Le pape Léon XIV a affirmé vouloir participer à une commémoration œcuménique dans «quelques mois» à l’occasion du 1700e anniversaire du Concile de Nicée. Il s’est exprimé ainsi dans un discours prononcé devant une délégation de pèlerins orthodoxes et catholiques américains reçus à Castel Gandolfo le 17 juillet 2025.
Le pape a aussi affirmé qu’orthodoxes et catholiques ne devaient pas «se disputer la primauté» de leurs Églises respectives mais retrouver leur origine commune, celle des apôtres envoyés en mission par Jésus depuis Jérusalem.
Menée par le cardinal Joseph Tobin, archevêque de Newark, et par le métropolite Elpidophoros, archevêque orthodoxe grec d’Amérique, la délégation reçue à Castel Gandolfo comptait une quarantaine de personnes. Le pèlerinage auquel ils participent prévoit une étape à Rome, lieu du martyre des apôtres Pierre et Paul, et à Istanbul, où repose l’apôtre André, figure tutélaire du Patriarcat de Constantinople.
Rencontre souhaitée avec Bartholomée
Dans son discours, Léon XIV a demandé aux pèlerins de transmettre ses salutations et son «étreinte de paix» au patriarche de Constantinople Bartholomée. «J’espère vous retrouver dans quelques mois pour participer à la commémoration œcuménique de l’anniversaire du Concile de Nicée», a-t-il poursuivi.
Ce n’est pas la première fois que le pape évoque ce projet. Le 12 mai dernier, quelques jours seulement après son élection, il avait confié à des journalistes qu’il préparait un voyage en Turquie à l’occasion du 1700e anniversaire du concile. Prévu initialement au mois de mai, mais reporté après le décès du pape François, ce déplacement pourrait se tenir cet automne en Turquie à Iznik – la ville où se trouve l’antique Nicée – en présence du patriarche Bartholomée notamment.
Premier voyage de Léon XIV hors d’Italie?
C’est dans cette ville que se tint un concile en 325 qui permit de poser les bases du credo, texte qui synthétise la foi de la plupart des confessions chrétiennes. Dans une audience accordée à une délégation d’orthodoxes le 7 juin dernier, Léon XIV avait décrit ce concile, qui avait défini la divinité du Christ contre les thèses ariennes, comme le «fondement du chemin commun» de tous les chrétiens. S’il venait à se rendre en Turquie cet automne, il s’agirait du premier voyage international hors d’Italie du nouveau pape.
Dans son discours, le pontife américano-péruvien s’est aussi félicité des progrès effectués dans le dialogue œcuménique entre catholiques et orthodoxes. Il a rappelé la rencontre historique de Paul VI et du patriarche Athénagoras en 1965, pendant laquelle les deux hommes avaient mis fin aux excommunications réciproques prononcées par leurs prédécesseurs. «Auparavant, un pèlerinage comme le vôtre n’aurait probablement même pas été possible», a-t-il fait remarquer à ses hôtes.
«Rome, Constantinople et tous les autres sièges ne sont pas appelés à se disputer la primauté», a insisté Léon XIV. Il a évoqué le mauvais exemple donné par les disciples qui «se disputaient pour savoir lequel d’entre eux était le plus grand» alors que Jésus s’apprêtait à vivre sa Passion. «Spirituellement, nous devons tous retourner à Jérusalem, la ville de la paix», a-t-il insisté, le lieu les apôtres ont fait l’expérience de la Pentecôte avant de commencer leur mission d’évangélisation. (cath.ch/imedia/cd/rz)