Mettre à jour les lois existantes et promouvoir des normes éthiques pour encadrer les nouvelles technologies. C’est le nouvel appel de Léon XIV afin de protéger les enfants des risques de manipulation par les algorithmes,
Le pape a reçu le 13 novembre 2025. les 120 participants à une conférence internationale organisée la veille à Rome sur la dignité des enfants et des adolescents à l’ère de l’intelligence artificielle. Des experts du monde académique, scientifique et technologique, y ont participé sous l’égide de l’association italienne de protection des droits de l’enfant Telefono Azzurro et de la Fondation Child.
Dns son discours, Léon XIV a évoqué les "questions éthiques importantes" soulevées par l’utilisation de l’IA par les jeunes générations. "Les enfants et les adolescents sont particulièrement vulnérables à la manipulation à travers des algorithmes d’intelligence artificielle qui peuvent influencer leurs décisions et leurs préférences", a-t-il déclaré.
Afin de les protéger, il a souhaité le développement d’outils "pour surveiller et guider les interactions des jeunes avec la technologie". Il a appelé les gouvernements et les organisations internationales à mettre en place des politiques en ce sens, incitant à "la mise à jour des lois existantes sur la protection des données" et "la promotion de normes éthiques pour le développement et l’utilisation de l’intelligence artificielle".
Pour le pape cependant, la protection de la dignité des enfants ne dépend pas seulement des politiques. Il a recommandé qu’une éducation numérique afin d’éviter les risques liés à une utilisation de l’intelligence artificielle "prématurée, sans limite et sans surveillance". Il faut "que l’intelligence artificielle soit un allié et non une menace dans la croissance et le développement des enfants et des adolescents."
L’attention spéciale du pape à la révolution technologique
Depuis son élection, le 8 mai dernier, le pape Léon XIV a parlé à de nombreuses reprises de l’Intelligence artificielle et des nouvelles technologies. Le 10 novembre encore, il se préoccupait du « potentiel destructeur de la technologie » si celle-ci est influencée par des « idéologies antihumaines », dans un message à un Congrès international organisé à Rome. Le 6 novembre, il invitait à « mettre la technologie au service de l’évangélisation et du développement intégral de chaque personne ».
À la mi-septembre, il demandait aux théologiens de travailler sur l’IA afin de « donner des réponses avisées aux défis numériques ». En juillet, à l’occasion du sommet « L’IA au service du bien » organisé à Genève, il exhortait à une « clarté éthique » dans la régulation de l’intelligence artificielle. Un mois plus tôt, il s’inquiétait des conséquences de l’IA chez les enfants, dans un message à l’occasion d’une conférence sur le sujet au Vatican.
Quelques heures après l’élection de Léon XIV, le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, Matteo Bruni, avait prévenu que le nom du nouveau pape était une référence aux travailleurs « à l’époque de l’intelligence artificielle ». Le cardinal Prevost a en effet choisi de marcher sur les traces du pape Léon XIII, auteur de la première encyclique sociale Rerum novarum (1891), qui a précisé la pensée de l’Église face aux conséquences de la révolution industrielle. (cath.ch/imedia/ak/mp)