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    Jubilé 2025 Année Sainte à Rome: pèlerinages et événements ouverts
    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
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    Mgr Baldassare Reina sera le bras droit du pontife dans la Ville éternelle © Diocèse de Rome

    Mgr Reina «L'Église de Rome doit être un exemple pour l’universelle»

    Le 7 décembre 2024, Mgr Baldassare Reina, nommé vicaire de Rome en octobre dernier, sera créé cardinal par le pape François. Bras droit du pontife dans la Ville Éternelle, il a confié à I.MEDIA la vision qu’il a de sa nouvelle mission à l’aube du Jubilé de 2025, pendant lequel son diocèse va accueillir des millions de pèlerins du monde entier.

    Comment percevez-vous cette double responsabilité, en tant que bras droit du pape pour son diocèse et membre du Collège cardinalice, appelé à servir et soutenir le pontife?
    Mgr Reina: Le jour qui a suivi ma nomination en tant que vicaire et l’annonce du prochain consistoire, le Saint-Père a fait envoyer aux cardinaux une très belle lettre dans laquelle il leur demande de respecter trois attitudes: avoir des yeux attentifs, avoir les mains jointes dans la prière, et avoir les pieds nus, vivre pauvrement.

    Je ressens profondément que c’est la direction à suivre. L’évêque qui est appelé à collaborer avec le Saint-Père pour servir l’Église doit toujours maintenir une attitude de grande humilité, au service des autres, conscient de ses propres péchés. Une responsabilité lui est confiée: il doit l’assumer, en comptant sur la grâce et la miséricorde de Dieu.

    Cette double fonction de membre du Collège cardinalice et de soutien au Saint-Père dans son diocèse me fait certainement ressentir la grande responsabilité qui m’attend désormais. L’Église de Rome a une mission spéciale: précéder les autres Églises dans la charité et la communion. Elle est appelée à être un exemple pour l’ensemble de l’Église universelle. Et Rome regarde elle aussi l’Église universelle parce qu’elle en fait partie, et aussi parce qu’elle peut offrir et recevoir de nombreux stimulants pour sa propre croissance.

    Avant de venir à Rome, vous avez travaillé longtemps dans votre diocèse d’origine, à Agrigente, en Sicile. Qu’est-ce qui vous a frappé en arrivant à Rome après votre nomination comme évêque auxiliaire il y a deux ans?
    Je connaissais peu le diocèse de Rome; j’étais venu pour des études au milieu des années 1990. Pour quelqu’un qui vient d’un contexte de ville petite ou moyenne comme c’est le cas d’Agrigente, on est frappé par la grandeur de la ville, sa confusion, la pluralité des peuples qui l’habitent. À Rome, il est facile de vivre une expérience de mondialité: ici, on rencontre le monde. D’un côté, cela peut désorienter, mais de l’autre, cela stimule, car on se retrouve en contact avec des personnes de nombreuses cultures, même au sein du monde chrétien: de nombreux prêtres, religieuses, qui viennent des Philippines, d’Afrique, d’Asie…

    «Nous sommes appelés à adopter comme style de vie le chemin synodal»

    À Rome, on connaît l’Église universelle. Le choc initial a été très fort, car il y avait d’énormes défis à relever. Mais je continue à me laisser stimuler par ces contacts continus, par cette “contamination” (comme certains l’appelleraient), qui est très utile tant pour la croissance humaine que spirituelle. De nouveaux horizons s’ouvrent, qui, du moins pour moi, n’existaient pas.

    Dans la constitution apostolique Ecclesiarum Communio, publiée en janvier 2023, le pape François a affirmé que le diocèse de Rome a une «mission d’exemplarité». Il a insisté particulièrement sur la dimension synodale. Maintenant que le Synode sur la synodalité s’est conclu et que le Document final a été publié, quelles sont, selon vous, les voies les plus pertinentes à suivre pour accomplir cette mission d’être un diocèse modèle?

