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    Joseph Ratinzger et Hans Küng dans leurs jeunes années © Via I.MEDIA

    Hans Küng serait responsable de la réputation de 'Panzerkardinal' de Benoît XVI

    Le théologien allemand Hans Küng (1928-2021) serait «la source» de la réputation de dureté attribuée à Joseph Ratzinger, surnommé Panzerkardinal ou «rottweiler de Dieu», a expliqué Mgr Georg Gänswein, l’ancien secrétaire de Benoît XVI, lors d’une conférence organisée à Rome le 21 novembre 2024 à l’occasion de la publication du 13e tome des Œuvres complètes (Opera Omnia) du pape et théologien allemand par la Librairie Éditrice Vaticane (LEV).

    Ce 13e volume de l’Opera Omnia de Joseph Ratzinger rassemble des interviews accordées par le théologien allemand à différents médias entre 1969 et 2004, notamment sa première interview connue, accordée au Kleine Zeitung quatre ans après la fin du Concile Vatican II, sous le titre «Il faut maintenir l’ouverture». Plusieurs de ces entretiens, essentiellement destinés à la presse germanophone – notamment au Frankfurter Allgemeine Zeitung, à Die Tagespost, ou encore à l’édition allemande de L’Osservatore Romano – n’avaient jamais été traduits en italien ni édités sous forme de livre.

    Le pape allemand fut, à sa façon, «un grand communicateur»

    Lors de cette conférence de présentation, le père Federico Lombardi, président de la Fondation Joseph Ratzinger-Benoît XVI, a reconnu que Benoît XVI est souvent considéré comme plus timide que son prédécesseur Jean-Paul II, qui fut plus à l’aise que lui dans «le rapport aux masses», et plus réservé que son successeur François qui se prête au jeu «des selfies et à d’autres formes de communication». Néanmoins, le pape allemand fut aussi, à sa façon, «un grand communicateur», assure le jésuite.

    Le cardinal Ratzinger fut en effet le premier préfet de la congrégation pour la Doctrine de la foi à accorder des interviews nombreuses, ne refusant aucune question, et proposant à chaque fois des «contenus profonds, ordonnés, réfléchis» et accessibles à tous, non seulement aux théologiens, a insisté le père Lombardi, qui fut le porte-parole de Benoît XVI de 2006 à 2013.

    «Il a écrit de nombreux livres et articles scientifiques et a participé à de nombreuses conférences, mais il a aussi fait le choix conscient de parler au grand public à travers ces entretiens», a précisé le père Lombardi, qui a expliqué que le pape émérite avait soutenu l’édition de ce volume en sélectionnant les textes qu’il jugeait les plus significatifs.

    «Je savais que si j’avais une force, c’était celle de raconter la foi dans le monde d’aujourd’hui, en relation avec la culture d’aujourd’hui. C’était ce que je savais faire», avait confié Benoît XVI au père Lombardi, mentionnant aussi les livres-entretiens accordés par le pontife allemand, qui se libérait pour des journées entières afin de bien se concentrer sur les réponses à apporter. Le jésuite italien a notamment rappelé que les propos de Benoît XVI dans son livre Lumière du monde, publié en 2010, avaient représenté une forme de préparation à sa renonciation, effective trois ans plus tard, en 2013.

    La dégradation des relations entre Küng et Ratzinger

    Les intervenants ont rappelé la grande délicatesse de Joseph Ratzinger, contrastant avec sa réputation de dureté colportée par certains courants médiatiques souvent liés à Hans Küng.

    Mgr Gänswein, désormais nonce apostolique dans les pays baltes, a rappelé que les relations entre Hans Küng et Joseph Ratzinger s’étaient dégradées après qu’ils ont été collègues à l’université de Tübingen. Jaloux de la capacité d’écriture de Ratzinger et de son aura grandissante, son ancien confrère est progressivement devenu «très sec» avec lui. «Au fil du temps, il a cherché à changer de niveau, passant de la dispute théologique à la polémique», a raconté l’ancien secrétaire de Benoît XVI. Le pape allemand avait tout de même reçu longuement son célèbre contradicteur à Castel Gandolfo en 2005.

    «Joseph Ratzinger n’avait pas d’ennemis», a estimé Mgr Gänswein, en expliquant que sa «sincérité intellectuelle» l’avait toutefois amené à récuser fermement les positions de son ancien collègue.

    Près de deux ans après le décès du pape émérite, la Fondation Ratzinger poursuit son travail d’édition presque exhaustive des textes écrits par le théologien allemand avant, pendant et après son pontificat. Un autre livre contenant des homélies inédites de Benoît XVI, prononcées en tant que pape émérite dans l’intimité du monastère Mater Ecclesiæ où il s’était retiré à partir de mai 2013, devrait être publié au printemps 2025. (cath.ch/imedia/cv/gr)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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