La Conférence des évêques du Ghana (GCBC) a publié, le 18 février 2026, une directive pastorale sur les moyens de sauvegarder l’espace sacré hors du champ du politique. Elle fait suite à des «événements récents et passés» au cours desquels des locaux ecclésiastiques, parfois même des églises, ont été utilisés à «des fins de propagande partisane».
Dans leur directive, les évêques du Ghana dénoncent "cette pratique qui porte atteinte au caractère sacré des églises et exige une réponse sans équivoque". La lettre est signée par le président de la GCBC, Mgr Matthew Kwasi Gyamfi, évêque de Sunyani, au centre-ouest du pays, et a été publiée sur le site catholic-trends.com. Elle fournit, en quatre points, «des indications claires» à tous les diocèses, paroisses et institutions du Ghana, fondées sur «l’Écriture et l’enseignement constant de l’Église».
La directive rappelle d'abord le caractère inviolable de l’Église consacrée, les normes fondamentales et la discipline ecclésiastique, puis la mission prophétique de l’Église, avec son impératif de neutralité institutionnelle.
Pour la Conférence des évêques du Ghana , une église catholique est «un lieu sacré, consacré comme maison de Dieu et maison de l’Église». Utiliser ce lieu consacré à des fins d'activité politique partisane constitue une contradiction fondamentale. Une telle activité, estiment-ils, profane ce qui est sacré et obscurcit la véritable vocation du bâtiment, donnée par Dieu.
Les politiques, des fidèles comme les autres
Les personnalités politiques sont évidemment les bienvenues à la messe, poursuivent les évêques, mais en tant que fidèles privés. Elles ne doivent pas instrumentaliser la liturgie, ni le sanctuaire à des fins politiques. Lors d’occasions spéciales, comme les anniversaires de la paroisse, une personnalité de passage peut, après les rites de conclusion et la bénédiction finale, être invitée à prononcer de brèves paroles de salutation ou de félicitations, sans connotation politique.
Les curés et les conseils paroissiaux sont tenus d’appliquer fidèlement les directives, et de refuser toute demande qui contrevient à ces normes. Les paroisses aussi sont encouragées à informer de manière proactive les acteurs politiques de ces directives et de leur proposer des lieux alternatifs, non sacrés et adaptés, disponibles au sein de la communauté. (cath.ch/ibc)