institut pontifical de théologie Jean Paul II pour les sciences du mariage et de la famille, a annoncé le Saint-Siège le 19 mai 2025. Le cardinal Baldassare Reina, vicaire général du diocèse de Rome et grand-chancelier de l’Université pontificale du Latran, devient aussi le grand-chancelier de cet institut installé dans les murs de cette université.
Le cardinal Baldassare Reina succède à Mgr Vincenzo Paglia, qui a atteint l’âge limite de 80 ans le 21 avril dernier, jour du décès du pape François. Sa succession a donc pris quelques semaines de retard en raison du changement de pontificat. Mgr Paglia, qui avait auparavant présidé l’alors conseil pontifical pour la Famille de 2012 à 2016, occupait cette charge de grand-chancelier de l’Institut Jean Paul II depuis neuf ans.
Renforcement des liens avec le diocèse de Rome
Le cardinal Baldassare Reina, originaire de Sicile, a notamment été le recteur du séminaire d’Agrigente de 2013 à 2022. Il a ensuite été appelé par le pape François à Rome en tant qu’évêque auxiliaire, puis vice-gérant en 2023. À partir d’avril 2024, il a exercé la fonction de vicaire général par intérim après le départ du cardinal Angelo De Donatis, devenu pénitencier majeur.
Promu cardinal et vicaire général de plein droit à l’automne 2024, Baldassare Reina est donc devenu archiprêtre de la basilique Saint-Jean-de-Latran, qui est la cathédrale du diocèse de Rome, et grand-chancelier de l’Université pontificale du Latran. Le fait d’avoir un grand-chancelier commun pour l’Université et l’Institut Jean Paul II permettra de renforcer le lien avec le diocèse de Rome.
L’institut garde son autonomie
Mgr Philippe Bordeyne, président de cet institut pontifical, explique à l’agence I.MEDIA que ce lien avec le diocèse de la capitale italienne se manifeste déjà par plusieurs programmes. Il mentionne notamment une série de huit cours ouverts à tous les fidèles, ou une formation sur le thème «Leadership et synodalité», qui sera proposée à l’automne pour l’ensemble du réseau des universités liées au Saint-Siège.
Le prêtre français souligne aussi «la dimension internationale» apportée par cet institut qui dispose de sections dans cinq pays différents, ce qui apporte un levier d’attractivité intéressant pour l’Université pontificale du Latran. L’Institut Jean Paul II, qui dispense des formations de deuxième et de troisième cycle, gardera toutefois son autonomie.
Le cardinal Bustillo envoyé spécial à Paray-le-Monial
Le pape Léon XIV a en outre nommé le cardinal François Bustillo, évêque d’Ajaccio, comme son envoyé spécial pour les célébrations conclusives du 350e anniversaire des apparitions du Sacré-Cœur de Jésus à sainte Marguerite-Marie Alacoque, prévues le 27 juin 2025, annonce le Saint-Siège le 19 mai.
Marguerite-Marie Alacoque (1647-1690), religieuse de l’ordre de la Visitation à Paray-le-Monial, en Bourgogne, rapporta avoir été témoin de trois apparitions du Sacré-Cœur» de Jésus: le 27 décembre 1673, en 1674, puis en juin 1675.
L’expérience mystique de cette Française a profondément renforcé la dévotion populaire envers le Cœur de Jésus, perçu comme un symbole de l’amour divin du Christ, incarné en homme et sacrifié pour l’humanité sur la croix. Le Cœur est souvent représenté enflammé, surmonté d’une croix et entouré de la couronne d’épines portée par Jésus lors de la Passion.
«Journées du Sacré-Cœur»
Au XIXe siècle, la dévotion au Sacré-Cœur s’est particulièrement intensifiée, transformant Paray-le-Monial en un lieu de pèlerinage majeur. En 1875, le pape Pie IX a élevé l’église locale au rang de basilique mineure. Depuis 1985, le sanctuaire est confié à la communauté de l’Emmanuel, qui y accueille chaque année des dizaines de milliers de fidèles.
Pour commémorer les 350 ans des apparitions, le diocèse d’Autun — dans lequel se situe le sanctuaire — et la communauté de l’Emmanuel ont lancé un grand Jubilé. Il a été ouvert le 27 décembre 2023 et se conclura avec les «Journées du Sacré-Cœur», du 27 au 29 juin prochains.
Le pape François avait particulièrement mis en valeur la dévotion au Cœur de Jésus dans sa dernière encyclique Dilexit nos, publiée le 24 octobre 2024. Dans ce texte à forte portée spirituelle, le pontife argentin avait consacré plusieurs paragraphes à l’expérience «pleine de feu et de tendresse» vécue par sainte Marguerite-Marie Alacoque. (cath.ch/imedia/cd/cv/rz)