Cinquante-trois ans après les faits, un soldat britannique est jugé pour le massacre du Bloody Sunday qui a couté la vie à 13 militants indépendantistes irlandais le 30 janvier 1972 à Londonderry.
Aucun soldat n'a jusque-là été jugé pour ce "dimanche sanglant" à Londonderry, quand des parachutistes britanniques avaient ouvert le feu sur une manifestation pacifique de militants catholiques, faisant 13 morts.
L'armée britannique avait affirmé que les parachutistes avaient répondu aux tirs de "terroristes" de l'IRA (l'Armée républicaine irlandaise), une version confortée par un rapport rédigé à la hâte.
Malgré tous les témoignages contredisant cette version, il a fallu attendre 2010 pour que soit officiellement reconnue l'innocence des victimes, atteintes pour certaines dans le dos ou même à terre, agitant un mouchoir blanc.
A l’ouverture du procès, l’accusation a décrit des tirs "injustifiés" des militaires. “Les civils [...] ne posaient aucune menace pour les soldats et ces derniers ne pouvaient pas croire à l'existence d'une menace", a affirmé le procureur. "Les tirs [...] ont été menés avec l'intention de tuer, ou au moins avec l'intention de causer un préjudice vraiment grave", a-t-il insisté.
Surnommé le "soldat F", l'ancien parachutiste, jugé depuis le 15 septembre 2025, est accusé de deux meurtres et de cinq tentatives de meurtre. En décembre dernier, il avait plaidé non coupable lors d’une première audience devant le tribunal de Belfast.
Il comparait libre à son procès, qui doit durer plusieurs semaines. Comme en décembre, il est apparu dissimulé derrière un rideau pour protéger son anonymat, ses avocats ayant fait valoir des risques pour sa sécurité. (cath.ch/ag/mp)