Les évêques catholiques en République démocratique du Congo (RDC) se sont déclarés «horrifiés» par le verdict de la Haute Cour Militaire de Kinshasa, condamnant à la peine de mort Joseph Kabila. L’ancien président aurait été victime d’un «procès pénal expéditif».
Président du pays de 2001 à 2019, Kabila était poursuivi par l’État congolais pour une dizaine de chefs d’accusation, dont la trahison, la participation à un mouvement insurrectionnel, les crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité, l’homicide intentionnel, le viol, la torture, la déportation et l’apologie de crimes. Son jugement qui avait duré deux mois, avait commencé le 25 juillet pour se terminer le 29 septembre 2025.
Son successeur, le président Félix Antoine Tshisekedi, a estimé qu’il était «complice» du groupe rebelle M23, soutenu par le Rwanda. Cette milice occupe depuis le début de l’année une partie de l’est du territoire de la RDC. Le 23 mai 2025, le Sénat vote à la majorité la levée de l’immunité de Joseph Kabila, autorisant ainsi la poursuite judiciaire.
Les évêques prônent un «dialogue inclusif»
L’acte d’accusation du procès précise qu’il est «l’un des initiateurs du mouvement politico-militaire: Alliance fleuve Congo (AFC), une coalition politico-militaire de groupes armés et de partis politiques, avec une branche armée (M23), appuyée par le RDF (Rwanda Defence Force ou Forces de défense du Rwanda), et des mercenaires étrangers dans le Nord-Kivu».
Il aurait aussi joué un «rôle présumé de co-auteur, dans l’homicide intentionnel de 31 civils, une tentative d’homicide sur 21 autres, et l’occupation armée de la ville de Goma à partir du 27 janvier 2025». «Dans le Sud-Kivu, il est également mis en cause pour des crimes de guerre, incluant le viol, la torture et des homicides par balles». En outre, «il lui est reproché d’avoir fait l’apologie d’actes de terrorisme lors d’une interview accordée au Sunday Times, le 23 février dernier».
Pour la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), la peine de mort à laquelle il est condamné, et sa «logique de rétribution», ne «sont pas compatibles avec l’Évangile». En mars 2024, la Conférence avait critiqué la fin du moratoire sur la peine de mort en RDC.
Pour les évêques congolais, dans le contexte de guerre et d’insécurité du pays, «un dialogue inclusif» reste la meilleure voie, tant pour affronter les causes profondes de ces crises que pour retrouver l’unité, la paix, le bien-vivre ensemble et l’intégrité territoriale. (cath.ch/ibc/rz)