Dans la presse italienne, le docteur Sergio Alfieri, qui fut l’un des médecins du pape François jusqu’à sa mort, se confie sur les circonstances du décès du pontife argentin survenu le 21 avril 2025. Il explique qu’il n’aurait pas été pertinent d’hospitaliser le pape en urgence: «Nous risquions de le faire mourir dans le transport».
«Le Saint-Père va très mal. Nous devons retourner au Gemelli». Lundi 21 avril, à 5h30 du matin, c’est par un coup de téléphone du Vatican que le docteur Sergio Alfieri a été réveillé. Au bout du fil se trouvait Massimiliano Strappeti, l’infirmier personnel du pontife argentin, qui l’a veillé jusqu’au bout.
Quelques minutes auparavant, rapporte La Repubblica, le pape s’était réveillé pour un verre d’eau. «Il s’est retourné sur le côté et l’infirmière a remarqué que quelque chose n’allait pas», explique Sergio Alfieri.
Arrivé une vingtaine de minutes plus tard à la résidence Sainte-Marthe du Vatican, le professeur a découvert un pape François avec «les yeux ouverts». «J’ai constaté qu’il n’avait pas de problème respiratoire», confie au Corriere della Sera celui qui a coordonné l’équipe médicale qui a entouré le pape à la polyclinique Gemelli, en février et mars.
«Il est mort sans souffrir, et chez lui»
«J’ai essayé de l’appeler mais il ne m’a pas répondu; il ne répondait pas aux stimuli, même pas à ceux qui étaient douloureux», détaille le médecin italien. Le pape venait de tomber dans le coma. «Il n’y avait plus rien à faire», assure Sergio Alfieri.
À La Repubblica, il précise: «Son pouls ralentissait et sa respiration devenait de plus en plus superficielle. Il est mort sans souffrir, et chez lui.» La question d’emmener le pape à l’hôpital avait été évacuée. D’une part, raconte le médecin, «nous risquions de le faire mourir dans le transport». D’autre part, le pape avait fait savoir qu’il souhaitait «mourir à la maison». De même, François avait demandé à ne pas être intubé.
Après son décès, parmi les personnes qui sont arrivées dans l’appartement de François, le cardinal secrétaire d’État Pietro Parolin, ‘numéro 2’ du Saint-Siège, a proposé de réciter un chapelet autour du défunt pape.
Le pape ressentait le besoin d’accomplir des choses avant de mourir
Aux quotidiens italiens, le médecin du pape rapporte que François se sentait encore «très bien» le samedi. «J’ai recommencé à travailler, je vais bien», lui avait confié le pape à la veille du dimanche de Pâques.
Sergio Alfieri avait prescrit deux mois de convalescence au pontife après son retour au Vatican, le 23 mars. Mais François avait repris certaines de ses activités. «Lui est le pape. Retourner au travail faisait partie de la thérapie. Il ne s’est jamais exposé aux dangers», assure le médecin. Il ajoute dans le Corriere: «Aujourd’hui, j’ai la sensation nette qu’il avait senti le besoin de faire une série de choses avant de mourir.»
Quelques jours avant sa mort, le pape s’était notamment rendu à Sainte-Marie-Majeure pour y prier. Il avait aussi fait quelques sorties impromptues à la basilique Saint-Pierre. Le jeudi 17 avril, quatre jours avant son décès, il était allé dans la prison romaine de Regina Coeli pour rencontrer 70 détenus. À La Repubblica, Sergio Alfieri confie que dans son dernier échange avec le pape, François lui avait dit sa peine «de ne pas avoir lavé les pieds des détenus: cette fois, je n’y suis pas arrivé». (cath.ch/imedia/hl/rz)