Le 19 octobre 2025, le pape Léon présidera la messe de canonisation de sept nouveaux saints au Vatican. Parmi ces derniers se trouve le premier saint originaire de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, le laïc Peter To Rot, victime des persécutions des occupants japonais en 1943.
Peter To Rot est né en 1912 en Nouvelle-Poméranie, nom donné à la Nouvelle-Bretagne (une des îles de la Papouasie-Nouvelle-Guinée) à l’époque où elle était une colonie allemande (jusqu’en 1914). Il grandit dans une famille récemment convertie au catholicisme. Son père refuse qu’il devienne prêtre mais l’envoie se former comme catéchiste auprès de Missionnaires du Sacré-Cœur. De retour dans son village de Rakunai, Peter To Rot devient un enseignant aimé des siens, et épouse Paula, avec laquelle il a trois enfants.
En 1942, les forces japonaises chassent les forces australiennes qui ont pris possession de la Papouasie-Nouvelle-Guinée et décident de restreindre considérablement les droits des chrétiens, interdisant notamment les messes. En 1943, Peter To Rot, qui continue à œuvrer clandestinement en tant que catéchiste, s’oppose à un policier corrompu qui souhaitait voler la femme d’un autre afin d’en faire sa seconde femme, comme l’autorisait la loi japonaise.
Dénoncé, Peter To Rot est arrêté et les Japonais découvrent son activité religieuse. Refusant d’abandonner son ministère et continuant de s’opposer à la polygamie, il est finalement mis à mort par les Japonais, qui décident de lui faire une injection. Le poison prenant beaucoup de temps à faire son effet, le catéchiste est achevé par des coups de bâton sur la nuque.
Pas de miracles reconnus
En 1995, le pape Jean-Paul II a célébré la messe de béatification de Peter To Rot lors d’un voyage en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Le pape François, qui s’est lui aussi rendu dans l’archipel océanien en septembre 2024, a rendu un hommage appuyé au bienheureux Peter To Rot lors d’une rencontre avec plusieurs milliers de catholiques dans le stade John Guise de Port Moresby, le décrivant comme un « exemple extraordinaire » pour eux. Il a salué la fécondité de son courage, soulignant combien son martyre était à l’origine de « tant de nouveaux croyants ».
L’exemple de Peter To Rot est aussi particulièrement important pour la société papouasienne au sein de laquelle les agressions sexuelles sont très nombreuses. Une enquête des Nations unies publiée en 2022 montre que 60% des femmes affirment avoir été victimes de violences sexuelles.
Le pape argentin a ouvert la porte à cette canonisation sans reconnaissance de miracle, comme cela est d’ordinaire le cas. Les évêques de Papouasie-Nouvelle-Guinée ont en effet demandé une dispense, explique le site du dicastère. Ceux-ci ont fait valoir la difficulté de documenter un miracle en raison de la rareté des hôpitaux capables de fournir des expertises scientifiques et de la culture locale, qui est essentiellement orale et où l’anglais est peu pratiqué. (cath.ch/imedia/cd/mp)