    L’exemplarité vaut pour tous les domaines de la vie ecclésiale, notamment dans la dimension de la communion, de la prière et de la pastorale. Ces dernières années, l’attention s’est particulièrement concentrée sur la synodalité. Comme le dit souvent le pape François, nous sommes appelés à adopter comme style de vie le chemin synodal, avant même de faire des choix concrets. Et c’est justement là-dessus que le Saint-Père demande à son diocèse d’être exemplaire. En pratique, il dit à son diocèse: «Mettez en œuvre mon magistère, afin que lorsque je le présente aux autres Églises, je puisse dire que mon diocèse travaille déjà sur ce type de magistère et a déjà lancé des processus.»

    «Les organismes de Curie et les paroisses doivent marcher ensemble, réfléchir ensemble, discerner ensemble»

    Concernant la synodalité, je voudrais souligner deux propositions que nous essayons de mettre en œuvre: la première concerne les organismes de participation. L’Église synodale est une Église qui sait qu’elle est peuple et crée des structures afin que tout le monde – et donc les laïcs et non seulement les prêtres – puisse participer. Nous insistons beaucoup sur ce point, tant au niveau paroissial que diocésain. C’est un processus que nous accompagnons avec beaucoup de patience, car notre structure est assez cléricale, où le prêtre fait tout. Donc, donner de l’espace aux laïcs, y compris dans les espaces décisionnels, est fondamental.

    Le deuxième élément concerne les structures: celles-ci doivent aussi être synodales. Les organismes de Curie et les paroisses doivent marcher ensemble, réfléchir ensemble, discerner ensemble. Nous avons insisté sur le système de discernement communautaire, car ce que le Seigneur dit à l’histoire, je ne peux pas le comprendre seul. Si nous écoutons tous ensemble, nous pourrons avoir une vision plus claire de ce que le Seigneur dit aujourd’hui.

    Rome est un diocèse très spécial: il est composé de nombreuses communautés du monde entier. Comment pensez-vous qu’il faille exploiter cette grande richesse? Ou pensez-vous qu’il y ait trop de prêtres à Rome?

    C’est vrai, il y a beaucoup de prêtres, non seulement ceux incardinés dans le diocèse, mais aussi ceux qui viennent à Rome pour des études ou d’autres expériences. C’est un fait, et il n’est pas réaliste de penser qu’on puisse réduire drastiquement leur nombre. Cependant, je crois que cette présence est une grande ressource.

    Beaucoup de prêtres et de religieuses servent dans les paroisses et il y a une présence généreuse et fructueuse. Cela pourrait être valorisé encore davantage. Si chaque prêtre ou religieuse venant d’autres pays pouvait partager un peu plus de son expérience, je pense que le diocèse en tirerait de grands bénéfices. Le diocèse de Rome pourrait faire encore plus en termes d’engagement missionnaire, pour tirer profit de cette richesse.

    Une religieuse de Madagascar, lors du Synode, a affirmé être particulièrement attristée de voir les églises vides à Rome. Les paroisses du centre sont nombreuses mais souvent peu dynamiques. Comment pouvez-vous répondre à cette situation dans le centre historique?

    C’est un défi important, un vrai problème. Le Saint-Père l’a abordé avec un motu proprio, en révisant la géographie de notre diocèse. Le centre historique de Rome, qui était autrefois très habité, a radicalement changé. Il est désormais fréquenté principalement par des touristes, avec des structures d’accueil, des restaurants, et peu de résidents. Cela a changé la nature de la vie paroissiale, car les paroisses ne peuvent plus seulement compter sur la présence des résidents. Il y a de nombreuses églises historiques, mais la communauté stable n’est plus là.

