Le pape Léon XIV a reçu le 23 mai 2025 Mgr Mariano Crociata, président de la Commission des épiscopats de la Communauté européenne (COMECE) avec les membres du comité permanent de cette instance de dialogue entre l’Église catholique et l’Union européenne (UE). Durant cette première rencontre, ils ont notamment parlé de la guerre en Ukraine.
La rencontre avait été fixée depuis plusieurs mois mais la mort du pape François et l’élection récente du pape Léon XIV auraient pu la reporter. Le nouveau pape a pourtant tenu à la maintenir. « Je crois que le pape voulait comprendre et connaître ce que nous essayons de faire », raconte à I.MEDIA Mgr Antoine Hérouard, archevêque de Dijon et vice-président de la COMECE.
Avec les membres de cette institution créée en 1980, il a pu échanger avec Léon XIV durant environ 45 minutes et lui présenter le fonctionnement de la structure qui fait le lien entre l’UE et les épiscopats des 27 pays qui la composent.
Durant cette rencontre à huis clos, le pape et les évêques ont commencé par aborder la situation en Ukraine et la question de la paix. Les évêques européens ont rappelé leurs prises de positions après l’invasion de la Russie en Ukraine en 2022. Mgr Mariano Crociata a assuré que les échanges n’avaient pas porté précisément sur l’idée d’une médiation vaticane entre les Russes et les Ukrainiens. «C’était une première rencontre. Le pape a surtout écouté. Nous ne sommes pas entrés dans les détails concrets d’une possible médiation du Saint-Siège», a insisté Mgr Hérouard, assurant que tous avaient souligné l’importance de travailler à «une paix juste».
Les conséquences économiques et sociales de la guerre ont aussi été abordées. Les évêques ont expliqué que l’augmentation des fonds alloués à l’armement ne pouvait pas se faire au détriment des aides accordées aux personnes les plus fragiles.
L’union européenne est un projet de paix
Mgr Rimantas Norvila, évêque de Vilkaviškis, en Lituanie, a confié que son pays ressentait de manière singulière l’écho de la guerre. « Nous faisions partie de l’Union soviétique », a-t-il expliqué à la presse, assurant pouvoir prendre la mesure des souffrances subies par les Ukrainiens. Il a estimé qu’en « regardant vers le futur, nous ne voyons pas de solution de paix ». Mais le Lituanien a rappelé que l’Union européenne était née d’un « projet de paix après la Seconde Guerre mondiale ».
Durant la conférence de presse, Mgr Mariano Crociata, qui préside la COMECE depuis deux ans, a mis en avant la situation délicate générée « par la nouvelle administration américaine », le « rôle difficile » dans lequel se retrouve l’Union européenne et ainsi que la montée des populismes.
Parmi les autres thèmes évoqués durant l’audience, les évêques et le pape ont parlé d’immigration, de la baisse de la natalité ou encore des demandes de certains Européens de retirer leur nom des registres de baptêmes. L’intelligence artificielle ou bien l’accompagnement de la jeunesse ont aussi compté parmi les sujets de discussion. (cath.ch/ imedia/hl/mp)