Le 24 octobre 2025, Léon XIV autorise la publication d’un décret reconnaissant le martyre de neuf prêtres salésiens polonais tués dans les camps d’Auschwitz et de Dachau. Le pape ouvre la voie à leur béatification, ainsi qu’à celle de deux Tchèques martyrs du communisme. Il reconnaît aussi comme «vénérables» deux Italiens et deux Espagnols.
Le premier décret publié par le dicastère pour les Causes des saints concerne le martyr de Jan Świerc et de ses huit compagnons, des religieux salésiens tués entre 1941 et 1942, en haine de la foi, dans les camps de concentration de Dachau et d’Auschwitz.
Jan Świerc (1877-1941), natif de Królewska (aujourd’hui Chorzów), mais formé et ordonné prêtre à Turin, avait dirigé plusieurs maisons salésiennes en Pologne, notamment à Cracovie. Arrêté avec d’autres confrères par la Gestapo, il est battu et torturé en prison, puis fut transféré au camp de concentration d’Auschwitz où il est mis à mort.
Les autres religieux salésiens dont le martyre est reconnu par l’Église sont les Pères Ignacy Antonowicz, Ignacy Dobiasz, Karol Gołda, Franciszek Harazim, Ludwik Mroczek, Włodzimierz Szembek et Kazimierz Wojciechowski, eux aussi morts à Auschwitz, et Franciszek Miśka, mort à Dachau. Dans ce camp de concentration proche de Munich, un baraquement était spécialement dédié aux prêtres.
Ces victimes de l’idéologie anti-catholique de l’Allemagne hitlérienne apportèrent un réconfort spirituel à leurs compagnons de détention et, malgré les humiliations et les tortures, continuèrent à manifester leur foi, indique le dicastère pour les Causes des saints. Ils furent tournés en dérision, insultés dans leur ministère sacerdotal, torturés, puis tués directement ou conduits à la mort par les conditions inhumaines de détention.
Deux martyrs du communisme
Le pontife a aussi approuvé la publication du décret reconnaissant le martyre de deux prêtres tchèques, les Pères Jan Bula (1920-1952) et Václav Drbola (1912-1951), assassinés pour leur foi par le régime communiste.
Jan Bula, le plus jeune des deux, avait intégré le séminaire de Brno juste avant l’annexion de la Tchécoslovaquie par l’Allemagne nazie. Il avait poursuivi sa formation malgré les travaux forcés pendant la Seconde Guerre mondiale et avait été ordonné en 1945, avant de rejoindre une paroisse du nord du pays au sein de laquelle il s’était investi dans la pastorale des jeunes. Après la guerre, son sort sera lié à celui de Václav Drbola, un prêtre un peu plus âgé qui administrait une paroisse à Babice, dans la banlieue de Prague.
Les deux hommes deviennent en effet la cible du régime communiste athée. En 1951, ils sont emprisonnés dans des conditions très éprouvantes sur des motifs fallacieux. Puis ils sont accusés à tort d’avoir organisé un attentat survenu alors même qu’ils étaient déjà en prison et sont condamnés à mort: Václav Drbola est exécuté en 1951, et Jan Bula en 1952.
Quatre vénérables italiens et espagnols
Le pontife a accepté la reconnaissance des vertus héroïques de quatre «serviteurs de Dieu», désormais reconnus comme «vénérables» par l’Église – une étape importante vers une éventuelle béatification, puis canonisation.
Le premier, le Père Angelo Angioni (1915-2008), est un prêtre originaire de Sardaigne parti en mission à São José do Rio Preto, au Brésil, où il est resté de 1950 jusqu’à sa mort. Il y a fondé l’Institut missionnaire du Cœur Immaculé de Marie, une organisation ouverte à tous dans un environnement marqué par une grande pauvreté.
Le Père José Merino Andrés (1905-1968) devient lui aussi vénérable. Ce prêtre dominicain madrilène a joué un rôle important dans l’Ordre des prêcheurs en Espagne, notamment dans la ville de Palencia, où il a vécu jusqu’à la fin de sa vie.
Les vertus héroïques du Frère Joachim de la Reine de la Paix (1890-1985), né Leone Ramognino, ont également été reconnues. Ce charpentier de formation, qui s’était distingué pendant la Première Guerre mondiale, participa à la création d’un sanctuaire marial consacré à la «Reine de la Paix» dans sa région d’origine. Il rejoignit ensuite les carmes déchaux, devenant frère profès et prenant le nom de Joachim – le père de Marie dans la Bible.
Les vertus héroïques de Sœur María Evangelista Quintero Malfaz (1591-1648) ont elles aussi été reconnues. Cette religieuse du XVIIᵉ siècle rejoignit dès son plus jeune âge le monastère cistercien de Valladolid, où elle commença à avoir des expériences mystiques. Elle fonda ensuite un autre monastère à Casarrubios del Monte, près de Tolède, dont elle fut abbesse jusqu’à sa mort.
C’est la troisième fois que le pape Léon XIV autorise le préfet du dicastère pour les Causes des saints à publier des décrets. Depuis son élection en mai dernier, il a ouvert la voie à plusieurs béatifications, mais pas encore à une canonisation – qui nécessite généralement la reconnaissance d’un miracle attribué à l’intercession d’une personne déjà reconnue bienheureuse par l’Église catholique. (cath.ch/imedia/cv/cd/rz)