Les dirigeants des confessions religieuses chrétiennes et musulmanes du Soudan du Sud multiplient les démarches auprès des dirigeants du pays pour éviter une guerre, suite à une nouvelle vague de violence, depuis février, entre l’armée nationale et des groupes rebelles, dans l'Etat du Haut-Nil, au nord-est.
Le Conseil des Eglises du Soudan du Sud (South Sudan Council of Churches – SSCC) avait déjà adressé au président Salva Kiir, une lettre pour lui demander de s'attaquer «d'urgence» à la montée des hostilités dans tout le pays :
Entre décembre 2013 et février 2020, le Soudan du Sud a vécu une guerre qui opposait le président Salva Kiir et son ancien vice-président Riek Machar. Elle avait fait plus de 400’000 morts et entraîne le déplacement de quatre millions de personnes, soit un tiers des douze millions d’habitants du pays.
Nouveaux troubles après cinq ans d’accalmie
Après cinq ans d’accalmie, de nouveaux troubles secouent le pays, selon la Mission des Nations-Unies au Soudan du Sud (MINUSS). Ils ont éclaté, il y a un mois, à la suite « d’échanges violents », les 14 et 15 février, entre les Forces de défense du peuple du Soudan du Sud (SSPDF) du président Salva Kiir et des « jeunes gens armés » à Nassir, une ville de l'Etat du Haut-Nil. « Des armes lourdes ont été utilisées et auraient fait plusieurs morts et blessés parmi les civils et le personnel armé », a souligné la Mission onusienne. Des affrontements ont également eu lieu dans plusieurs régions du pays, notamment en Equatoria occidental, dans le sud-est, entre l’armée nationale et les forces de l’opposition, loyales au vice-président Riek Machar.
Face à ces violences, une délégation du SSC a rencontré, le 26 mars 2025, le président Salva Kiir pour prêcher la paix. Lors de cette audience, le Chef de l’Etat a réaffirmé son engagement «indéfectible» à la rétablir, «exprimant sa détermination à faire en sorte que le pays ne revienne plus jamais à la guerre», a rapporté la présidence de la République du Sud Soudan, sur sa page Facebook :
Pour sa part, au nom du SSC, le Révérend Justin Badi Arama a appelé le gouvernement et les forces de l'opposition « à embrasser la paix pour le bien de la nation ». « Les Eglises, a-t-il dit, continueront d'engager toutes les parties, pour donner la priorité à la paix, ainsi que pour une paix durable et pour la stabilité à long terme du pays ».
La veille, mardi 25 mars 2025, le vice-président du pays, Benjamin Bol Mel, avait reçu la délégation du SSCC, composée du cardinal Stephen Ameyu Martin Mulla, archevêque de Juba, et président de la Conférence des évêques catholiques, du révérend Justin Badi Arama, de l’Eglise anglicane, et du Secrétaire général du Conseil des églises chrétiennes du Sud-Soudan du Sud, le révérend Tut Kony Nyang Kon. Les discussions ont porté sur la promotion de la paix, de la réconciliation et de la stabilité nationale grâce à un dialogue soutenu entre les dirigeants sud-soudanais, a indiqué le Conseil sur sa page Facebook (cath.ch/ibc/mp)