Le Conseil de Eglises du Soudan du Sud (South Sudan Council of Churches - SSCC) a adressé au président Salva Kiir, une lettre pour lui demander de s'attaquer «d'urgence» à la montée des hostilités dans tout le pays, et de s'assurer que les détenus politiques arrêtés soient libérés.
Le Soudan du Sud est secoué, depuis février, par une nouvelle vague de violences entre l’armée nationale et des groupes rebelles.
Dans un communiqué publié le 18 février, la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS), évoquait «des échanges violents», les 14 et 15 février, entre les Forces de défense du peuple du Soudan du Sud (SSPDF) du Président Salva Kiir et des «jeunes gens armés» à Nassir, une ville de l'Etat du Haut-Nil, dans le nord-est du pays. «Des armes lourdes ont été utilisées et auraient fait plusieurs morts et blessés parmi les civils et le personnel armé», a souligné la Mission onusienne.
Elle a ajouté qu'une de ses patrouilles qui effectuait «une visite planifiée» a également subi une attaque. Un soldat de la paix a été blessé par des tirs de mortier. Des affrontements ont également eu lieu dans plusieurs régions du pays, notamment en Equatoria-Occidental, dans le sud-est, entre l’armée nationale et les forces de l’opposition, loyales au Vice-président Riek Machar.
Sept ans de guerre
Le Soudan du Sud a connu une guerre civile entre décembre 2013 et février 2020, opposant le président Salva KIir et le vice-président Riek Machar. Le conflit a fait 400’000 morts, et entrainé le déplacement de quelque quatre millions de personnes, soit un tiers des habitants du pays. Le conflit a pris fin par la signature d’un accord de paix: Accord revitalisé sur la résolution du conflit en République du Soudan du Sud (R-ARCSS).
Dans leur lettre au Président Salva Kiir, les 11 membres du SSCC, représentants les différentes églises confessionnelles du pays (Eglise catholique, Evangéliste, Adventiste, protestante, etc.) ont demandé la réactivation de l’accord R-ARCSS.
«En tant que Bergers du peuple de Dieu, nos cœurs sont lourds du poids de l’insécurité croissante, des tensions politiques et de la violence qui menacent la paix que vous et d’autres avaient si durement travaillé à construire», ont-ils déploré. Et de poursuivre «(…)
Aujourd’hui, nous nous trouvons à un tournant critique où le précieux accord (R-ARCSS) est ébranlé par une vague d’hostilité». «Les larmes des familles endeuillées, les cris des blessés, le désespoir des déplacés nous rappellent des jours sombres que nous ne souhaitons plus revivre», ont-ils poursuivi.
Pour sa part, le Président Salva Kiir, appelé ses compatriotes à «rester calme», leur assurant que le pays ne retournerait pas à la guerre. «Mon gouvernement sait gérer cette crise, et nous restons déterminés sur la voie de la paix», a-t-il indiqué, dans un communiqué du 7 mars. (cath.ch/ibc/bh)
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