    «Nous avons lancé un programme de formation pour toutes les personnes impliquées dans l’hospitalité du Jubilé»

    Le Saint-Père nous a demandé de revoir la géographie du diocèse, afin que les quartiers plus peuplés des périphéries puissent interagir avec le centre et vice-versa. De plus, nous devons repenser la pastorale pour ceux qui vivent ou visitent le centre: avec environ un million de personnes qui fréquentent le centre chaque jour, même sans être résidents, il y a un vrai défi pastoral. Si nous restons attachés uniquement aux activités traditionnelles, nous risquons de ne pas répondre aux besoins des gens. Au lieu de cela, nous pourrions créer de nouvelles formes d’évangélisation, surtout pour ceux qui visitent la ville, pour offrir écoute, parole de Dieu et rencontre avec l’Église universelle.

    Rome est l’un des lieux de pèlerinage les plus importants pour les catholiques du monde entier. Avec l’approche du Jubilé de 2025, quels sont les derniers projets du diocèse pour accueillir les millions de pèlerins qui arriveront? Pensez-vous que les travaux seront terminés à temps?

    Pour l’accueil des pèlerins, nous travaillons avec le dicastère pour la Nouvelle Évangélisation, dirigé par Mgr Fisichella, qui est responsable de l’événement. Nous collaborons étroitement avec lui pour garantir que le diocèse puisse accueillir au mieux les pèlerins. Sur le plan pratique, nous avons lancé un programme de formation pour toutes les personnes impliquées dans l’hospitalité. Il y a aussi des travaux de rénovation en cours, notamment dans les stations d’accueil et les lieux de culte, pour garantir qu’ils soient prêts.

    Chaque secteur, de la logistique à l’accueil, a été examiné pour faciliter la venue des pèlerins, en particulier ceux venant de pays plus éloignés. Le grand défi est de garantir que les lieux de culte soient prêts à accueillir de grandes foules, de sorte qu’ils ne soient pas seulement capables physiquement d’héberger, mais aussi capables d’offrir une expérience spirituelle significative.

    «Le diocèse cherche à sensibiliser les instituts religieux, mais aussi les paroisses, afin d’avoir une vision claire de l’urgence du logement»

    Le Jubilé révèle aussi un grand problème à Rome: la question du logement. La spéculation, surtout en ce qui concerne les biens immobiliers à louer, atteint des niveaux très élevés et le pape François a demandé aux instituts religieux de mettre à disposition des chambres pour les Romains ayant des difficultés à trouver un logement. Comment le diocèse entend-il faire face à cette crise du logement?

    Nous cherchons à sensibiliser sur ce sujet, en suivant la lettre que le Saint-Père a envoyée il y a quelques jours. Sa diffusion a été positive, et il y a eu une bonne réponse de la presse. Maintenant, notre engagement est de faire en sorte que cette lettre reçoive un accueil concret dans les instituts religieux. Au cœur de cette lettre se trouve l’urgence du logement, un problème très sérieux à Rome.

    Comme vous le disiez, la location de logements devient de plus en plus difficile, avec des demandes de garanties très élevées de la part des propriétaires. C’est pourquoi nous cherchons à sensibiliser les paroisses afin qu’elles puissent soutenir les familles qui ne sont pas en mesure de fournir les garanties demandées par les agences pour signer un contrat de location.

    Parallèlement, il y a l’appel du Saint-Père aux instituts religieux, afin que, s’ils ont des espaces libres ou déjà utilisés pour des maisons de vacances ou autres, ils puissent les mettre à disposition pour accueillir ceux qui, malheureusement, n’ont pas de maison. Chaque jour à Rome, il y a des dizaines d’expulsions pour diverses raisons, certaines liées à l’ordre public. De plus, nous savons qu’il y a des centaines de bâtiments occupés illégalement. C’est un problème social qui va de pair avec l’énorme difficulté d’accès au logement social: la liste d’attente est d’environ 12 ans.

    Le diocèse cherche à sensibiliser les instituts religieux, mais aussi les paroisses, afin d’avoir une vision claire de l’urgence du logement et de trouver des réponses concrètes et faisables pour ceux qui sont sans abri. (cath.ch/imedia/cd/rz)

    'Don Baldo' Reina, un cardinal pour la délicate réforme du diocèse de Rome

    20/11/2024

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