Les raids aériens de l'armée régulière, le 8 avril 2025, ont notamment détruit l'église catholique du Christ-Roi dans la petite ville de Falam située dans le Diocèse de Hakha, au nord-ouest du Myanmar. Une attaque qui s’est produite alors que le bilan du séisme, survenu fin mars, s’alourdit de jour en jour.
Comme l'ont communiqué les sources de l'Agence Fides dans le diocèse de Hakha - dans une zone où les lignes électriques et téléphoniques sont interrompues ou fonctionnent par intermittence - le toit de l'église et l'intérieur sont dévastés, mais les murs du bâtiment sont encore debout.
L'église, construite pour répondre aux besoins de la communauté catholique locale qui compte environ mille fidèles, a été consacrée au culte en novembre 2023. «Il y a une grande tristesse dans la communauté en ce moment, mais aussi une volonté et une détermination à reconstruire», a déclaré la source de l'Agence Fides.
Le bombardement de l'église s'inscrit dans le conflit pour la ville de Falan, qui a fait l'objet de combats au cours des neuf derniers mois entre l'armée, qui contrôlait la ville, et les Chinland Defence Force (CDF), des milices locales nées dans l'État de Chin en opposition à la junte militaire. Les CDF ont encerclé la ville et, après de violents combats, ont contraint l'armée à fuir, prenant le contrôle de Falam. À ce moment-là, comme cela se produit dans d'autres régions de Birmanie, l'armée a lancé des raids aériens ou avec de l'artillerie. Ces bombardements ont touché sans discernement des maisons, des bâtiments publics, des lieux de culte, comme cela s'est produit pour l'église du Christ-Roi.
Dans le même contexte d'affrontements, un pasteur chrétien protestant de 36 ans et deux enfants, de 8 mois et 7 ans, ont été tués par des bombardements à Pwi, dans la municipalité de Mindat. Parmi les victimes, on compte également un homme et une femme âgés entre 60 à 70 ans. L'attaque a blessé neuf autres personnes et détruit dix bâtiments, dont l'église chrétienne du village.
Selon l'Organisation Chin pour les droits de l'homme, depuis 2021, au cours de la guerre civile, au moins 107 édifices religieux, dont 67 églises, ont été détruits dans l'État de Chin par les bombardements de l'armée. Malgré le cessez-le-feu de 20 jours annoncé le 2 avril, la junte a mené plus de 61 attaques depuis le séisme du 28 mars.
3'500 morts dans le tremblement de terre
Ces événements sont survenus alors que le bilan du tremblement de terre, d’une magnitude de 7,7 sur l’échelle de Richter, qui a touché le pays le 28 mars a fait plus de 4'000 blessés et au moins 3'500 morts, selon l’ONU.
Plus de 80 % des bâtiments ont été endommagés dans les zones touchées par la catastrophe, en particulier dans les grandes villes proches de l'épicentre, à Sagaing, Mandalay et Magway, dans le centre du pays. Les interventions humanitaires ont été ralenties par de fortes pluies qui ont causé des inondations dans les zones les plus affectées. Les ONG signalent des risques de maladies comme le choléra à cause des inondations et de la chaleur. Selon le bureau des affaires humanitaires des Nations Unies, plus de 500’000 personnes à travers le pays n'ont plus accès à des soins de santé vitaux. (cath.ch/fides/bh)