«Se confier à la présence de Dieu, c’est goûter à l’avance au Paradis», affirme Léon XIV dans une préface inédite de La pratique de la présence de Dieu du Frère Laurent de la Résurrection. Ce livre, écrit par un carme français au XVIIe siècle, peut être une «source d’inspiration et d’aide pour la vie des hommes et des femmes du troisième millénaire», explique-t-il.
Le 2 décembre, dans l’avion le ramenant du Liban, le pape avait répondu à un journaliste allemand lui demandant quel livre lire pour comprendre Robert Francis Prevost: « Il y en a beaucoup, un d’eux s’appelle La pratique de la présence de Dieu ». la Librairie éditrice vaticane (LEV). a publié le 19 décembre 2025 une nouvelle édition en italien de cet ouvrage introduite par une préface inédite du pape Léon XIV. Dans ce texte, il confirme que cet ouvrage est, «avec les écrits de saint Augustin et d’autres livres, un des textes qui a le plus marqué [sa] vie spirituelle et [l’]a formé sur ce que peut être le chemin pour connaître et aimer le Seigneur».
L’auteur, Frère Laurent de la Résurrection (1614-1691), né Nicolas Herman, était un Lorrain entré chez les carmes déchaux pour expier ses péchés de jeunesse, notamment au sein de l’armée. Simple frère convers chargé des tâches les plus humbles, il a vécu « une vie pleine de joie » et a laissé une œuvre spirituelle posthume composée de brefs essais, de lettres, de maximes et de dialogues rapportés, rassemblés dans cette nouvelle édition de la Librairie éditrice vaticane.
Dans sa préface de deux pages, Léon XIV décrit la voie proposée par frère Laurent comme «simple et ardue en même temps». Elle est praticable par tous et ne demande que de se souvenir constamment de Dieu, par de petits actes continus de louange, de prière, de supplication, d’adoration, dans chaque action et chaque pensée. Mais elle exiget aussi «un chemin de purification, d’ascèse, de renoncement et de conversion de la partie la plus intime de nous-mêmes, de notre esprit et de nos pensées bien plus que de nos actions ».
Humour et joie intérieure
Le but de cette discipline, explique le pape, est «de conformer à Dieu non seulement nos attitudes et nos comportements, mais aussi nos sentiments, notre propre façon de ressentir». En vivant «cette relation personnelle faite de rencontres et de conversations, de secrets et de surprises, d’abandon confiant et total», on peut découvrir «la présence aimante et ardente de Dieu».
Léon XIV compare ce chemin d’intériorité à celui des grands mystiques, évoquant sainte Thérèse d’Avila qui « avait elle aussi témoigné de cette familiarité avec le Seigneur au point de parler d’un ‘Dieu des casseroles’ ». Il relève l’humilité et l’humour de l’auteur, signe que «toute chose terrestre, même la plus grandiose et la plus dramatique, est bien petite face à l’amour infini du Seigneur ».
Ce témoignage de foi lumineuse peut, selon le pape, «être une source d’inspiration et d’aide pour la vie des hommes et des femmes du troisième millénaire». «Toute l’éthique chrétienne peut vraiment se résumer à cette mémoire constante du fait que Dieu est présent», assure-t-il, ajoutant que cette spiritualité «dépasse tout moralisme et toute réduction de l’Évangile à un simple ensemble de règles». Et de conclure : «Se confier à la présence de Dieu, c’est goûter à l’avance au Paradis».
L’ouvrage publié par la LEV comporte aussi une présentation signée par le carme belge Conrad de Meester, reprise d’une édition publiée par le Cerf en 1991. On ignore pour l’heure si la préface du pape Léon sera intégrée dans une éventuelle nouvelle édition français. (cath.ch/imedia/cd/mp)