En ce temps de l’Avent, "les lumières le long des rues nous rappellent que chacun peut être une petite lumière s’il accueille Jésus, germe d’un monde nouveau", a affirmé le pape Léon XIV lors de l’Angélus le 7 décembre 2025.
L’espérance de cette "bonne nouvelle", annoncée à Noël, porte en elle la certitude "que le cours de l’histoire n’est pas déjà écrit par les puissants de ce monde", a-t-il proclamé.
Comme c’est généralement le cas chaque dimanche, le pape s’est présenté à la fenêtre du Palais apostolique devant des milliers de fidèles rassemblés sur la place Saint-Pierre. Ces derniers jours, des ouvriers se sont attelés à des réparations sur la toiture de ce bâtiment, dans lequel se trouvent les appartements du pape et où Léon XIV pourrait bientôt s’installer.
Dans sa brève méditation, le pontife a commenté l’Évangile du jour, qui raconte l’annonce par le prophète Jean-Baptiste de la venue de Jésus. Le pape a souligné le "ton sévère" adopté par le cousin du Christ dans sa prédication, qui vient faire résonner "l’appel de Dieu à ne pas jouer avec la vie" et rappelle que le Seigneur ne juge pas les "apparences, mais les œuvres et les intentions du cœur".
Jean-Baptiste annonce la proximité du "royaume des Cieux", a souligné Léon XIV, rappelant que chaque fidèle invoque à son tour sa venue dans le Notre Père, quand il affirme : "Que ton règne vienne". Par cette prière, l’homme se tourne vers la "nouveauté que Dieu nous réserve" et reconnaît ainsi "que le cours de l’histoire n’est pas déjà écrit par les puissants de ce monde".
Cette "bonne nouvelle" apportée par Jésus, a affirmé le pape, est marquée par "la douceur et la miséricorde" – des attributs qui, dans l’Évangile, surprennent même Jean-Baptiste. De la même façon qu’un "rameau" jaillit d’une souche grâce au souffle de l’Esprit saint dans le livre d’Isaïe, chacun a pu faire l’expérience d’une "surprise similaire" de "nouveauté" dans sa vie, a souligné Léon XIV.
L’espérance du Concile, soixante ans après
"Telle est l’expérience que l’Église a vécue lors du Concile Vatican II, clôturé il y a exactement soixante ans", a poursuivi le pontife. Le 8 décembre 1965, le pape Paul VI avait clôturé ce grand événement ouvert par son prédécesseur Jean XXIII en 1962, qui a profondément renouvelé le fonctionnement de l’Église catholique.
Le pape a assuré que l’expérience du Concile "se renouvelle lorsque nous marchons ensemble vers le Royaume de Dieu, tous désireux de l’accueillir et de le servir", faisant naître une espérance dont "le monde a besoin". "Rien n’est impossible à Dieu ; préparons-nous à son Royaume, accueillons-le ! Le plus petit, Jésus de Nazareth, nous guidera !", s’est exclamé le pontife.
Dans cette attente, a affirmé Léon XIV, réside "la spiritualité de l’Avent, si lumineuse et concrète", qui enjoint chacun à "faire de l’espace" dans sa vie. "Les lumières le long des rues nous rappellent que chacun peut être une petite lumière s’il accueille Jésus, germe d’un monde nouveau", a-t-il conclu.
« La paix est possible ! »,
A l’issue de l’angélus, le pape est revenu assez longuement sur son récent voyage en Turquie et au Liban. Ce voyage, a affirmé Léon XIV, «nous enseigne que la paix est possible». Il s’est dit certain que les chrétiens, en dialogue avec les personnes d’autres religions et cultures, peuvent contribuer à la construire.
Évoquant son séjour au Liban, le pape a assuré avoir été témoin du fait que le pays du Cèdre « continue à être une mosaïque de cohabitation ». Il s’est dit « réconforté » par l’accueil que lui ont réservé les Libanais et « ému » par sa rencontre avec les parents des victimes de l’explosion du port de Beyrouth en 2020.
Continuer l’élan de Nicée
Le pontife a aussi évoqué la rencontre d’Iznik (Turquie) du 28 novembre à laquelle il a participé avec son « frère bien-aimé Bartholomée », le patriarche de Constantinople, ainsi que des représentants d’autres confessions chrétiennes. Sur le site archéologique de l’antique Nicée, les chefs et responsables religieux avaient célébré le 1700e anniversaire du Concile de Nicée, lors duquel fut pour la première fois établi un Credo commun.
Léon XIV a aussi rappelé un autre anniversaire, celui de la déclaration commune que Paul VI et le patriarche Athénagoras ont signée le 7 décembre 1965, qui avait mis fin aux excommunications réciproques survenues après le Schisme de 1054. (cath.ch/imedia/cd/mp)