Le religieux capucin italien Roberto Pasolini a été nommé prédicateur de la Maison pontificale par le pape François, a annoncé le Saint-Siège le 9 novembre 2024. Il succède au cardinal Raniero Cantalamessa, 90 ans, qui occupait cette charge depuis plus de 44 ans.
Auteur de nombreux ouvrages de spiritualité, connu en Italie pour ses prédications de retraites et d’exercices spirituels, le Père Roberto Pasolini sera donc la nouvelle voix et le nouveau visage des prédications des vendredis de l’Avent et du Carême au Vatican. La prédication du Vendredi Saint, lors de l’office de la Passion célébrée à la basilique Saint-Pierre, donne au prédicateur de la Maison pontificale une visibilité mondiale.
Né le 5 novembre 1971 à Milan, le Père Roberto Pasolini a prononcé ses vœux chez les capucins en 2002 et a été ordonné prêtre en 2006. Il enseigne actuellement l’exégèse biblique à la Faculté théologique de l’Italie septentrionale à Milan et collabore avec le diocèse de Milan pour la formation des professeurs de religion et avec la conférence italienne des supérieurs majeurs.
La longévité exceptionnelle du cardinal Cantalamessa
Le cardinal Raniero Cantalamessa, pour sa part, prend donc sa retraite à 90 ans, après un service actif d’une durée exceptionnellement longue au Vatican, puisqu’il occupait cette charge depuis 44 ans et était l’une des dernières figures du pontificat de Jean-Paul II encore en activité.
Né le 22 juillet 1934 à Colli del Tronto, dans la région des Marches, Raniero Cantalamessa est entré au petit séminaire des capucins à la fin de la Seconde Guerre mondiale, en 1946. Ordonné prêtre en 1958, il a ensuite effectué des études de théologie à Fribourg, en Suisse, et de lettres classiques à l’Université catholique du Sacré-Coeur, à Milan.
Ses études littéraires l’ont amené à se passionner pour de nombreux auteurs, de Blaise Pascal à Paul Claudel en passant par Charles Péguy, qui ont enrichi ses réflexions et prédications au fil des années. Son expertise sur l’étude du Nouveau Testament et des Pères de l’Église l’a par ailleurs amené à être nommé par Paul VI membre de la Commission théologique internationale, en 1975.
Le Père Cantalamessa a ensuite été appelé par Jean-Paul II à devenir prédicateur de la Maison pontificale le 23 juin 1980 et a prêché lors du conclave de 2005. Déjà septuagénaire, il est resté en poste tout au long du pontificat de Benoit XVI, malgré une polémique survenue après sa prédication du Vendredi Saint 2010, lorsqu’il effectua un rapprochement maladroit entre l’antisémitisme et les critiques adressées à l’Église catholique dans sa gestion des abus sur mineurs. Il demanda ensuite pardon pour avoir «heurté la sensibilité des juifs et des victimes de la pédophilie».
Après son élection en 2013, le pape François l’a maintenu dans sa charge et l’a créé cardinal lors du consistoire du 28 novembre 2020, non électeur puisqu’il avait déjà 86 ans. Surpris par sa nomination cardinalice, il a obtenu la dispense de l’ordination épiscopale en principe associée au cardinalat. «Je désire mourir avec mon habit franciscain, une chose qu’ils m’auraient difficilement permis si j’avais été fait évêque», avait-il alors expliqué dans la presse italienne. (cath.ch/imedia/cv/lb)