Dans une exhortation pastorale présentée le 9 février 2026, les évêques du Venezuela appellent leur pays à la réconciliation nationale, autour du respect de la souveraineté populaire et de la démocratie. Ils demandent la libération des prisonniers politiques et la prise en charge urgente de la crise humanitaire.
A l'issue de son assemblée plénière ordinaire, la Conférence épiscopale vénézuélienne (CEV) a adressé un message dans lequel elle énumère les difficultés de la population de son pays: corruption généralisée et impunie, violations des droits humains et civils, «parmi lesquels la liberté d'expression et le droit à un procès équitable», emplois non rémunérés équitablement...
Le message des évêques, indique Vatican News, souligne que pour garantir la démocratie, il faudrait reconstruire les institutions du pays, rétablir l'indépendance des pouvoirs publics et disposer d'une Cour suprême de justice et d'un Conseil national électoral crédibles, qui garantissent des élections libres et équitables. Ils soulignent également que l'État doit exercer un contrôle effectif sur l'ensemble du territoire, y compris dans les zones urbaines et autochtones.
Revenant sur les élections de juillet 2024 ainsi que sur l'enlèvement du président Nicolás Maduro par les États-Unis, ils déclarent: «La souveraineté populaire, exprimée par le suffrage universel, direct et secret, a été bafouée lorsque les organes de l'État ont omis de publier les résultats détaillés des élections présidentielles du 28 juillet 2024. Les événements du 3 janvier de cette année ont profondément changé le paysage politique et social. Bien qu'ils aient été interprétés comme une violation du droit international, beaucoup estiment qu'ils ouvrent la voie à la démocratisation du pays.»
Un objectif: la réconciliation nationale
Les évêques appellent tous les secteurs du pays à travailler à la réconciliation nationale, en faisant passer cet objectif avant tout autre intérêt personnel, partisan ou économique. Ils invitent tous les Vénézuéliens, à l'intérieur et à l'extérieur du pays, à participer à ce processus dans un climat de respect mutuel, indépendamment de leur idéologie ou affiliation politique.
«Cela exige de tous les Vénézuéliens des processus de retrouvailles, de reconnaissance mutuelle, de pardon et de réconciliation, de purification de la mémoire, dans la vérité et la justice, avec la ferme volonté de respecter la dignité des personnes et l'exercice continu de la fraternité», précise la Conférence épiscopale.
La CEV réitère aussi sa solidarité avec les prisonniers politiques et leurs familles, avec les millions de personnes qui ont dû émigrer, les communautés autochtones oubliées, ceux qui ont perdu leurs biens à la suite de confiscations arbitraires et tant d'autres qui souffrent pour diverses raisons injustes. Elle soutient l'adoption d'une loi d'amnistie générale, large et inclusive, comme une étape cruciale vers la réconciliation et la coexistence démocratique.
Sur le plan économique, les évêques insistent sur la nécessité de lutter contre la pauvreté qui touche une grande partie de la population. Ils demandent à ce que les ressources provenant de la relance de l'industrie pétrolière servent à financer des programmes sociaux, conçus de manière équitable et non dans une optique de clientélisme partisan. (cath.ch/vn/lb)
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