La ville de Bukavu, à l’est de la République démocratique du Congo (RDC), a retrouvé un calme relatif, observe un témoin. Des scènes de pillage ont précédé l’entrée des hommes du M23, le 16 février dernier, dans la capitale du Sud-Kivu et de nombreuses armes y circulent encore malgré des opérations de ramassage.
«Le chaos a précédé l’entrée des soldats du M23 à Bukavu. Les autorités locales ayant fui, il y a eu des pillages durant deux jours, des centaines de prisonniers se sont retrouvés en liberté et ont formé des bandes armées qui ont semé la terreur en ville. Ils s’étaient procuré des armes comme nombre d’habitants dans le camp militaire abandonné par les forces armées de la RDC. De nombreuses armes circulent encore en ville malgré le ramassage spontané, ou organisés dans certains quartiers, des habitants qui les ramènent aux hommes du M23», constate sur place une source de cath.ch.
Dans la mesure où les soldats congolais ont fui sans opposer de résistance aux troupes du M23, le carnage que l’on a vu à Goma ne s’est pas répété à Bukavu, la capitale du Sud-Kivu, même si l’on compte des morts suite à la prise de la ville. Environ 40'000 personnes ont fui au Burundi.
A l’arrivée du M23, les habitants sont restés terrés chez eux, puis, à cours de nourriture, ont été contraints de sortir pour se réapprovisionner. «La population vit au jour le jour, les habitants n’ont pas ou très peu de réserves puisqu’ils gagnent leur vie au quotidien. La vie a repris rapidement son cours. Les gens doivent manger», détaille le témoin. Les magasins qui le pouvaient ont rouvert.
Internet permet de se tenir informé
Bukavu a retrouvé un calme relatif, notamment en centre-ville et dans les quartiers résidentiels au sud de la ville. D’autres quartiers sont en proie à l’insécurité, où l’on rapporte des scènes de pillage et de violence dues aux groupes armés. «Internet n’a pas été coupé, affirme la source, ce qui permet aux habitants de donner des nouvelles à leur proches et de se tenir informés, mais avec le revers de la médaille: beaucoup de 'fake news’ circulent sur les réseaux sociaux.»
Les communautés chrétiennes se sont organisées, les hôpitaux catholiques continuent à recevoir des gens et la Caritas peut poursuivre sa mission humanitaire. Les écoles devaient rouvrir leurs portes le 24 février et les messes devaient reprendre cette semaine. Sur ordre des autorités, les habitants ont participé, le 20 février dernier, à un grand nettoyage de la ville pour effacer les traces des pillages de la semaine précédente. (cath.ch/bh)