«Servir le prochain, c’est aimer Dieu dans la pratique», affirme le pape Léon XIV à l’occasion de la Journée mondiale du malade qui sera célébrée le 11 février 2026. Dans un message rendu public le 20 janvier, il invite les chrétiens à se donner personnellement aux malades, assurant que la compassion pour ces derniers n’est « ni théorique, ni sentimentale ».
« Nous vivons immergés dans une culture de l’instantanéité, de l’immédiateté, de la précipitation, mais aussi du rejet et de l’indifférence », constate le pape dans ce message de moins de trois pages, écrit à l’occasion de la 34e Journée mondiale du malade qui se tiendra le 11 février. S’inspirant de l’encyclique Fratelli tutti du pape François, écrite en 2020, en pleine pandémie de Covid-19, son successeur commente la parabole du «bon Samaritain».
Dans celle-ci, Jésus raconte à ses disciples comment un homme de la région de Samarie vient au secours d’une personne laissée pour morte au bord d’une route, après que deux dignitaires juifs ont passé leur chemin. Selon lui, le Samaritain montre que «personne n’est le prochain d’un autre tant qu’il ne s’en approche pas volontairement », indiquant donc comme chemin la « miséricorde ».
«Être prochain ne dépend pas de la proximité physique ou sociale, mais de la décision d’aimer », insiste le chef de l’Église catholique, assurant qu’il ne s’agit pas de faire de la « philanthropie », mais d’avoir une « participation personnelle aux souffrances de l’autre ». Pour cela, il faut que « notre personne fasse partie du don » adressé au malade, de la même manière que le Christ s’est donné à l’humanité « par amour », affirme-t-il.
Léon XIV met en avant la compassion, « caractéristique distinctive de l’amour actif », qui n’est « ni théorique, ni sentimentale ». Il insiste sur le fait de ne pas agir seul pour venir en aide aux malades, rapportant que, dans son expérience de missionnaire au Pérou, il avait vu un « réseau de relations » capable de dépasser le simple engagement individuel, un signe de l’unité au sein des communautés chrétiennes selon lui.
De plus, « servir le prochain, c’est aimer Dieu dans la pratique », assure le pape. Il souligne combien l’amour du plus petit permet de détourner l’homme d’une vision de la dignité erronée fondée « sur des stéréotypes de réussite, de carrière, de position ou de lignée » et l’aide à retrouver sa « vraie position devant Dieu et devant notre frère ».
Euthanasie : non à une «compassion court-circuitée»
Dans sa lettre, le pape confirme, comme annoncé en novembre dernier, que la Journée mondiale du malade serait célébrée cette année dans le diocèse de Chiclayo, dont il fut l’évêque de 2015 à 2023. C’est le pape François qui avait choisi le Pérou l’année précédente, a rappelé le cardinal Michael Czerny, préfet du dicastère pour le Service du développement humain intégral, qui sera le représentant du pape à Chiclayo lors de la célébration.
Interrogé lors d’une conférence de presse organisée au Vatican sur les politiques qui autorisent une forme d’euthanasie dans le monde, le cardinal canadien a déploré une forme de « compassion court-circuitée » et a encouragé les chrétiens non pas à « se disputer », mais à témoigner concrètement de la compassion dans leur vie. En France, en réaction à un projet de loi sur la légalisation de l’aide à mourir, les évêques français ont publié le 15 janvier dernier une tribune pour s’élever contre la légalisation du droit de tuer qui franchirait selon eux une ligne rouge. « L’abandon ce n’est pas la compassion », a confirmé, lors de la même conférence le Père Michel Daubannes, recteur du sanctuaire marial de Lourdes.
« Nous nous découvrons tous blessés et donc, en même temps, tous guéris par le Christ, le divin samaritain », a expliqué le prêtre français, rappelant que la Journée mondiale du malade est célébrée chaque 11 février en la fête de Notre-Dame de Lourdes. Interrogé par I.MEDIA, le père Daubannes a dit espérer que Léon XIV puisse visiter Lourdes « prochainement ». Il a confirmé lui avoir transmis une invitation lors d’une audience en juin avec Mgr Jean-Marc Micas, évêque de Tarbes-Lourdes, mais a assuré ne pas savoir quand un tel voyage pourrait avoir lieu. (cath.ch/imedia/cd/mp)
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